dimanche 7 août 2016

Cambodge - Visa : A propos de retraite dans le royaume...

Dés cette semaine, le Cambodge s'apprête à joindre les quelques pays d'Asie du Sud-est qui misent sur le marché en pleine expansion des seniors avec la mise en place d'un visa spécial pour les retraités. Parmi ces pays, la Thailande, la Malaisie et les Philippines figurent en bonne place comme destination privilégiée pour les retraités. 

Phnom Penh. Photographie par Ashley (CC)
Phnom Penh. Photographie par Ashley (CC)
Alors que les retraités cherchent globalement à trouver des destinations agréables, voire exotiques, proposant un coût de la vie abordable et des formalités minimum, le Cambodge semble bien placé en raison de la possibilité de se loger et de se nourrir à des prix compétitifs, si comparés aux standards occidentaux. Quant aux formalités administratives, le Cambodge reste encore une destination peu stressante et plutôt abordable quant à la possibilité d'obtenir un visa de résidence avec entrées multiples. Alors qu'il devait être effectif à partir du 1er Août, les caractéristiques complètes et conditions d'obtention du visa retraite n'ont pas encore été annoncées officiellement. Les termes connus pour l'instant, d'après Sok Veasna, du département de l'immigration au ministère de l'intérieur, sont la preuve d'un statut de retraité dans le pays d'origine et une stabilité financière. A l'inverse du visa E ou visa ''ordinaire'', qui peut être prolongé en période de trois, six ou douze mois et qui permet de travailler sous certaines conditions, le visa retraite, officiellement dénommé visa ER, ne permettra pas d'exercer d'activité professionnelle. Les entrées multiples et sorties du pays seront autorisées, mais les possesseurs de visa ER ne pourront pas acheter d'immobilier dans le royaume. 

En Thailande, l'obtention du visa retraite exige un dépôt en banque de 800,000 Bahts (22,900 dollars US) ou la preuve d'un revenu mensuel. En sus, la Thailande exige un casier judiciaire vierge, ce qui ne serait certainement pas un luxe au Cambodge ou certains expatriés ancien faillis ou avec des casiers longs comme le bras pavanent jusque dans les représentations consulaires, un bilan de santé et une visite de contrôle au département de l'immigration tous les trois mois. Il n'est pas possible de travailler avec ce visa et l'achat de biens immobiliers n'est pas autorisé.

En Malaisie, le programme ''My Second Home'' (MM2H) propose un visa de dix ans. Les candidats doivent ouvrir, la première année, un compte en banque avec un dépôt équivalent à 37,000 dollars US environ ou justifier d'une retraite à l'étranger qui ne soit pas inférieure à 2470 dollars US par mois. La deuxième année, le dépôt bancaire exigé tombe à 24,000 dollars US. A l'image de la Thailande, un bilan médical est obligatoire et une assurance santé est exigée au moins pour la durée du visa. A l'inverse de la Thailande, les titulaires du visa longue durée peuvent acheter de l'immobilier, avec un achat minimum de 247,000 dollars US, et les personnes de plus de quarante ans sont autorisées à travailler à temps partiel.

Aux Philippines, le visa spécial retraite, Special Resident Retiree’s Visa (SRRV), exige des plus de cinquante ans qu'ils aient un dépôt en banque de 10,000 dollars US et une pension mensuelle de 800 $ pour un seul individu, de 1000 $ pour un couple.Là aussi, l'achat d'immobilier n'est pas permis.

Cambodge : le problème des infrastructures médicales
L'un des obstacles pouvant affecter l'attraction des seniors d’Outre-Atlantique pour une retraite dans le royaume serait le manque d'établissements accrédités JCI. L'accréditation JCI - Joint Commission International est un standard développé aux USA visant à établir des normes quant à la qualité des soins offerts aux personnes du troisième âge. Même si le concept d'un standard US pour ce type de prestation n'est pas une condition strictement officielle pour proposer des soins conformes aux exigences du troisième âge, les seniors y accordent une certaine importance et les autres pays d'Asie du Sud-est se sont mis au diapason ou sont en train. Il y a une cinquantaine établissements accrédités JCI en Thailande, treize en Malaisie et cinq aux Philippines. Le problème des transports vers les hôpitaux en cas d'urgence, qui existe aussi en Thailande, est aussi un souci en raison de la circulation dans la capitale Phnom Penh aux heures de pointes.

Phnom Penh, classée parmi les villes les moins chères d'Asie. Photographie par Phalinn Ooi (CC).
Le foncier pour les seniors
En février, soucieux de préparer convenablement le terrain pour accueillir les retraité, le ministère du tourisme avait préparé un projet de loi permettant le développement de résidences spéciales pour le troisième âge à travers le pays. Ce projet envisageait un statut spécial qui permettrait de vendre ou acheter de l'immobilier à l'intérieur de ces zones spéciales réservées aux retraités. Ces zones, prévues pour accueillir résidences, commerces, cliniques et centres de loisirs pour retraités devraient aussi répondre à un cahier des charges bien spécifique, avec des clauses incluant des possibilités de visas plus flexibles et sur de plus longues périodes. La proposition avait été bien accueillie mais reste encore à l'étude.

En Janvier dernier, le Cambodge était classé vingt-et-unième sur vingt-trois sur la liste des pays les plus accueillants pour les retraités par l'International Living’s 2016 Global Retirement Index. Le Cambodge était aussi indexé comme destination la moins chère pour y passer sa retraite. La Thaïlande arrivait en septième place et le Vietnam à la dernière. En Mai 2016, le site realestate.com.kh, notre partenaire, décrivait le Cambodge comme une destination attirant de plus en plus les Chinois fortunés. Alors que la tendance des Chinois pour l’achat d'immobilier à l'étranger connait une croissance à deux chiffres (+ 72%), le royaume espère bien attirer cette clientèle, pas forcément comme retraités mais aussi comme investisseurs privés à la recherche d'opportunités dans le secteur immobilier. Pourquoi ne pas alors proposer un visa plus flexible permettant retraite et investissements locaux, à l'image de la Malaisie ? 

Le Ministère du Tourisme cambodgien ne cache pas non plus ses ambitions d'atteindre la clientèle des seniors alors que, sur les 4,8 millions de touristes qui ont visité le royaume en 2015, seuls 4% avaient plus de 65 ans.  Dans le journal anglophone Phnom Penh Post, Chhay Khunlong, directeur adjoint au département du tourisme indiquait : ''...Le nombre de touristes du troisième âge risque d'augmenter de façon significative dans les années à venir, nous devons donc focaliser sur des services et des produits touristiques adaptés à cette clientèle. Ils doivent avoir accès à des soins de qualité et se voir proposer des possibilités de visa-séjour assez flexibles...''.

A bon entendeur..avec la Malaisie et la Thailande bien installés comme leaders dans cette niche commerciale au sein de l'Asean, le Cambodge a probablement ses chances d'attirer un nombre important de seniors, mais sous certaines conditions, surtout en ce qui concerne l’accès à la santé.

Pays/territoire : Cambodia
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