mardi, août 01, 2017

Cambodge - Tech : Khmerload, le media social qui veut faire le buzz dans l’ASEAN

C’est la plus belle réussite de l’année dans le florissant secteur du web : Khmerload est la première start-up cambodgienne à avoir tapé dans l’œil de la Silicon Valley, plus précisément du fonds d’investissement 500 start-up, ayant soutenu 1800 entreprises à travers le monde.

De gauche à droite : Vichea, Vichet, et Visal In, dans leurs bureaux, à l'étage de la boutique Little Fashion à Phnom Penh.
Khmerload, c’est d’abord une histoire de famille, celles des In, une fratrie composée de Vichet, Vichea, Visal. En 2006, Vichet traverse le Pacifique pour étudier l’économie au William’s College, Massachusets, « la meilleure université des Etats-Unis », précise fièrement le PDG de 33 ans, qui reçoit en tenue de sport, dans ses locaux de BKK1. Le jeune homme découvre alors le coût de la vie étudiante et surtout des livres ; à 50, 70, parfois 100 dollars, que le boursier se met à revendre sur Ebay et Amazone. C’est ainsi que lui vient l’idée du commerce en ligne ; Vichet achète en gros en Chine et livre au Cambodge, moyennent une avance de 50%, sa petite sœur Mayan faisant le relais sur place. Sans capital, la fratrie fonde d’abord une e-boutique sur Facebook nommée « Little Fashion », puis avec leurs gains, ouvrent un magasin. L’entrepreneur veut aller plus loin, il embauche, diversifie ses contenus. Son originalité : à l’inverse des médias traditionnels, encore peu présents sur les réseaux sociaux, il se lance uniquement sur Facebook. Et la stratégie paye, en 2011 Khmerload accède à la troisième marche du podium des sites les plus consultés du royaume. 

La presse en parle alors comme le « Buzzfeed » cambodgien. Khmerload est un média d’infotainment, ayant pour cible les millenial (génération née après les années 2000), spécialisé dans les contenus viraux ; news people, faits divers, beauté, insolite, sport, et tech, avec beaucoup de formats vidéo. La vie des stars étant ce qui attire le plus de publicités - d’où l’entreprise tire ses revenus -, Vichet a pour projet de recenser toutes ces personnalités dans une base de donnée, avec des outils mesurant leur popularité afin de savoir « qui est le plus bankable ». Sa limite : « On ne parle pas politique, on ne veut pas que 50% des gens nous détestent », s’amuse-t-il. Avec une équipe composée d’une douzaine de jeunes diplômés en commerce ou en langue, il parvient à produire 40 articles par jour, et a d’ores et déjà atteint les 18 millions de pages vues pour 3,4 millions d’utilisateurs. 

L’ASEAN étant la région du monde qui connaît l’évolution du marché internet la plus rapide, le prince du buzz a lancé cette année une version similaire en Birmanie, Myanmarload, qui cartonne encore plus qu’au Cambodge, avec déjà six millions d’utilisateurs. Après avoir testé une version indonésienne infructueuse, les In partent à la conquête de l’énorme marché vietnamien. « Sur vingt start-up qui se lancent au Cambodge, une seule réussit, juge Vichet, qui déplore le manque d’incitations fiscales et de soutien de l’état. Notre réussite met le Cambodge sur la carte, et nous espérons que cela puisse attirer de nouveaux investisseurs : le pays est jeune, il y a peu de compétiteurs, donc c’est le moment idéal pour faire du business ici ! ».
Eléonore Sok

Pays/territoire : Cambodia
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