dimanche, juillet 30, 2017

Cambodge - Magazine : Le Nhor, fruit miracle

Le Noni est un fruit exotique qu’on trouve sur les îles du pacifique, en Asie du Sud-Est, en Australie et en Inde. Autrefois connu sous le nom de NONO ou Pomme-chien en Tahitien, il est aujourd’hui largement reconnu pour ses nombreuses vertus médicinales. On le repère grâce à son aspect de pomme de terre avec la peau d’un ananas, ce fruit est vert puis jaune, une fois mûr, sa couleur devient blanchâtre, il est également reconnaissable par son odeur particulière et son goût amer. L’avantage du Noni est que tout s’utilise : le fruit, les feuilles, les racines, l’écorce et la fleur.

Fruit du Noni. Photographie par Rosa Say
Le Noni et son arbre ont plus de 2000 ans d’histoire, autrefois largement utilisé dans l’Asie du Sud-Est et en Polynésie comme un médicament et un aliment, le Noni ne sera commercialisé qu’à partir de 1995. De Nono, il sera rebaptisé Noni par les commerçants afin d’éviter toute consonance négative avec le  « No » (Non en anglais), les commerçants décidèrent de le rebaptiser « Noni ». Ce fruit particulier est vendu dans le monde entier principalement sous forme de jus. Depuis plusieurs décennies le Noni ne cesse de surprendre par sa composition et ses vertus : riche en vitamine A et C, en fer, en niacine et potassium, les scientifiques ont prouvé que le Noni pouvait aider dans les soucis de santé du quotidien avec son potentiel de renforcement du système immunitaire mais diminuait les possibilités de cancer, pouvait aider au traitement du diabète et possédait des propriétés antivieillissement. 

Le Cambodge est aussi un consommateur de Noni. Les cambodgiens utilisent le Noni connu sous le nom de « NHOR » depuis maintenant deux siècles. Le Nhor est  principalement utilisé comme médicament traditionnel et comme légume pour la préparation du fameux Amok, le plat cambodgien par excellence. Pour une utilisation médicinale, les Cambodgiens écrasent l’écorce de l’arbre pour en confectionner une pommade destinée à soulager les douleurs musculaires et articulaires. 

Pour la préparation de l’Amok, seules les jeunes feuilles sont utilisées car, en arrivant à maturité, leur goût devient trop amer. Le fruit du Noni est utilisé également pour préparer un jus. La méthode employée est une simple macération du fruit lorsqu’il est à maturité. Ce dernier est coupé en morceaux, trempé dans l’eau, le mélange est ensuite porté à ébullition puis filtré avant d’être mis au repos quelques semaines. Toutefois, ce type de préparation tend à disparaître, les jeunes générations préférant les saveurs plus sucrées des mangues et des noix de coco, ou encore les sodas industriels. 

Il est aussi possible de trouver des feuilles de Noni séchées qui permettent de préparer du thé chez bon nombre de commerçants du Marché Russe, pour un demi-dollar les deux cent grammes. Il existe une entreprise cambodgienne qui produit du jus de Noni, « Nonikhmer », qui propose le litre de Noni à dix dollars, ce qui reste très raisonnable par rapport aux jus fabriqués par les compagnies étrangères disponibles dans les rayons diététiques des supermarchés de la capitale, à des prix parfois exorbitants. Sur le marché des produits naturels, le Noni est devenu une valeur sûre attisant bien des appétits, largement exploitée à grands renforts de publicité parfois outrancière, et dont la valeur des ventes sur le marché mondial atteint aujourd’hui trois milliards de dollars. Si vous n’avez pas d’arbres chez vous, et ne souhaitez pas non plus vous ruiner, il vous reste donc l’option du thé au Noni (Marchӎ Russe de Phnom Penh) ou du jus de Noni vendu par Khmernoni (262 Boulevard Sothearos – Téléphone : 012 844 223 ou 016 844 223), et qui propose aussi d’autres produits à base de plantes et fruits du Cambodge telles cannelle, moringa, miel local et corossol. 
Dinunna Chhay

Pays/territoire : Cambodia
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