vendredi 16 septembre 2016

Interview - Livre - Disponible en numérique : Un médecin chez les Khmers Rouges

À la prise du pouvoir par les Khmers rouges, Oum Nal, médecin et directeur en chef de l’hôpital Preah Ket Meala à Phnom Penh, assiste avec impuissance au spectacle de la liquidation brutale de son hôpital et à l'éviction des malades. Devenu prisonnier de l'Angkar, il est déporté d'une région à l'autre parmi d'autres évacués. Il entreprend, seul, une fuite périlleuse en Thaïlande à travers l'épaisse jungle frontalière. Ce livre raconte les péripéties de son évasion, décrites au jour le jour.

Oum Nal
Oum Nal
Extraits d'interview :
« Lorsque j’ai décidé de m’évader, je me suis dit en moi-même que ce serait un voyage sans retour. Si vous étiez arrêté vivant, ils vous auraient fait subir toutes les misères du monde devant d’autres personnes. » « Ils vous auraient accusé de tout et n’importe quoi. Ils vous auraient tué lentement. » Il commença à mettre du riz de côté chaque jour, qu’il cachait dans une manche qu’il avait découpé d’une veste. Il avait trouvé une petite quantité de poison – juste assez, dit-il, pour se tuer s’il était pris. Le voyage ne serait pas facile. Il y avait des kilomètres de champs à découvert qu’il devrait traverser. Les gardes l’arrêteraient ou le tueraient à vue. Un prisonnier travaillant dans un champ l’ayant vu devait le rapporter ou serait tué. Après les champs il y aurait la jungle, avec ses propres dangers. « Vous deviez éviter les chiens. Si un chien aboyait, ils sauraient que vous êtes là et vous seriez fini. Il n’y avait heureusement pas de chiens. Ils avaient dû tuer tous les chiens à ce moment. »

L’opportunité se présenta finalement. Les gardes annoncèrent que les premières vacances seraient tenues le 16 avril 1976, afin de célébrer le jour où les Khmers rouges ont pris le pouvoir. On donnerait trois jours aux prisonniers durant lesquels ils n’auraient pas à travailler. Il était 7 heures du soir quand la musique commença à se faire entendre. La lune était pleine et brillante. Les gardes étaient distraits.

« Je ne ressentais aucune peur ou quoi que ce soit, devant cette jungle inconnue, » rapporte Oum. « C’était un voyage sans repère. Je n’avais aucun outil pour me guider. J’ai tout misé sur ma volonté, car c’était la seule chose que j’avais. » « Au coucher du soleil, alors qu’on ne voit pas au loin, je me suis échappé avec mon sac de riz. » Lire l'article en entier ici


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Pays/territoire : Cambodia
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