vendredi 26 août 2016

Archives - Souvenirs : Gilles Caron, photographe tué par les Khmers Rouges en 1970

Jeune photo-reporter à la carrière exceptionnelle mais éphémère, Gilles Caron naît à Neuilly-sur-Seine en 1939, il devient parachutiste en Algérie à la fin des années 50 et effectue quelques séjours en prison alors qu'il refuse de s'engager au combat. Gilles Caron rejoint l’agence Gamma en 1967 et couvre sur le terrain les grands conflits de l'époque (Israël, Tchécoslovaquie, Vietnam, Tchad…). Ses photos de mai 68 à Paris, en particulier celle du jeune Daniel Cohn-Bendit souriant béatement à un CRS, sont devenues des symboles de la révolution étudiante. Sa carrière s’arrête tragiquement le 5 avril 1970, Gilles Caron disparaît ce jour-là sur la route n°1 avec un collègue journaliste et un coopérant français, en allant couvrir les affrontements qui font rage à l’est du Cambodge, tout près de la frontière vietnamienne. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés

Gilles Caron sur le bac qui traverse le Mékong, le 5 avril 1970, jour de sa disparition
Des adolescents mobilisés pour combattre les Khmers rouges. L'ultime reportage de Gilles Caron
Au Cambodge, Gilles Caron couvrira principalement les événements de la guerre civile opposant les troupes de Lon Nol aux rebelles communistes khmers rouges. Son travail le plus engagé reste sa couverture du conflit vietnamien qui reste probablement une de ses œuvres les plus poignantes alors que le jeune reporter, qui ne cachait pas son engagement et sa sympathie pour les rebelles, s'évertuait à démontrer l'absurdité, et même l'ironie et le cynisme de cette guerre qui alors n'en finissait pas.

Des GI amènent des enfants à l'abri lors d'une menace Viêtcong
Soldat américain allumant une cigarette après l'incendie d'un village au Vietnam
Le lundi 10 décembre 2012 une commémoration avait lieu à Phnom Penh autour du monument érigé à la mémoire de Gilles Caron et des journalistes occidentaux tués au Cambodge. La cérémonie avait lieu à l’hôtel Royal de Phnom Penh, qui était au début des années 1970 le quartier général des correspondants du monde entier. D’un côté, sur le marbre de la stèle, une liste de 37 noms de journalistes cambodgiens et étrangers tués ou portés disparus pendant la guerre au Cambodge entre 1970 et 1975. De l’autre, une plaque de marbre blanc rédigée en khmer et en français, et la photo d'un journaliste de grand talent, parti bien trop vite...


Pays/territoire : Cambodia
Enregistrer un commentaire