mardi 23 août 2016

Nouvelles - Caricature - Lek Issan : Roger, résident français de Pattaya

Début d'une petite série de nouvelles écrites par un français vivant en Thailande depuis de longues années et ayant décidé de conter quelques histoires, histoires insolites, histoires vraies...puisées à partir de faits divers, d'observations, de témoignages et d'histoires vécues. Si cela se passe chez le voisin thaïlandais, le lecteur découvrira toutefois, et probablement souvent, quelques similitudes avec le Cambodge au sujet des déboires ou aventures de ces expatriés d'Asie du Sud-est. Aujourd'hui, histoire avec expats : Roger, résident français de Pattaya...Attention, langage parfois un peu cru.

Roger, résident français de Pattaya
Roger, résident français de Pattaya
Lundi , 10 heures du matin :
Roger se réveille difficilement car il a la gueule de bois. Sa femme picore dans la cuisine un "khanom chin" acheté un peu plus tôt à la grosse marchande du bout du soi.
- KOUNG, CAFÉ, hurle le Français de son lit.
- Yes tilak. dio dio (attend attend), répond la jeune femme de 21 ans.

Koung met en marche le percolateur acheté par Roger le mois dernier à Carrefour. Roger a dut lui expliquer 50 fois comment le faire marcher avant qu'elle ne finisse par comprendre. Cinq minutes après, elle apporte le café fumant à son mari farang.
- Fait moi bread hot avec butter, ordonne Roger à Koung.
- Yes tilak, répond cette dernière.

Après avoir fini son petit déjeuner, Roger va prendre sa douche. Ensuite il dit à sa femme:
- Prépare toi, we go Carrefour. Camembert et Pastis finish.
- Yes tilak, today tilak buy new tolasap (téléphone) Nokia me, OK ?
- On verra, grommelle Roger.

Roger et Koung qui habitent un condominium, se dirigent vers l'ascenseur. Dans celui ci ils tombent sur le copain de Roger, François 53 ans de l'étage au dessus accompagné de sa femme Noi, 24 ans.
- Salut François, tu vas où ?
- A Carrefour crématoire répond François qui aime bien les plaisanteries fines.
- Ça par exemple moi aussi, réplique Roger. J'ai plus de Pastis et ma femme veut que je lui achète un nouveau portable. Quelle conne! Ça ne sait que dépenser. Heureusement qu'elle suce bien sinon je l'aurais jeté depuis longtemps ce garage à bites.
- Tu viens à la partie de belote ce soir? Il y aura Philippe et le gros Jules.

Ce que François appelle "la partie de belote" est en fait la virée hebdomadaire des quatre compères au gogo bar "French Lover" tenu par Emile le Niçois.
- Bien sur.
PRRRROOOOUUUET
- Oh t'es vraiment dégueulasse Roger. T'aurais pu attendre qu'on soit sorti de l'ascenseur. Et puis devant les filles quand même...
- T'inquiètes pas, elles sont habituées ces salopes. Ça pue pas plus que la sauce de merde qu'elles mettent dans leur truc à la Papaye.

Pendant ce temps les deux femmes papotent:
- Meung tot ikk leo (La bête a encore pété) dit Noi.
- Bok sat. Chan na bua mi poua na kliat mouan khan iya ni. (L'animal. J'en ai raz le bol d'avoir un mec ignoble comme ce varan là) réplique Koung avec mépris.
- Men mouan ki. (Il pue la merde) constate la femme de François.

Ce dernier, pour changer de sujet, demande à Roger:
- T'as vu le journal sur TV 5 hier. Les bougnoules ont encore cramé des bagnoles à Paname.
- Ouais, ce Sarko est un minable. On l'attend toujours son karsher.
- Moi de toute façon j'ai voté Le Pen aux dernières élecs. Sarko, c'est un sale juif et jamais j'aurais donné ma voix à ça.
- Même Le Pen c'est pas assez. Tous ces ratons au four. D'ailleurs, si l'Allemagne avait gagné la guerre de 40 on en serait pas là.

Les deux compères sortent de l'ascenseur et se dirigent chacun vers leurs voitures respectives.
- Rendez vous à Carrefour.
- D'accord.

