lundi 27 juin 2016

Procès des Khmer Rouges : Les survivants veulent plus de clarté dans les procédures

Les survivants cambodgiens du régime des Khmers rouges viennent de lancer un appel pour plus de clarté dans leurs demandes d'indemnisation dans le cadre de l'action civile contre les dirigeants du ''Kampuchea Démocratique'', et se sont plaints d'un manque général d'information concernant les procédures juridiques au tribunal des khmer rouges.

Plusieurs survivants se sont rassemblés vendredi dans un restaurant à Phnom Penh, y compris Sem Hoeun, 53 ans, qui avait été employée de force par le régime pour transporter des engrais fabriqués à partir des restes des morts pour nourrir la ''révolution agraire''. Hoeun a déclaré qu'elle vivait toujours avec la douleur et la souffrance de ces jours passés, et a appelé les dirigeants actuels du pays à plus de compréhension. Hoeun a ajouté qu'elle souhaitait être indemnisée mais n'avait aucune idée concernant la procédure.


On estime qu'environ 1,7 million de Cambodgiens sont morts au cours du règne des Khmers rouges entre 1975 et 1979. Jusqu'à présent, seul l'ancien chef du centre notoire de sécurité S-21, Kaing Guek Eav, alias Duch, a été condamné pour crimes contre l'humanité, tandis que les procès du second commandant du régime Nuon Chea et du chef de l'Etat, Khieu Samphan, sont toujours en cours.

Kranh Tony, un représentant des Chambres extraordinaires des tribunaux cambodgiens (CETC), a déclaré que le tribunal aidait à poursuivre une action en réparation pour les survivants à travers dix-sept projets. Neth Pheaktra, un porte-parole des CETC, a déclaré que le tribunal cherchait davantage de fonds pour ces projets.

Sos Tonh, 54 ans, autre victime dont le père et les trois frères et sœurs ont été battus à mort sous Pol Pot, a suggéré un système de ''compensation collective" qui pourrait voir l'argent dépensé sur des projets communautaires : "...Je ne sais pas ce que je veux, nous entendons les mots rémunération et compensation, mais comment peuvent-ils nous offrir une compensation ? Peut-être est-il préférable de travailler à des projets communautaires, école et hôpitaux par exemple, pour la prochaine génération d'enfants cambodgiens...", a-t-il conclu.
Christophe Gargiulo avec VOA


Pays/territoire : Phnom Penh 12000, Cambodia
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