vendredi 11 novembre 2016

Nouvelles - Lek Issan : Braqueurs khmers rouges en Thailande

Petite série de nouvelles écrites par un français vivant en Thailande depuis de longues années et ayant décidé de conter quelques histoires, histoires insolites, histoires vraies...puisées à partir de faits divers, d'observations, de témoignages et d'histoires vécues. Cela se passe chez le voisin thaïlandais ou parfois au Cambodge comme ici avec ce terrible fait divers :  Les braqueurs khmers rouges en Thailande.

Braqueurs khmers rouges en Thailande
Braqueurs khmers rouges en Thailande
Ça c'est passé dans un district d'une province du nord-est de la Thailande, frontalier du Cambodge. L'ancien capitaine Khmer rouge Long Pok s'était reconverti dans le banditisme après la capture de son chef, le fameux Ta Mok surnommé le Boucher, en mars 1999. Quant il avait formé sa bande, une trentaine de ses soldats avaient acceptés de le suivre. Ils vivaient de rapines, terrorisant les paysans de la province cambodgienne de Preah Vihear, volant du bétail et allant le revendre à des trafiquants Thaïs de l'autre coté de la frontière. Un jour de décembre 1999, il eu une idée et rassembla ses hommes.

Quant ils furent tous autour de lui, il leur parla :
- Nous avons cinq buffles à vendre aux Thaïs. Ce soir nous passerons la frontière avec les bêtes mais après les avoir vendues nous ne retournerons pas tout de suite au Cambodge.
- Pourquoi donc, lui demanda Chea Nim qui était son second.
- Parce que nous allons braquer la banque du district Thaïlandais. Comme c'est bientôt le nouvel an 2000 et que les Thaïs vont retirer de quoi le fêter dignement, ils viennent de recevoir un tas de fric. C'est le moment ou jamais d'en profiter.

Une ovation accueillit ces paroles. Bien que l'armée Thaïlandaise ait soutenu les Khmers rouges de longues années, aucuns d'eux n'aimaient ces Thaïs qu'ils trouvaient arrogants, vénaux, méprisant avec les plus faibles qu'eux et humbles et soumis vis à vis des plus forts. De plus, à la suite d'accord entre le gouvernement Cambodgien d'Hun Sen et le gouvernement Thaïlandais du démocrate Chuan Leekpai, les Thaïs avaient livré leur ancien chef Ta Mok aux autorités de Phnom Penh. Les anciens Khmers rouges n'avaient pas digéré cette trahison. Voila enfin le moment venu de se venger.

Donc, après avoir vendu, pour le tiers de leur valeur, les cinq buffles volés au chef des trafiquants Thais (le lieutenant Buntree des douanes du royaume qui multipliait par dix son salaire de fonctionnaire en faisant de la contrebande), Les Khmers se cachèrent dans la forêt jusqu'à la nuit tombée. Puis ils marchèrent silencieusement vers le chef lieu du district, une petite ville endormie.
- Maintenant, nous allons voler des voitures, dit Long Pok à ses hommes. Il nous faut au moins trois pick up pour nous transporter tous.

Ainsi fut fait. Les anciens Khmers rouges se mirent en embuscade au bord de la route. Chea Nim et un autre bandit se placèrent au milieu. Quand, au bout d'un quart d'heure, le premier pick up arriva, ils lui firent de grands signes comme s'ils avaient un problème et qu'ils voulaient de l'aide. Le chauffeur, serviable, s'arrêta et leur demanda ce qu'ils voulaient. Chea Nim lui colla un pistolet sur le front et l'obligea à sortir du véhicule. Puis, pour ne pas faire de bruit, l'autre bandit l'égorgea comme un poulet. Le même procédé fut utilisé pour s'emparer du pick up suivant.

Le troisième véhicule était conduit par un jeune couple. Après l'avoir arrêté, les bandits les firent descendre et, après avoir liquidé l'homme, ils regardèrent la femme, qui était très belle, avec concupiscence. Celle ci était trop terrifiée pour dire un mot.
- Liquidez la, ordonna Long Pok.
- Ne peut on pas s'amuser un peu avec elle avant? demanda Chea Nim à son chef.
L'ancien capitaine, que toute envie avait quitté depuis qu'un éclat de mortier lui avait emporté les parties lors d'une bataille contre les troupes gouvernementales sept ans auparavant, consentit.
- Mais faites vite, précisa-t'il.
Après qu'on lui eu mit un bâillon pour l'empêcher de crier, la jeune femme fut sauvagement violée par toute la troupe. Ensuite, pour finir, un des bandits l'acheva. Puis les anciens Khmers rouges montèrent dans les trois pick up et roulèrent en direction du bourg. Ils s'arrêtèrent un peu avant d'y arriver. Long Pok donna ses instructions :
- Nous attaquerons à 9 heure, une demi-heure après l'ouverture de la banque. Toi, Chea Nim, tu te posteras devant le commissariat avec 10 hommes et tu tires sur tout ceux qui en sorte. Tu prendra trois lances roquettes avec toi en cas. Nous resterons en contact par talkie-walkie.
L'ancien capitaine se tourna alors vers Nhiek Sarin, un autre de ses lieutenant :
Toi, tu te posteras dans la rue devant la banque avec 6 hommes et les deux lances roquettes restants. Tu nous couvriras. Quand à moi je pénétrerai dans la banque avec le reste de la troupe.

A l'heure dite, les trois véhicules démarrèrent. Tandis que celui de Chea Nim fonçait vers le poste de police, les deux autre pilèrent devant la banque.
- Personne ne bouge, hurla Long Pok en Thai après avoir pénétré à l'intérieur du bâtiment.
Un security garde fit apparaître un revolver. Il fut immédiatement abattu d'une rafale de kalachnikov. Les gens levèrent les mains en l'air. Après avoir ordonné aux employés et aux clients de se coucher ventre à terre et mains sur la nuque, les bandits commencèrent a remplir leurs sacs de liasses de billets. Tandis que trois d'entre eux se saisissaient de l'argent des guichets, les autres vidaient le coffre.

Pendant ce temps Chea Nim s'était positionné devant le commissariat avec ses dix hommes. Une voiture de police démarra. Un coup de lance roquette la fit exploser. Deux policiers qui tentaient de sortir du bâtiment furent abattus. Chea Nim se saisit alors d'un haut parleur :
- Si vous restez à l'intérieur du bâtiment, il ne vous arrivera rien. Nous tuerons tout ceux qui sortent.
Les policiers se le tinrent pour dit et aucun d'entre eux ne s'avisa de mettre les pieds dehors. Les bandits se mirent tranquillement à saboter tous les véhicules du poste de police.

Environ une vingtaine de minute après être entré dans la banque, les anciens Khmers rouges en ressortaient avec plusieurs sacs bien remplis et deux jeunes employée prises en otage. Après avoir ordonné par talkie-walkie à Chea Nim de mettre les voiles en direction du Cambodge distant d'une quinzaine de kilomètres seulement Long Pok et ses hommes sautèrent dans leurs véhicules et s'enfuirent.

Le préjudice de la banque se monta à plus de trois millions de bahts. Ni l'argent, ni les bandits, ni les deux jeunes femmes otage ne furent jamais retrouvés.

Pays/territoire : Thailand
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