jeudi, mars 23, 2017

ONG - Cambodge : Tamie Tran et la fibre humanitaire

''...Je ne crois pas à tout ce qui favorise ou encourage la ségrégation, je crois à l'universalité et à la possibilité de vivre ensemble et de s'entraider...'', déclare Tamie Tran, directrice de la Fondation Morris Irving et de la Fondation Lathan Sanaa. Humanitaire passionnée, diplômée de l'Université de Californie - Berkeley en économie de l'environnement et en finances, Tamie est également impliquée dans le projet ''Koya'', une ONG qui tente de développer des systèmes d'aquaponie au Cambodge, en collaboration avec l'ONG d'Ermine Norodom, Shanty Town Spirit à Phnom Penh.

Tamie Tran, humanitaire passionnée.
Tamie Tran est née et a grandi au sein d'une famille vietnamienne modeste, à Torrance aux USA. Tamie raconte avoir beaucoup appris du voyage de ses parents, qui ont immigré aux Etats-Unis après avoir vécu les dures réalités de la guerre du Vietnam (1955 - 1975). Elle déclare ainsi avoir commencé dès son plus jeune âge à développer une conscience sociale et une certaine sensibilisation alors qu'elle écoutait les récits de ses parents et voyait les conditions de vie difficiles de membres de la communauté asiatique dans les quartiers environnants : ''...J'étais jeune et je ne comprenais pas pourquoi il y avait une telle disparité. Je trouvais la pauvreté injuste dans ces communautés alors qu'elles vivaient dans ce pays d'abondance et de consommation que sont les Etats-Unis...Oui, nous vivons dans un monde d'abondance, tout le monde devrait pouvoir manger à sa faim. 

Donnez un poisson à un pauvre et il mangera ce jour-là, mais apprenez-lui à pêcher, il saura se nourrir toute se vie ...", dit-elle, ravie de citer Confucius.

Tamie Tran raconte aussi avoir été fortement influencée par les films culturels, tels que Boyz N The Hood et Menace II Society qui illustrent certaines des luttes cycliques qui ont affecté ces communautés et qu'elle estime toujours d'actualité. Le milieu familial, la proximité avec les habitants des quartiers défavorisés et le désir de combattre l'injustice sociale ont donc tout naturellement influencé la vocation de la jeune femme. Mais, Tamie ne croit pas aux croisades solitaires : ''...Nous sommes plus forts en équipe, et les rêves peuvent se réaliser plus facilement...'', dit-elle. 

Tamie Tran au Cambodge pour le projet Koya
Tamie Tran au Cambodge pour le projet Koya
En tant que directeur exécutif à la fois du projet Koya et la Fondation Irving Morris, Tamie se taille un joli chemin de carrière comme entrepreneur social. Le projet cambodgien Koya est un projet basé sur l'aquaponie, et qui enseigne aux enfants et aux familles les méthodes de culture des fruits et légumes biologiques avec une efficacité sans précédent. De son coté, la Fondation Irving Morris a pour mission de fournir les produits de base, de la nourriture, des abris, de l'eau et de l'éducation à ceux qui sont dans le besoin. Tamie a également joué un rôle essentiel dans le lancement de la Fondation Sanaa Lathan, créée par la vedette du même nom et amie de Tamie, et dont la mission est de permettre aux jeunes femmes issues du système de placement familial américain (le fameux Foster Care) d'acquérir leur indépendance en leur permettant l'accès à l'enseignement supérieur : ''...50% des enfants adoptifs deviennent des sans-abri ou des délinquants dès la première année de leur émancipation...70% des filles issues de familles d'accueil en Californie deviennent victimes du trafic sexuel juste parce qu'elles sont très tôt considérées comme une valeur marchande, car l'Etat américain paye les familles d'accueil. J'ai une amie qui venait du système de placement familial et sa famille d'accueil nourrissait le chat et le chien avec le chèque de la pension...Il a fallu deux ans avant que les travailleurs sociaux s'en rendent compte...'', confie-t-elle l'air désabusé.

Tamie Tran avec les enfants des bidonvilles de Boeng Trabeck à Phnom Penh
Tamie Tran avec les enfants des bidonvilles de Boeng Trabeck à Phnom Penh
Pour conclure : ''...Je reviens toujours à l'amour. C'est littéralement la base de tout ce que je fais et qui me motive..l'amour, mais aussi la compassion et la gratitude...et il y a toujours un retour qui est source de satisfaction, mais la démarche doit rester sincère...", déclare-t-elle, les yeux brillants et toute sourire... Pour en savoir plus sur le projet Koya à Phnom Penh, cliquer ici.
Avec Georgii Speakman et Christophe Gargiulo


Pays/territoire : Cambodia
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