Roger monte dans son 4 x 4 Mitsubishi flambant neuf avec jantes en aluminium, siège en cuir, lecteur CD, petite télévision pour sa femme etc etc... Il démarre au quart de tour. 300 mètres plus loin, un policier l'arrête et lui demande 500 bahts parce qu'il n'avais pas mis sa ceinture. Roger lui tend à contrecœur un billet mauve.Après avoir fait ses provisions de camembert, de reblochon, de saucisson, de pâté, de pastis, de pinard et acheté de mauvaise grâce le Nokia à sa femme, Roger et son ami François sortent ensemble du Carrefour. Il est midi. Roger dit à François:
- On se retrouve au resto de Dédé dans une heure.
- Ça marche.

André est un Savoyard qui tient "Le bistro de Paris" situé au soi 11. Une heure plus tard, tandis que les filles vont manger un som tam au coin de la rue, François et Roger se retrouvent chez lui. André les accueille par ses mots:
- Salut les copains. C'est l'anniversaire de ma fille aujourd'hui. Je vous offre l'apéro. Qu'est ce que vous prenez?

Roger se tourne vers François et grommelle:
- C'est rare qu'il offre quelque chose ce rat là. Je vais prendre un truc cher pour le faire chier.

Puis il se retourne vers André:
- Sert nous donc de cette bouteille d'Armagnac que je vois là bas.

André fait un peu la gueule mais s'exécute. Après que les deux compère aient fini leurs verres, André leur demande :
- Et qu'est ce que vous voulez manger aujourd'hui ?
- Un steak frites répond Roger.
- Pareil pour moi ajoute François.
- Et un litron de rouge.

Une fois leur repas terminé, les deux Français se quittent.
- Alors à ce soir, dit François à Roger avec un clin d’œil.
- Ouais.

Rentré chez lui, Roger s'installe devant son ordinateur et se connecte à son forum de discussion internet favori, http://www.clakos-durian.com. Il commence par ouvrir un nouveau topic: "un flic m'a encore racketté. 500 bahts qu'il m'a piqués ce connard. Ils ne se gênent vraiment pas ces flics. On verrait pas ça en France. Ces Thaïs faut toujours qu'ils cherchent à gratter un biffeton ici où là. Jamais vu un pays aussi corrompu. Y en a raz le bol."
- Tiens, Ruby 40 a ouvert un nouveau post, se marmonne t-il à lui même, "Quel est le meilleur endroit pour faire laver son linge à Pattaya". L'a toujours pas acheter une machine cet abruti.

Puis il se tourne vers Koung qui est en train de se vernir les ongles de l'autre coté de la pièce:
- KOUNG, BIÈRE!

Après avoir bu quelques gorgée de sa Singha (ces singes savent au moins faire une bonne bière se dit-il) il tape sur son clavier: "...T'as qu'à aller chez la copine à Norbert, au soi 7, c'est elle qui lave le mieux et puis Norbert est un vieux pote...". Il lit alors le message de L'araignée (c'est le pseudo de son pote François qui habite un étage au dessus) qui est en ligne: "Aujourd'hui je suis allé à Carrefour (crématoire Hi Hi Hi). Il y avait une super promotion sur le pâté. Allez y vous ne le regretterez pas."

Roger rajoute en dessous: "Et le pastis, 750 bahts seulement."

Ensuite il regarde les photos de vacances de Pauletkai puis lit le texte de ce dernier "Depuis deux jours, nous sommes à Chiang Mai, Kai et moi. Hier nous sommes allés dîner au Riverside près de la Punk river, c'était très bon mais je sais pas le nom du plat. Après nous avons été au marché de nuit. Je me suis acheté une chemise Lacoste pour 150 bahts, ça fait 3 euros, c'était une affaire. Ce matin, au petit déjeuner, j'ai eu du café, du pain et du beurre. C'est marrant, ils ont des petits déjeuner comme chez nous les Thaïs." Pour faire enrager Pauletkai le modérateur de clakos-durian, il écrit : "Et les putes de la rue Loi Kroh, c'est combien la passe?". Il sait que dés que le modo lira ce message, il va le supprimer mais il aime bien l'emmerder. Après il ouvre le post de Pervers de Koh Samui (Pervers de Koh Samui est un ancien para de 39 ans qui aime bien raconter ses souvenirs de la bataille de Dien Bien Phu en 54. C'est le spécialiste du forum pour les questions militaires): "Quand est ce que l'armée thaïe nous débarrassera de ces rouges qui manifestent?"

