lundi, janvier 16, 2017

Environnement : Suy Senglim, le Cambodgien qui voulait sauver les oiseaux du royaume

Au début des années 2000, Suy Senglim rencontre un journaliste français qui lui transmet sa passion pour la photographie. Le Cambodgien décide alors de mettre à profit son nouveau hobby pour lancer un projet de livre sur les oiseaux du Cambodge en péril. Aujourd'hui, Suy a photographié une centaine d'espèces sur les 400 que compte le royaume. Il a également enregistré méthodiquement chaque nouvelle espèce qu'il photographie: le nom commun, nom scientifique, ses caractéristiques d'identification, si l'espèce est menacée ou non.

Le paon est une espèce en danger avec toutefois des populations significatives seulement au Cambodge, au Vietnam et au Myanmar. Sa population a diminué en raison de la chasse, de la forte demande d'oiseaux vivants, de plumes et de la fragmentation de l'habitat. Il existe aussi en Thaïlande, le Laos, la Chine et l'Indonésie. (Photographie par Suy Senglim)
A travers ce projet, le jeune Cambodgien espère sensibiliser la population sur les réels dangers de disparition que courent certaines espèces. C'est en constatant la perte d'habitat des oiseaux dans sa région natale, Mukh Kampul dans la province de Kandal, que le photographe a décidé de publier ce livre qu'il espère voir achevé en 2018.

Cette espèce de colombe est habituellement timide, cette photographie a pu être prise au Resort O'Ramis dans la province du Mondolkiri.
"...Le plus gros problème pour les oiseaux est la perte de leur habitat, avec la bonification des terres à des fins agricoles, économiques et industrielles, et le braconnage. En outre, pas mal de Cambodgiens fortunés aiment consommer du gibier et certains braconniers n'hésitent pas à chasser dans les réserves et abattre des animaux protégés pour satisfaire cette demande. Dans les temps anciens, il était normal de chasser, cela faisait partie de la culture khmère, mais les populations d'animaux sauvages étaient bien plus abondantes, plus nombreuses que les humains...malheureusement, aujourd’hui c'est l'inverse, il y a plus de gens que d'animaux sauvages....'', déclare Suy Senglim.

La grue antigone est le plus grand oiseau volant du monde, elle migre des aires de reproduction de la forêt sèche à des aires d'alimentation de Anlung Pring et Beoung Prek LPOV dans la province de Takeo, près de la frontière et  vers Ang Tropeang Thmor à Banteay Meanchey. La grue antigone est considérée comme éteinte en Thaïlande.
''...Éduquer les Cambodgiens au sujet de la nécessité de la conservation est de la plus haute importance et, dans ce domaine, l'éducation est très limitée. Et, en termes d'application de la loi, une seule institution, WildIlife Alliance, a pu mener, en collaboration avec les rangers, des série d'opérations répressives réussies à ce jour...'', indique Suy Senglim.

Une nouvelle espèce d'orthotomus a été découvert en 2009 dans la ville de Phnom Penh par  Simon Mahood de Wildlife Conservation Society Cambodia.  (Photographie par Suy Senglim)
Chhit Sam Ath, directeur exécutif du WWF Cambodge, a déclaré aussi que les concessions économiques et la déforestation étaient une cause majeure derrière la diminution spectaculaire du nombre d'arbres qui servent naturellement pour l'habitat des oiseaux : "...Nous pouvons voir que le Cambodge contient une faune exceptionnelle, d'énormes ressources naturelles et des forêts. Et nous savons aussi qu'avec le développement récent des plantations et d'autres activités, dont certaines se font sans l'accord du gouvernement et de façon clandestine, la faune se trouve gravement affectée dans son ensemble...Le Premier ministre Hun Sen a récemment accepté d'augmenter le nombre de réserves naturelles et de gardes forestiers pour lutter contre le braconnage et la déforestation en espérant que cela inversera la tendance. En outre, le gouvernement a également créé un groupe de travail spécial pour sévir contre ces agissements illégaux dans les zones protégées... ".

La sterne est en passe de devenir la prochaines espèce éteinte au Cambodge.  Ceci doit servir d'avertissement pour éviter que d'autres espèces soient anéanties. (Photographie par Suy Senglim)

Suy Senglim : J'ai hate de publier mon livre, et ensuite j'enseignerais pour que les jeunes prennent conscience de l'importance de notre nature exceptionnelle. 
Avec l'aimable autorisation de VOA


Pays/territoire : Cambodia
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