jeudi, février 09, 2017

Peinture - Exposition : L'Esprit du Krama

Nouvelle exposition du 22 février, à partir de 18h30 à la Galerie Lotus Pond de la Plantation urban resort & spa, avec pour thème le krama, et proposée par l'artiste-voyageur André-Louis Becht. Simple morceau rectangulaire de tissu à motifs, le krama (ក្រមា រ) est utilisé depuis des siècles au Cambodge comme un pagne, une écharpe, un bandana, un sac, une ceinture, une serviette, un hamac pour les bébés, un accessoire indispensable que les villageois utilisent en permanence dans leur vie quotidienne.A l'origine, le krama était un tissu que les femmes khmères tissaient elles-mêmes. Elles l' utilisaient pour recueillir le coton (samley) qui , ensuite, était étalé avant d'être trempé dans le riz pendant deux ou trois jours. Des parties étaient ensuite teintées avant de commencer le tissage. Les riches Cambodgiens préféraient la soie au coton car le tissu reste frais en été, mais aussi pour se distinguer des paysans, le krama reflétant ainsi le statut de son propriétaire...

Dame de Kampong Thom. Photographie par BMR & MAM
Le Krama est aussi devenu tristement célèbre lorsque les Khmers Rouges ont décidé d'en faire un accessoire de leur uniforme rudimentaire de pyjamas noirs et de sandales de caoutchouc noires, pour rappeler leurs racines paysannes. Mais l'image de l'écharpe khmère associée au régime de terreur de Pol Pot s'est progressivement éclipsée alors qu'au fil des années, il est redevenu le tissu à tout faire mais aussi un accessoire d'élégance. De jeunes artistes cambodgiens ont commencé à l'utiliser hors de son contexte campagnard, par élégance, par coquetterie, et aussi pour marquer aussi leur identité. 

Lorsque l'artiste André-Louis Becht a décidé de s'installer au Cambodge après avoir parcouru la planète, son attention a été immédiatement captée par la symbolique du vêtement :''...Le modèle est basique, la palette de couleurs limitée à deux teintes, et pourtant chaque krama exprime une forte identité et peut refléter la personnalité de son porteur...'', explique André-Louis. ''...J'étais à une étape de ma vie où je m'éloignais de ma période figurative. En arrivant au Cambodge, j'ai rencontré le krama et il est devenu une inspiration. ...Le krama est essentiellement minimaliste et c'est ce que je cherche dans ma peinture, le minimalisme pour atteindre une certaine musique intérieure dans chaque objet, pour capturer l'intensité émotionnelle dans chaque couleur. 

L'Esprit du Krama
Douze toiles seront exposées au Lotus Pond Gallery, où l'artiste khmer Chan Dany vient d'explorer récemment un autre vêtement, le sampot, dans ses formes contemporaines. L'exposition Krama Spirit durera jusqu'au 20 mars.


Pays/territoire : Cambodia
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