"Les rouges ont encore manifesté hier. Vite, que l'armée les passe au mixer, les fasse rôtir sur le grill, viole leurs femmes avec des battes de Baseball, ..." L'araignée, qui n'a jamais pu blairer les rouges depuis qu'il a été bloqué six heures dans un embouteillage à Bangkok à cause d'une manifestation, a vite enchaîné : "Oui il serait tant que l'armée réagisse et mettent tous ces rouges dans le carrefour crématoire Hi Hi Hi. De toute façon les cocos faut les exterminer."

Roger se prépare à rajouter quelque chose, puis il se souvient que lorsqu'il a demandé à Pervers par message privé s'il avait rencontré son père Fernand, gardien au bagne de Poulo Condore, quand il servait en Indochine, celui ci avait répondu sur un ton méprisant que lui il était là où ça se battait et qu'il avait bien dut zigouiller plus de 1000 Viets à lui tout seul. Bien qu'il conserve toujours son admiration pour Pervers, Roger lui en veut un peu pour cela. Puis il passe à sa boite de réception Gmail. Il rédige un courriel pour son fils de 28 ans qu'il a eu avec sa première femme, une Française: "Bonjour mon chéri comment vas tu? La Thaïlande c'est super tu sais. Aujourd'hui, un policier m'a arrêté parce que j'avais oublié de mettre la ceinture. Il était très gentil et ne m'a fait payer que 10 euros. 10 euros, tu te rends compte, en France j'en aurait eu pour 250 euros au moins. Ta belle mère Koung va bien. Elle va bientôt obtenir son doctorat. L'université dit que c'est une des meilleures étudiantes. Je suis très fier d'elle. Elle t'embrasse et moi aussi je t'embrasse bien fort. Embrasse pour moi ma belle fille Charlotte et mes petits enfants chéris Geraldine et Jordan. Ton père l'aventurier qui t'aime."

Au bout d'un moment, il en a marre de l'ordinateur et puis c'est l'heure du match PSG - Olympique de Marseille sur TV 5. Il éteint l'ordinateur, s'installe dans le divan, allume la téloche et gueule:
- KOUNG, BIÈRE!

Il boit une grande gorgée à la bouteille puis regarde le match.
- J'espère bien que le PSG va gagner. Ça fera enrager le Pastaga du forum (Pastaga est le pseudo d'un Marseillais habitant à Udon Thani qui a ouvert un restaurant provençal, "La Bouille à Baise" qui est l'un des deux seul restaurants français d'Udon, l'autre étant "La Foufounette Jaune"). Une fois le match terminé, Roger (de mauvaise humeur car le PSG a perdu) se lève et dit à Koung :
- J'y go eat. No wait me car I go play belote avec les copains.

Roger s'en va en claquant la porte (il ne digère vraiment pas la défaite du PSG). Une minute après, Koung se saisit de son nouveau téléphone portable et compose un numéro:
- Meung Pai leo. Ma tini, leo leo. (La bête est partie, viens ici, vite). 

Pendant ce temps Roger monte dans son 4 x 4 Mitchubishi flambant neuf avec jantes en aluminium, siège en cuir, lecteur CD, petite télévision pour sa femme etc etc... et démarre au quart de tour. 300 mètres plus loin, un policier l'arrête. C'est le même que tout à l'heure et de nouveau il lui demande 500 bahts parce que, une fois de plus, il n'avais pas sa ceinture. Après avoir empoché le billet, le flic regarde d'un œil indiffèrent Roger visiblement mécontent repartir. Une fois la voiture du Français disparu, le policier saute sur sa moto, démarre et s'arrête 300 mètres plus loin devant le condominium. Il entre, monte dans l'ascenseur, en ressort une fois arrivé à destination et frappe à la porte de Roger. Koung lui ouvre et lui saute au cou. Il l'entraîne sur le divan, soulève la mini jupe, lui arrache sa culotte, baisse son pantalon et la besogne devant la télévision que Roger avait oublié d'éteindre. Tandis que le flic la prend sauvagement, Koung râle de plaisir devant Julien Lepers en train de présenter ''Questions pour un Champion''. Entre-temps Roger est allé au resto d'André. Il s'attable et commande une pizza et un litron de rouge. Tout en mangeant, il regarde sur la télévision du restaurant Julien Lepers interroger les quatre candidats qui sont Martine, enseignante à Narbonne, Robert, garagiste à Rennes, Jacques qui possède un bureau de tabac à Pontoise et Josette, cadre dans une banque à Colmar. Julien Lepers pose sa question:

- Et maintenant une nouvelle question, quel est le nom de la capitale de la Thaïlande?
- BANGKOK rugit Roger.
- Oui Bangkok confirme André de derrière son comptoir.

