mercredi, décembre 21, 2016

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme reste au Cambodge

Le gouvernement et le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) ont annoncé lundi avoir signé un nouveau mémorandum d'accord qui permettra au bureau de rester au pays pour un nouveau mandat de deux ans. Dans son communiqué de presse, le ministère des Affaires étrangères a déclaré que le HCDH acceptait un nouvel article- libellé stipulant que le bureau respectera la souveraineté du Cambodge : ''...Aucune disposition de la présente Charte n'autorise l'Organisation des Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale de l'État...'', a écrit le ministère.

Le Premier ministre cambodgien Hun Sen serre la main au Ministre des Affaires étrangères Prak Sokhon lors d'une cérémonie au ministère des Affaires étrangères à Phnom Penh. AFP - RFA
Le Premier ministre cambodgien Hun Sen serre la main au Ministre des Affaires étrangères Prak Sokhon lors d'une cérémonie au ministère des Affaires étrangères à Phnom Penh. AFP - RFA
Le ministre cambodgien des Affaires étrangères, Prak Sokhon, a accusé le mois dernier le Haut-Commissariat d'un ''comportement arrogant et irrespectueux envers la souveraineté du Cambodge'', et a menacé de mettre fin à la coopération du royaume avec le bureau et son organisation, sauf à ce que ce sernier cesse de s'ingérer dans les affaires intérieures du pays. Le Haut-Commissariat continuait d'opérer au Cambodge bien que le protocole d'accord avec le pays ait pris fin l'an dernier. Liz Throssell, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme à Genève, a qualifié le nouveau traité d'accord acceptable qui tient compte des positions des deux parties et préserve l'intégrité du protocole d'entente initial.

Le gouvernement cambodgien avait fait face à des critiques, formulés en novembre par le représentant du HCDH, Wan-Hea Lee, qui avait déclaré aux médias locaux qu'une directive du ministère de l'Intérieur interdisant l'entrée du chef du Parti National Rescue du Cambodge (CNRP), Sam Rainsy, était probablement une violation des droits ; "...Aucun élément de la décision de bloquer l'entrée de M. Sam Rainsy au Cambodge n'a été mis en lumière, et ne permet à quiconque d'évaluer son caractère raisonnable, ce qui rend la décision injustifiée et arbitraire", avait écrit Lee dans un courriel au journal Cambodia Daily.

En octobre dernier, le gouvernement cambodgien avait ordonné aux autorités de police et d'immigration de''recourir aux moyens nécessaires'' pour empêcher le chef de l'opposition Sam Rainsy de revenir de son exil, comme il l'avait promis avant les élections de 2017 et 2018. Le chef de l'opposition est à l'étranger depuis un an pour éviter une peine de deux ans d'emprisonnement prononcée dans une affaire de diffamation. Ce n'est pas la seule condamnation prononcée par les tribunaux. Dans la dernière affaire, la cour municipale de Phnom Penh a trouvé le leader de l'opposition coupable de diffamation le 8 novembre pour avoir affirmé que l'équipe du Premier ministre Hun Sen achetait des "like" sur Facebook, provenant de "click farms" à l'étranger pour accroître son soutien dans les réseaux sociaux.
Sothearin Yeang. et Sovannarith Keo. Avec l'aimable autorisation de RFA


Pays/territoire : Cambodia
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