mardi 30 août 2016

Phnom Penh - Documentaire Photographique : Vivre avec les morts de Chhar Ampil

C'est un petit bidonville à l'entrée de Phnom Penh, un lieu que les habitants appellent Chaar Ampil, rien de très original ni de très nouveau si ce n'est que les baraquements et abris de fortune sont construits autour des tombes d'un cimetière vietnamien. Quelques dizaines de familles vivent ici, victimes de l'exclusion, de la pauvreté, ou de la malchance après avoir entrepris le voyage depuis leur province pour tenter de trouver une  vie meilleure dans la capitale. Photographies par Christophe Gargiulo + 85 87 261 019

La vie au milieu des tombes
Avec une croissance démographique annuelle à deux chiffres, Phnom Penh a du mal à trouver des habitations pour les habitants à très petits revenus, ils seraient ainsi plusieurs milliers à avoir élu domicile autour de cimetières, créant ainsi de petits communautés, des villages dans la ville, au sein desquels sévissent malheureusement prostitution, abus, drogue et maladies.

Les enfants jouent autour des tombes, les adultes s'affairent
Dans cette communauté, la présence des morts ne semble pas affecter particulièrement les enfants qui deviennent rapidement souriants, ni les adultes. Les enfants jouent autour des tombes, grimpent dessus, certains adultes utilisent les dalles autour des tombes pour laver le linge ou faire sécher riz et viande.

Enfants de la communauté de Chhar Ampil
 La désinvolture vis-à-vis de la présence de tombes pourrait peut-être s’expliquer par une conception très différente des Cambodgiens concernant les défunts. Avec la prédominance de la religion bouddhiste, les crémations sont de loin le sort le plus fréquent réservés aux morts dans le royaume. La tombe chrétienne traditionnelle et l'enterrement seraient donc des concepts tout-à-fait différents chez les Cambodgiens voire inconnus pour une grande partie d'entre eux.

Enfants de la communauté, certains vont à l'école, d'autres non
Certains habitants ont même utilisé les tombes comme une extension de leur habitation, y installant un potager ou quelques sièges pour en faire un endroit de détente.

Certaines tombes sont totalement abandonnées
Quant à évoquer les fantômes, un jeune habitant aux avant-bras tatoués, assis sur sa mobylette et fumant des cigarettes bon marché rigole et confie : ''...C'est vrai qu'on y pense un peu au début, mais après on s'y fait. Si les esprits des morts enterrés ici rodent, c'est plutôt nous qui les dérangeons, pas l'inverse...''.

Jeune garçon souriant sur une tombe
 Si peu d'enfants sont scolarisés, quelques-uns ont la chance d'aller à l'école du quartier, certaines familles gagnant suffisamment d'argent pour se nourrir et assurer l'essentiel, mais pas assez pour se loger.

Une habitation plus décorée que d'autres
Si quelques-uns ont des emplois, l'activité la plus fréquente reste la collecte des déchets, le travail sur les chantiers de construction, mais aussi  la prostitution qui permet à quelques familles de survivre mais en a précipité d'autres dans le malheur avec l'apparition du sida, plusieurs jeunes filles et mamans sont séropositives, mais bénéficient d'un petit soutien avec des visites régulières d'une assistante sociale, Maïra, venue du Brésil et qui a décidé d'apporter sa contribution pour tenter d'améliorer le quotidien d'une famille dont la mère est séropositive.

Jeune maman séropositive


Pays/territoire : Cambodia
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