mercredi, mars 15, 2017

Cambodge - Gouvernement : Décés du vice-premier ministre Sok An

Sok An, vice-Premier ministre du Cambodge, l'un des plus proches alliés politiques, et ami personnel du Premier ministre Hun Sen, est décédé aujourd'hui à 18h30 à l’âge de 66 ans. Un communiqué du gouvernement publié il y a quelques heures indique qu'il est mort dans un hôpital de Pékin. Sok An avait été quasiment absent de la vie publique pendant plusieurs mois alors qu'il était soumis à un traitement médical intensif. Le vice-Premier ministre souffrait de diabète et de calculs rénaux, et avait déjà été hospitalisé à plusieurs reprises. La nouvelle est tombée après une vague de rumeurs et de fausses nouvelles cette semaine annonçant qu'il était décédé depuis hier. 

Sok An, décédé ce mercredi à 18h30
Sok An, décédé ce mercredi à 18h30
M. Hun Sen et Sok An ont commencé à travailler ensemble peu de temps après la chute des Khmers rouges en 1979, lorsque M. Hun Sen est devenu ministre des Affaires étrangères du gouvernement. Sok An est devenu chef de cabinet au ministère des Affaires étrangères en 1982, trois ans avant que M. Hun Sen ne devienne Premier ministre. En 1990, Sok An est devenu vice-ministre des Affaires étrangères et vice-ministre de l'Intérieur. Sok An a également été l'un des négociateurs clé du gouvernement alors qu'il était parmi les diplomates représentant le gouvernement de Phnom Penh lors des pourparlers avec les factions rivales qui ont conduit à la signature de l'Accord de paix de Paris en 1991. Il a également supervisé la partie cambodgienne du tribunal des Khmers rouges, après avoir dirigé des pourparlers avec l'ONU qui ont finalement conduit à sa création dans la périphérie de Phnom Penh

Sok An a été nommé au Comité central du CPP et est devenu vice-premier ministre en 1998, un poste spécialement créé pour l'occasion. Contrairement à d'autres hauts responsables du Parti du peuple cambodgien, Sok An n'a jamais été vraiment considéré comme un possible adversaire politique de Hun Sen, jouant plus le rôle d'une éminence grise et d'un bras droit en raison de ses qualités de stratège et de négociateur. Il a été président de l'Autorité nationale du tourisme du Cambodge, président du Conseil de la réforme administrative publique, président de l'Autorité pétrolière nationale cambodgienne, et aussi impliqué dans un nombre impressionnant de fonctions publiques et para-publiques. Il avait toutefois perdu un certain nombre de ces positions dans le cadre d'un remaniement après les élections nationales de 2013.

La proximité de Sok An avec Hun Sen s'était renforcée avec le mariage d'un de ses fils, Sok Puthyvuth, à l'une des filles du premier ministre, Hun Mali. Un autre fils, Sok Soken, est marié à la fille du ministre de l'Industrie Cham Prasidh, et a été nommé sous-secrétaire d'Etat au ministère des Affaires étrangères l'année dernière. Ce lundi, le Roi Norodom Sihamoni a accordé Sok An le titre royal de "Samdech", qu'on pourrait traduire par l'équivalent britannique de «Lord», pour avoir ''...contribué à protéger la démocratie, avoir participé à la construction de la paix nationale et contribué à assurer la stabilité sociale...'', indiquait le communiqué officiel suite à sa nomination. Hun Sen et son épouse, Bun Rany, ainsi que d'autres hauts responsables du parti au pouvoir détiennent aussi ce titre honorifique. 

Sok An laisse derrière lui sa femme et ses cinq enfants, dont Sok Puthyvuth, homme d'affaires, Sok Sokhan, qui est devenu un député du CPP en 2015, et Sok Sangvar, un haut fonctionnaire de l'Autorité Apsara



Pays/territoire : Phnom Penh, Cambodia
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