Les candidats ont l'air un peu perdus. Martine l'enseignante se gratte la tête.
- Oui Martine, demande Julien Lepers
- Non vraiment je vois pas, répond l'enseignante.
- BANGKOK hurle de nouveau Roger.
- Jacques, je vois que vous l'avez sur le bout de la langue continue l'animateur.
- Ben, on avait prévu avec ma femme d'y passer des vacances l'année dernière et puis finalement on est allés en Tunisie. Je me rappelle plus du nom.
- BANGKOK BANDE DE CONS, BANGKOK!

Ding

- Et bien la réponse est ... Bangkok, révèle Julien Lepers, et maintenant passons à la question suivante...
- Oh les cons, t'as vu André, même moi je le savais alors que d'habitude j'arrive jamais à trouver les réponses à ces questions de merde.
- Oui ça c'est vrai. Même nous on le savait, répond André.

Roger se replonge dans son repas satisfait d'avoir trouvé la réponse. Une fois son dîner terminé il paye et repart dans son 4 x 4 Mitsubishi flambant neuf avec jantes en aluminium, siège en cuir, lecteur CD, petite télévision pour sa femme etc... Il démarre au quart de tour. Arrivé non loin du "French Lover" il se gare, descend et se dirige vers le gogo bar. Tous ses copains y sont déjà.
- Salut Roger, l'accueille Emile, qu'est ce que tu prends?
- File moi une bière.
- Comment tu vas Roger? lui demande Philippe d'un air distrait car il est occupé à tripoter une jeune fille de bar assise sur ses genoux.
- Mal, il y a un enculé de flic qui m'a racketté deux fois aujourd'hui. 1000 bahts en tout le pédé, qu'il s'est mis dans la poche.
- C'est pas le moustachu qui est toujours à 300 mètres du condo? lui demande François qui se fait masser le dos par une autre fille.
- Si, pourquoi? Tu le connais?
- Il m'a pris 500 bahts aujourd'hui parce que j'avais oublié de mettre mon clignotant pour tourner à gauche.
- L'enculé, il doit se gaver, dit Roger qui, bien qu'il ne le montre pas, est content que François se soit fait avoir lui aussi bien qu'il aurait été plus heureux si l'autre avait dut payer deux fois, comme lui. Au même moment, dans l'appartement de Roger, Koung et le flic viennent de terminer leur partie de baise. Ce dernier remonte son pantalon, fait une bise à Koung et s'en va. Une fois dans l'ascenseur, il appuie sur le bouton pour l'étage du dessus. Arrivé devant la porte de François, il frappe. Noi ouvre la porte et lui saute au cou. Le fougueux policier l'entraîne sur le lit de François, lui arrache ses vêtements baisse son pantalon et ...

- Si nos femmes savaient qu'on est ici, elle nous couperaient le gland, dit le gros jules en se marrant, une fille sur chaque genoux. Ces connes doivent être en train de regarder un de leurs feuilletons débiles à la télé. Roger, voyant que tous ses potes sont occupé, se retourne et interpelle une fille un peu plus loin:
- Toi, vient ici, come here!
- You pay beer for me, lui demande la fille en s'approchant.
- Oui mais viens t'asseoir là, ordonne t-il en se tapotant les cuisse.

Au bout de quatre bières, François ressent une terrible envie de pisser. Il laisse sa conquête d'un soir et dit aux autres:
- Je vais aux chiottes. A tout de suite.

Une fois qu'il a disparu, Emile le Niçois demande à Roger:
- Il a une bonne retraite François? Il a l'air à ses aises. Comment il fait?

Malgré son cerveau embrumé par l'alcool et abruti par la musique techno, Roger se rappelle vaguement que le Niçois lui avait déjà posé la même question il y a une semaine mais il n'en est pas sur (en fait, Emile, qui adore les ragots, lui pose la question à chaque fois qu'il vient dans son bar).

- Il travaillait au service administratif d'EDF et il a eu un accident du travail. Cet enculé s'est électrocuté en changeant l'ampoule de sa cuisine. EDF l'a mis en préretraite avec prime d'accident du travail. Il touche 2400 euros par mois. C'est dégueulasse, moi aussi je me suis électrocuté en changeant l'ampoule de mes chiottes une fois. EDF m'a rien donné à moi.
- Oui mais toi tu n'y travaillais pas, réplique le Niçois hilare.

