dimanche, avril 30, 2017

USA - Cambodge - Premier ministre : L'accord de rapatriement USA - Cambodge provoque des tragédies

Le Premier ministre cambodgien, Samdech Techo Hun Sèn, a déclaré vouloir préciser la position du gouvernement royal concernant l’accord de rapatriement Cambodge-Etats-Unis, un accord selon lequel les délinquants d'origine cambodgienne, qui bénéficient d'une résidence permanente aux Etats-Unis, doivent être rapatriés dans leur pays d’origine. L'accord est valable dans les deux sens mais reste peu, sinon jamais appliqué pour des expulsions depuis le Cambodge...D'après le ministère des affaires étrangères, l'accord serait suspendu durant le temps des discussions entre les deux pays, amenées à proposer des amendements.

Hun Sen lors d'une rencontre avec des  Khméro-Américains en Californie, lors du Sommet spécial ASEAN-Etats-Unis
S’exprimant au cours de la remise des certificats de fin d’études à des étudiants de l’Université des Ressources humaines, tenue cette semaine à l’Institut national de l’Education, Hun Sèn a souligné que le gouvernement royal du Cambodge n’avait pas l’intention d’annuler cet accord, mais souhaitait le modifier pour que le facteur humain et familial soient pris en compte lors d'une décision de rapatriement consécutive à une condamnation : ''...Il n’y a pas d’annulation prévue de la part du gouvernement ni de volonté de remettre en question cet accord, mais le texte a besoin de quelques modifications. Cet accord est une tragédie pour les Américains d'origine cambodgienne qui sont déportés. Il très souvent s’agit d’une séparation familiale qui peut durer très longtemps. Ces condamnés sont rapatriés au Cambodge, mais leurs femmes et leurs enfants restent souvent aux Etats-Unis. Nous voulons juste que le gouvernement américain comprenne qu'il y a un vrai problème humain...J'espère que le pays qui se prétend champion des droits de l'homme...acceptera la proposition de modifier l'accord afin d’offrir aux Cambodgiens condamnés une chance de rester aux États-Unis avec leurs familles...'', a-t-il expliqué. Vrai que ce type d'accord provoque des ruptures familiales, mais aussi un véritable déracinement, beaucoup de ces expulsés ont été élevés aux États-Unis et arrivent démunis au Cambodge, un pays qu'ils n'ont parfois jamais visité et dont ils ne maîtrisent pas la langue. Environ 145 000 cambodgiens ont trouvé refuge aux États-Unis pendant les années 80 et 90 pour fuir la guerre et, peu d'entre eux ont entamé les démarches pour devenir citoyens américains à part entière et ont conservé leur statut de résident permanent.

Les commentaires du Premier ministre interviennent après que le ministère des Affaires étrangères du Cambodge ait déclaré plus tôt,cette semaine, qu'il voulait renégocier cet accord vieux de quinze ans permettant aux deux pays d'expulser les criminels. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères avait déclaré que l'accord était critiqué par les Cambodgiens du pays mais aussi par les communautés cambodgiennes résidant aux États-Unis, jugeant cette mesure comme une forme de double punition, ils doivent purger leur peine et affronter l'expulsion ensuite. S'il existe des recours légaux pour contester la décision d'expulsion, peu d'entre eux sont enclins à la discuter à moins d'entamer une procédure longue et coûteuse. Ceux qui sont condamnés à la déportation font d'ailleurs rarement appel de cette décision.

Le Cambodge et les Etats-Unis ont conclu cet accord de rapatriement en 2002 pour les auteurs de crimes considérés comme graves et ayant été sanctionnés par une condamnation supérieure ou égale à un an et un jour. Selon le Centre de soutien à l’intégration des rapatriés (RISC), une ONG qui fournit des services d’intégration aux Américains d’origine cambodgienne déportés, depuis 2002, 530 Cambodgiens qui vivaient légalement aux Etats-Unis ont été expulsés après une condamnation.



Pays/territoire : Cambodia
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