vendredi 26 août 2016

Nouvelles - Caricature - Lek Issan : Le bonze pète les plombs

Suite d'une petite série de nouvelles écrites par un français vivant en Thailande depuis de longues années et ayant décidé de conter quelques histoires, histoires insolites, histoires vraies...puisées à partir de faits divers, d'observations, de témoignages et d'histoires vécues. Si cela se passe chez le voisin thaïlandais, le lecteur découvrira toutefois, et probablement souvent, quelques similitudes avec le Cambodge au sujet des déboires ou aventures de ces expatriés d'Asie du Sud-est. Aujourd'hui : Le bonze pète les plombs...

Bonzes à Bangkok. Photographie par Roberto Trombetta (CC)
Luang Po Sen était bonze depuis l'âge de dix ans. Lors des faits qui vont suivre il en avait 41. Sa vie de moine avait été tout ce qu'il y a de plus normale. Il savait très bien réciter la prière des trois joyaux et les habitants de Ban Nong Pla Douk, un petit village de la province d'Ubon, l'aimaient bien. On avait bien remarqué que, de temps en temps, il aimait bien se mettre du rouge à lèvres mais les gens toléraient cette petite excentricité. En bref, il aurait continué tranquillement son existence de bonze sans histoire si, un premier janvier, il n'avait pas perdu la boule.

Yai Naree avait, quant à elle, 58 ans. Elle était veuve depuis sept ans. C'était une bonne bouddhiste et elle ne manquait pas chaque matin de faire une offrande de nourriture aux moines. Elle n'oubliait jamais d'en rajouter un peu plus dans le bol d'aumône de Luang Po Sen car elle l'aimait bien. Ça ne servait a rien d'ailleurs car à leur retour au temple, les bonzes partageaient la nourriture offerte comme il se doit. Mais Luang Po Sen remarquait cette délicatesse qui ne le laissait pas indiffèrent.

Vers trois heures de l'après midi, le jour du nouvel an de l'an bouddhiste 2543,  Yai Naree fit appeler Luang Po Sen pour bénir sa maison car elle avait fait un mauvais rêve. Partout les villageois célébraient le nouvel an avec les membres de leur famille qui étaient venus de Bangkok, ou ils travaillaient, pour fêter l’événement en famille. Ce jour la, l'abus d'alcool fut phénoménal, rien qu'à Ban Nong Pla Douk il y eu sept mort dans des accidents de la route, tous des jeunes gens saouls qui conduisaient leurs motos comme des malades.

Avant de passer à la maison de Yai Naree, Luang Po Sen se désaltéra d'un "Krating Daeng" (boisson énergisante plus connue sous son nom Anglais de Red Bull). Puis il arriva chez la veuve. Au moment ou il pénétra dans la maison, Yai Naree sortait de la salle de bain. Elle fut tout d'abord surprise de voir Luang Po Sen car elle pensait qu'il arriverai plus tard. De saisissement , son Sarong mal noué tomba et elle se retrouva nue devant le bonze. Celui-ci sentit le sang lui monter a la tête. Bien qu'il fut puceau (les relations sexuelles sont interdites aux moines). Il se précipita sur elle et la viola. Cependant, selon la rumeur qui courut après cette histoire, la veuve l'aurait sérieusement allumé et ce ne serait pas vraiment un viol. En effet, ils furent seuls tous les deux pendant une demi-heure et aucun des voisins n'entendit de cris venant de la maison. Ce n'est que quant sa nièce pénétra dans la maison et les surprit sur le fait, que Yai Naree poussa des cris stridents "...Au viol, au viol, aidez moi..." qui furent entendus à 100 mètres à la ronde.

Luang Po Sen fut défroqué et passa deux ans en prison. Après sa libération, il se mit à son compte et devint diseur de bonne aventure sous le nom de maître Sen. Quelques années plus tard, il surprit de nouveau tout le village en épousant Yai Naree. Depuis, ils forment un couple heureux et sans histoires...

Pays/territoire : Thailand
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