samedi, janvier 14, 2017

Cambodge - Tournage : Un Regard sur l'Innocence avec Adana

Titre provisoire d'un court-métrage produit pour la fondation Solyna, le projet d'Adana devrait être finalisé en mai 2017 alors que les dernières images tournées à Phnom Penh et dans ses environs viennent d'être mises en boite. Adana est une métisse franco-khmère, étudiante en droit à Nice, qui a choisi de produire et réaliser l'histoire d'une jeune Cambodgienne de la campagne, victime de viol et d'une tentative de meurtre, et qui a pu être secourue in-extremis par sa mère et prise en charge ensuite par l'ONG Afesip.

Adana en tournage à Phnom Penh
Adana en tournage à Phnom Penh
''...J'étudie le droit, mais j'adore être créative, la production et le montage sont deux disciplines que j'ai eu plaisir à découvrir. J'ai déjà réalisé quelques court-métrages pour le plaisir, mais c'est aujourd'hui mon premier projet vraiment professionnel...'', explique avec enthousiaste la jeune fille de 21 ans, qui a sauté dans un avion entre deux examens pour pouvoir tourner dans le pays.

Adana sur le site de l'Afesip
Quant au sujet du film : ''...c'est un sujet que je connais bien car j'ai déjà participé à des actions promotionnelles avec l'Afesip, l'ONG créée par mes parents et toujours en activité avec un centre qui recueille de nombreuses victimes du trafic humain et aussi d'incidents isolés qui arrivent dans les campagnes, et qui sont plus fréquents qu'on ne le pense...''

Adana dans la campagne cambodgienne
''...Mon film est ambitieux car je tiens à présenter le contexte, je parle de l'histoire du pays, de ses carences, des difficultés pour combattre ce fléau et de l'action menée par l'équipe de l'Afesip dirigée par ma mère. L’histoire de X est une histoire de miraculée, la pauvre jeune fille de quatorze ans a été battue, assommée, violée et jetée, laissée pour morte, dans un étang derrière son habitation...''.

Adana dans la campagne cambodgienne
''...La jeune fille a heureusement eu un dernier réflexe de survie et a pu s'accrocher à une branche flottante et éviter la noyade...''. L'Afesip a pu intervenir rapidement après les appels de la mère de l'adolescente et elle est aujourd'hui prise en charge par le centre de l'Afesip. Le coupable est heureusement en prison aujourd'hui et elle va mieux, mais il y a toute une période de soins, d'éducation et de réadaptation à affronter. Sauver une vie ne prends pas une heure ou cinq minutes, c'est un travail de plusieurs années, c'est cela que je veux montrer aussi en détaillant le processus de réhabilitation à travers mon film...'', explique Adana.

Dans les quartiers difficiles de Phnom Penh
Pour brosser un tableau complet du contexte difficile dans lesquels les travailleurs sociaux doivent se battre pour tenter de sauver quelques vies, Adana a également suivi une équipe dans les quartiers extrêmement difficiles de Phnom Penh, des endroits ou les vies peuvent être soulagées, mais difficilement sauvées car certaines victimes du trafic n'ont jamais pu sortir du cercle des dettes, de la pauvreté, de l'alcool et de la violence qui les ont propulsées dans une misère insoutenable.

Adana à la sortie de l'université
Mais Adana, résolument optimiste et refusant la fatalité, a voulu aussi montrer celles qui s'en sont ''sorties'', ces anciennes victimes, trafiquées dès l'âge de 4 ou 5 ans et qui aujourd'hui vont à l'université et ont retrouvé une vie quasiment normale. ''...J'ai pu faire suffisamment d'images pour construire un joli film et j'en suis ravie. J'ai eu le soutien logistique de Christophe Gargiulo, journaliste et producteur, et qui avait déjà eu ma grande sœur Ning en stage de formation, c'est donc un projet qui s'est préparé en famille...'', conclut la jeune fille avec un sourire pétillant...Nous proposerons quelques carnets de tournages prochainement dans Cambodge Mag sur cette belle aventure initiée par une franco-khmère pleine d’énergie et d'optimisme.


Pays/territoire : Cambodia
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