Une heure et quelques bières plus tard, Roger demande à Emile.
- File moi une de tes chambre pour les passes, j'ai envie de me la faire la petite, depuis une heure qu'elle me pelote.
- OK Roger, mais paye l'addition d'abord. La chambre, 900 bahts, 14 bières, bahts bath (Emile en profite toujours pour rajouter deux ou trois bières imaginaire à ses clients quand il voit que ceux ci sont trop bourrés pour s'en rendre compte), la sortie de bar de la fille, 800 bahts, trois drink pour la fille, 450 bahts. Ça fait 3550 bahts. Roger sort son portefeuille et en retire quatre billets de bahts bath. Emile lui rend la monnaie et lui donne une clé :

- La cinq, au bout du couloir à gauche.

Roger se lève et, en titubant, se dirige vers la chambre suivit de la fille. Une fois qu'il a disparu, le Niçois se tourne vers François:
- Mais d'où il sort tout son pognon? Parce qu'il en a le lascar.
- Y parait qu'en France c'était un entrepreneur véreux qui aurait fait une faillite frauduleuse. Il serait parti avec la caisse, des millions d'euros à ce qu'on dit. Certains racontent qu'il ne peut plus y retourner au pays, répond François.
- En tout cas, il le jette par les fenêtres son fric. Les filles racontent qu'il bande une fois sur dix peut être.
- Ma femme a croisé la sienne au marché l'autre jour, intervient le gros Jules, elle lui a dit la même chose.
- C'est normal avec tout ce qu'il boit, renchéri Philippe qui a déjà consommé 13 bouteilles de bières depuis qu'il est dans le gogo bar.

Pendant ce temps, dans la chambre, la fille s'active sur Roger mais sans parvenir à un résultat conséquent. Au bout d'un moment elle entend:
ZZZZZZZZZZZZZZZZ

La fille fouille alors les poches de Roger et en sort le portefeuille. Elle compte les billets de 1000 bahts. Il en reste douze. Elle en retire cinq et remet le portefeuille dans la poche du Français. A 2 heures du matin, le Niçois ouvre la porte de la chambre cinq et tapote sur Roger qui est en train de cuver. Puis comme l'autre ne se réveille pas, il le secoue de plus en plus fort:
- Eh, réveille toi!
- Euh keskispasse?
- On ferme, tout le monde est parti. Tu dois rentrer chez toi.

Roger relève difficilement son pantalon. Il sort en titubant du bar et se dirige vers son 4 x 4 Mitsubishi flambant neuf avec jantes en aluminium, siège en cuir, lecteur CD, petite télévision pour sa femme etc etc... Une fois dedans il démarre et se dirige vers chez lui. A 300 mètres du condominium, un flic l'arrête. Roger se rappelle vaguement l'avoir vu quelque part mais il a oublié où. Le policier le fait souffler dans l'alcootest et lui impose une amende de 7000 bahts pour conduite en état d'ébriété. Roger sort son portefeuille et compte difficilement les billets. Il en reste juste 7. Il se dit qu'il a du pot mais qu'il faudra qu'il aille au distributeur demain. Il repart, s'arrête en double file devant le condo, sort de la voiture, monte dans l'ascenseur et doit frapper plusieurs fois à la porte pour réveiller Koung. Quand celle ci, les yeux rougis par le sommeil ouvre, Roger se dirige vers la chambre sans un mot d'explication pour sa femme et s'écroule sur le lit sans même se déshabiller. Le flic, qui a fini sa journée, retourne lui aussi chez lui où l'attend sa femme et ses deux enfants. En chemin il se dit que l'information que Bo (la fille qui est partie dans la chambre des passes avec Roger) lui a donné sur le nombre de billets qui restaient dans le portefeuille du "farang gno muan kwai" (con comme un buffle) était bonne. La prochaine fois qu'il ira la baiser, il lui en donnera un.

Le lendemain, 10 heures du matin: Roger se réveille difficilement car il a la gueule de bois. Sa femme picore dans la cuisine un "khanom chin" acheté un peu plus tôt à la grosse marchande du bout du soi.

- KOUNG, CAFÉ!

A suivre...

Pays/territoire : Pattaya, Bang Lamung District, Chon Buri 20150, Thailand
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