lundi, mai 15, 2017

Forum Economique Mondial en ASEAN : Transformer un défi en une opportunité

Les jeunes, la technologie et la croissance inclusive ont été les thèmes forts du Forum économique mondial sur l'ASEAN 2017, un événement qui a réuni plus de sept cent dirigeants de quarante pays, transformant Phnom Penh pour quelques jours en un lieu de rencontre et de débat privilégié. Après trois jours de séances, quelques-uns des moments forts de la réunion :

Pour le Président Philippin Duterte, l'ASEAN est "une puissance économique émergente" : "...L'ASEAN jouera un rôle clé dans le maintien de la stabilité en Asie...", a déclaré Rodrigo Duterte aux participants du forum d'ouverture à Phnom Penh, en reconnaissent qu'il fallait œuvrer davantage en faveur des populations, tout en faisant face à des défis comme l'intégration, la connectivité et les défis technologiques. ''...Cela sera fait, cependant, selon nos besoins, à notre rythme et guidé par nos valeurs fondamentales...Les jeunes de l'ASEAN doivent être habilités à être «la meilleure version d'eux-mêmes», mais «nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le fléau de la drogue qui menace notre jeunesse et l'avenir de nos sociétés...'', a-t-il déclaré, soulevant un problème pour lequel il a mis en route un programme choc assez radical et controversé...

ASEAN : Transformer un défi en une opportunité
Tony Fernandes, le PDG d'AirAsia, l'un des hommes d'affaires les plus importants de la région, a parlé des emplois, de la diversité et de l'IA (Intelligence Artificielle) : ''...L'avenir de l'ASEAN doit être porté par les nouveaux entrepreneurs, c'est incroyable ce qui se passe dans le domaine du numérique, c'est une grande opportunité pour les Cambodgiens, c'est une grande opportunité pour l'ASEAN, d'entrer dans la technologie alors que nous sommes encore aux débuts de cette révolution... Cela changera certainement nos habitudes, mais cela ne veut pas dire que des emplois seront perdus. Nous ne devrions pas avoir peur de la technologie et des risques sur l'emploi. Nous devons nous adapter...'', a-t-il avancé.  Enfin, Fernandes a déclaré que, s'il est important d'être «fort» dans son propre pays, il appartenait aussi à un bloc économique comme l'ASEAN de donner aux entreprises la plate-forme dont ils ont besoin pour se renforcer davantage. ''...L'ASEAN vous donne l'opportunité de grandir en dehors de votre pays dans un marché beaucoup plus vaste, et vous donne aussi la possibilité de concurrencer les géants...'', a-t-il conclu.

Rêver de l'ASEAN : Avec plus de la moitié de la population de la région âgée de moins de trente ans, l'ASEAN possède un potentiel extraordinaire. Ces jeunes auront-ils l'opportunité de réaliser leurs rêves avant qu'il ne soit trop tard ? Au cours du débat ''Dreaming of ASEAN - Rêver de l'ASEAN'', les dirigeants ont partagé leur vision d'un avenir plus juste et plus prospère. Wai Wai Nu, directrice et fondatrice de l'ONG Women Peace Network, a déclaré : "...Mon rêve est que l'ASEAN devienne une société inclusive où toutes les personnes de la région puissent jouir de leur liberté et de leurs droits, et se sentir en sécurité...". Nu était une prisonnière politique pendant sept ans sous le gouvernement de la junte au Myanmar et est devenue rapidement la voix nationale et internationale en faveur du mouvement des droits de l'homme et de la démocratie au Myanmar.

La technologie peut aider les gens à faire valoir leurs droits si les gouvernements ne font pas obstacle. C'était le message de Minar Pimple d'Amnesty International. Le taux de pénétration numérique est énorme en Asie, 90% des 15-24 ans sont classés comme «natifs numériques», c'est-à-dire qu'ils font partie de la génération née avec, et donc familière avec ces nouvelles technologies de l'information et de la communication : ''...Pour les jeunes activistes par exemple, les plateformes de médias sociaux peuvent être utilisées comme moyen de faire campagne pour les droits de l'homme...", indique Pimple, ajoutant que pour de nombreux gouvernements dans la région, cet espace "...représente une menace pour leur contrôle sur l'information...". Au lieu de voir ces jeunes militants comme une partie d'un problème, Pimple déclare qu'ils devraient être considérés comme faisant partie de la solution : ''...Les gouvernements de l'ASEAN doivent cesser de restreindre ou de faire taire les jeunes militants, et doivent travailler avec eux pour améliorer un processus décisionnel inclusif et répondre aux problèmes des droits de l'homme....'', a-t-il conclu.

Les jeunes de l'ASEAN sont-ils optimistes ?
Comment les jeunes vivant dans la région ressentent-ils leurs perspectives de carrière? Une enquête réalisée auprès de 24 000 jeunes de l'ASEAN, âgée de 16 à 22 ans, a été organisée pour le découvrir. Les résultats ont été donnés lors du débat à Phnom Penh. Parmi les principaux résultats, citons les nouvelles positives selon lesquelles les jeunes de l'ASEAN sont très optimistes quant à l'appartenance à la région de l'ASEAN. Et, interrogé sur leurs propres perspectives, la majorité des répondants ont déclaré qu'ils estimaient que le bloc ASEAN constituait une excellente opportunité pour leur carrière.

Le problème de l'égalité entre les sexes dans l'ASEAN
Wolfgang Jamann, secrétaire général et chef de la direction de CARE International, a tiré la sonnette d'alarme, arguant que la région risquait de passer à coté des avantages des évolutions technologiques si elle ne favorisait pas plus le rôle des femmes dans le monde du travail, dans le milieu universitaire et d'autres secteurs. "...Nous avons un problème..", a-t-il déclaré. ''...Dans notre pays hôte, le Cambodge, 94% des étudiants en doctorat sont des hommes et seulement 20 à 21% des chercheurs sont des femmes. Donc, si cela reste ainsi, tous ces progrès technologiques risquent même d'augmenter l'inégalité entre les sexes...La planification du succès sans planifier les droits des femmes est une formule inique vouée à l'échec».", indique-t-il.

Le rattrapage numérique
Les États-Unis, l'Europe, la Chine, l'Inde et le Japon ont tous d'importants secteurs technologiques. L'ASEAN peut-elle rejoindre le club? Oui, a déclaré Tan Hooi Ling, cofondateur de l'entreprise de mobilité Grab. Elle a souligné que la région de l'ASEAN a été en mesure de passer directement à la technologie mobile. "...Combien d'entre nous ont des téléphones fixes ?..." ,a-t-elle demandé pour illustrer son propos. Les entreprises doivent se réinventer constamment et «apprendre à changer», a-t-elle ajouté. Il y aura toujours des obstacles, il vous suffit de découvrir comment transformer un défi en une opportunité.


Pays/territoire : Phnom Penh, Cambodia
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