jeudi, août 10, 2017

Cambodge - Magazine - Initiative : Plastic Free July...

Plastic Free July

Vous voulez sauver la planète ? Pourquoi ne pas commencer par arrêter le plastique pendant un mois? Cette idée lumineuse est née en 2011 à Perth, avant d’essaimer un peu partout en Australie, puis dans le reste du monde. A Sydney, Sarah Rhodes participe au mouvement, et lorsque cette consultante en marketing digital s’installe au Cambodge en 2014, elle décide d’importer le concept. « A mon arrivée, ce qui m’a le plus choquée c’était la quantité astronomique de bouteilles en plastique consommées ici, sans aucune autre option », retrace Sarah, 36 ans. Chaque personne consomme 2000 sacs en plastique par an contre 200 dans l’Union européenne, selon une étude de la fondation ACRA. Pas facile de faire évoluer les mentalités dans un système où consommateurs et vendeurs se renvoient la balle. Sarah lance alors le premier challenge Plastic Free July, en juillet 2015, à Siem Reap, où elle réside. Le principe est simple, quatre « ennemis » - sacs, emballages, bouteilles et pailles - sont à éviter, mais nécessite une certaine dose de bonne volonté. Il faut affronter le regard d’incompréhension à la caisse d’un supermarché lorsque l’on dit non au sac plastique, ou ne pas céder à la facilité de la paille servie jusque dans la bière… Autrement dit, être un vrai résistant des temps modernes ! 

Stand de Plastic Free July, en juillet 2016.
Sarah fonde Plastic Free Cambodia, et dans son combat, trouve une alliée en Charlotte Muckenstrum. Séduite par l’idée, cette strasbourgeoise de 36 ans installée à Phnom Penh depuis 2015 quitte son poste dans la communication, sans l’assurance de percevoir un salaire, car si l’initiative s’est muée en start-up, elle ne bénéficie pas des fonds d’une ONG. Charlotte développe un réseau de jeunes bénévoles cambodgiens, et organise des ateliers de sensibilisation dans des écoles. « Les jeunes sont hyper réceptifs, ils posent plein de questions, mais le véritable enjeu est le passage à l’action, pointe-t-elle. Le système scolaire ne favorise pas l’autonomie et n’encourage pas à oser être différent, donc utiliser une gourde plutôt que des verres en plastique , ce n’est pas trendy ! ». 

L’entrepreneuse tisse aussi des liens dans le secteur de la restauration. « Dans un premier temps, on analyse les pratiques ; comment sont livrés les légumes ? Utilisent-ils des emballages en polystyrène? Est-ce les déchets sont donnés aux chiffonniers? Etc. Puis, on propose des solutions aux patrons, et on accompagne la formation des employés. Par exemple, les restaurants Eleven Kitchen utilisent désormais des emballages biodégradables et des pailles en bambou », se félicite cette lectrice de Pierre Rabhi. Si les expatriés se montrent sensibles aux questions environnementales, la gageure est de parvenir à impliquer davantage de Cambodgiens. A l’image de Chamnab, un volontaire de 22 ans. « Avant, quand je jetais quelque chose dans la rue je n’y prêtais aucune attention, mais participer aux ateliers de PFC m’a secoué, je me suis mis à penser à quel point je pouvais ruiner la nature », confie cet étudiant en relations internationales. L’enjeu pour Sarah et Charlotte est désormais de développer un modèle d’entreprise sociale et solidaire afin d’inscrire l’initiative dans la durée. l'ONG vient de recevoir ce mois-ci le prix national des Energy Globe Award de l'ONU.

Des entreprises de la restauration et de l’hôtellerie suivent aussi le mouvement avec, par exemple, le groupe Thalias qui a organisé le 05 juillet dernier un atelier de sensibilisation et de réflexion avec ses fournisseurs, ses cadres et employés, afin d’expliquer les méfaits du plastique. Le groupe Thalias travaille aussi très activement à bannir le plastique de ses emballages.
Eléonore Sok

Pays/territoire : Cambodia
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