dimanche, avril 16, 2017

Cambodge : Apsara, une danseuse céleste bien humaine

Apsara, danseuse bien humaine, un texte qui n'est pas nouveau mais qui rappelle l'origine de ces danseuses célestes et la place qu'occupe le mythe Apsara dans la culture et les arts khmers. L'article a été retravaillé parfois pour plus de clarté... 

Les textes anciens décrivent le barattage de la mer de lait par les Devas et les Asuras, des ennemis, afin d'en extraire l’ambroisie, le nectar de l’immortalité. De ce barattage naquirent les Apsaras qui sont représentées sur les murs de la troisième enceinte d’Angkor Wat, parmi d'autres êtres mythiques tels que l’éléphant tricéphale airavan, la Sri Laksmi et le cheval uccaisvara. C'est également au moment du barattage de la mer de lait que surgit l’Arbre Parijata, dont les fleurs sont choisies par les Apsaras pour embaumer le monde. Ainsi, la branche fleurie que tient chaque Apsara n’est autre que celle provenant de cet arbre magique.

Danseuse Apsara. Photographie par Pegbas (cc)
Quelle est donc la personnalité d’Apsara ? Selon la mythologie, l'Apsara est belle, dotée d’une belle voix mélodieuse, elle est intelligente, et dit-on, elle connaît bien la musique et excelle dans la danse. Depuis les temps anciens d’Angkor jusqu'à aujourd'hui, l’image d’Apsara est reproduite avec des techniques différentes, sur la pierre, le bois, le métal et dans les ateliers des orfèvres. Les artistes actuels comme ceux d’antan, choisissent l’Apsara comme le symbole de la femme khmère, pleine de générosité, de compassion, de clémence, et de tendresse comme l'illustrent les bas-reliefs du Bayon. Les bas-reliefs nous apprennent aussi que les Apsaras vivaient en groupe; elles dansaient pour la prospérité en tenant des guirlandes de fleurs. Durant l’époque angkorienne, il semblerait que la danse d’Apsara n'était organisée que dans les palais en vue d’exaucer un vœu, de donner la bénédiction ou d'accueillir des hôtes distingués en leur présentant une danse d’accueil et de bienvenue.

Gestuelle d' Apsara. Photographie par Pegbas (cc)
Le langage gestuel des danseuses illustre le déroulement du cycle de la vie, de la naissance à la disparition. Prenons par exemple le geste des danseuses avec leur index, et la jonction avec le pouce, ce geste veut montrer aux spectateurs que les nouvelles graines recommencent à bourgeonner. Le cycle de la vie recommence. L’index représente le bourgeon ; les cinq doigts, les feuilles, la forme ronde de l’index et du pouce, le fruit; et le mouvement brusque d’écartement de ces derniers est la dernière phase des fruits qui mûrissent ensuite. Alors leurs grains s’éparpillent, germent et donnent des bourgeons. Et voilà la cycle de la vie.

Peut-on voir une sagesse féminine dans la personnalité de l'Apsara ? Oui, semble-t-il, selon les textes des manuels éducatifs des poètes Khmers au temps d’Oudong et de Chadumukha, l’auteur du célèbre Chbab Sri et Chbab purusa, il est indiqué que : ''...Quand elles sortent, elles doivent être au nombre de trois, quand elles parlent, au nombre de quatre...''. De ces principes, encore parfois très présents dans les convenances de la jeune fille khmère, les Apsaras sont toujours ensemble, comme les jeunes filles cambodgiennes idéales d'aujourd'hui...
AKP Phnom Penh, avril 2017 –


Pays/territoire : Cambodia
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