vendredi, septembre 01, 2017

Cambodge, premier pays de l’ASEAN à ratifier la Convention contre le trafic humain

Le Cambodge est devenu cette semaine le premier pays de l’ASEAN a ratifier la Convention de l’ASEAN sur la lutte contre le trafic humain en particulier des femmes et des enfants - Convention Against Trafficking in Persons, Especially Women and Children : ACTIP, suivi peu après de cinq autres pays membres de l'organisation régionale. C’est ce qu’a souligné Leul Mekonnen, chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Cambodge, lors d’un séminaire sur la Convention et le Plan d’action de l’ASEAN pour la lutte contre le trafic des femmes et des enfants. 

La région Asie-Pacifique détient le triste record mondial du plus grand nombre de victimes de la traite
''...Le trafic d’êtres humains est un problème global et difficile à combattre...'', a-t-il dit, ajoutant que l'initiative de cette convention reflétait la détermination et le désir de coopération des pays membres de l’ASEAN dans la lutte contre ce trafic : ''...Cette convention est juridiquement contraignante pour tous les pays de l’Association (Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Brunei, Vietnam, Laos, Birmanie, Cambodge) et nécessaire pour unifier les lois de pays de l’Association...La traite des personnes est un problème transnational qui exige un effort considérable de tous les pays – qu’il s’agisse des pays d'origine, de transit et de destination - pour briser le cercle vicieux de la traite des êtres humains dans la région...'', a-t-il déclaré.

L’APA est le Plan d’action de l’ASEAN contre la traite des êtres humains et l’ACTIP est la Convention de l’ASEAN sur la traite des êtres humains. Célébrée chaque année le 30 juillet, la Journée mondiale contre la traite d’êtres humains est une journée organisée par les Nations Unies qui vise à sensibiliser le public au sort des survivants du trafic, à défendre et à promouvoir leurs droits. ACTIP est le premier instrument régional contraignant concernant la traite des personnes. Il vise à prévenir et combattre la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, à assurer que les trafiquants soit punis de manière efficace, à protéger et aider les victimes de trafic.

La région Asie-Pacifique détient le triste record mondial du plus grand nombre de victimes de la traite engagées dans l’exploitation commerciale du sexe, le travail forcé et autres formes de travail infantile. Des estimations régionales s’appuyant sur des enquêtes auprès des ménages identifient certains enfants comme exerçant un travail à risque mais nombre d’entre eux ne sont pas comptés car ils exercent des activités illégales et sont souvent inaccessibles. Malheureusement, pour beaucoup de ménages, en particulier en province, le fait de faire travailler les enfants en cas de nécessité n'est pas un crime. Beaucoup sont isolés dans des travaux domestiques dangereux, piégés par des dettes familiale, dans l’industrie du sexe, le travail obligatoire et d’autres formes d’esclavage difficile à comptabiliser. Les études sont souvent basées sur des enquêtes de terrain rapides ou des estimations qui ne donnent pas une image complète. De ce fait, le nombre réel d’enfants qui travaillent et de femmes victimes du trafic est probablement supérieur à ces estimations.

Bien que les causes du travail infantile soient nombreuses en Asean, les forces de police, le système judiciaire, le manque de coordination effective entre les acteurs qui ont la responsabilité de protéger les enfants et des services sociaux insuffisants contribuent à pérenniser ce système. La convention qui aura pour but d'enrayer ce cercle vicieux, prendra effet dans les 30 jours après qu’un sixième membre de l’ASEAN ait ratifié l’ACTIP. 
Bibliographie : S. Chhavy - AKP - AlterASIA - 



Pays/territoire : Asia
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