mardi 14 juin 2016

Politique - Aide étrangère - Premier Ministre : Je n'ai pas peur des menaces

Le Premier ministre Hun Sen, a violemment critiqué hier les appels récents à des sanctions contre le Cambodge, affirmant que les premières victimes de sanctions seraient les ONG.  Prenant la parole lors d'une cérémonie de remise des diplômes à Phnom Penh, M. Hun Sen a imploré les pays, sans les nommer, de ne pas couper l'aide et l'assistance au royaume, avant de faire l'éloge des liens étroits du royaume avec la Chine.

Le Premier ministre Hun Sen. Photo AKP
"...Je n'ai pas peur des menaces. Citant la Chine, le premier ministre a déclaré que celle-ci, à l'inverse de ceux qui menacent actuellement, n'avait jamais agi de la sorte vers le Cambodge. Le Royaume a sa propre politique indépendante et la Chine n'a jamais demandé au Cambodge de faire comme ceci ou comme cela...'', a ajouté M. Hun Sen, ajoutant que, si l'aide étrangère était coupée, le Cambodge avait des solutions de repli avec le soutien de la Banque asiatique de développement, la Banque d'investissement et des infrastructures de l'Asie, deux entités largement soutenues par Pékin.

La semaine dernière, le Parlement européen a publié une déclaration annonçant que le Service européen d'action extérieure (SEAE) devrait ajuster le "montant d'aide financière de l'Union Européenne en fonction de situation des droits de l'homme dans le pays." L'UE est le principal partenaire de l'aide au développement du Cambodge, avec une nouvelle allocation d'environ 461 millions $ pour la période 2014-2020, précisait la déclaration.

Le premier ministre a ensuite affirmé que les ONG seraient les plus touchées par les sanctions car beaucoup des salaires de leurs employés sont fournies par l'aide étrangère. ''...Je voudrais transmettre un message clair : Les ONG et leurs employés seront les premières victimes directes de mesures contre l'aide au développement. Vous ne me menacez pas, vous ne menacez pas le gouvernement, vous menacez les ONG... ", a ajouté le premier ministre. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Chum Sounry avait répondu dimanche que le gouvernement était étonné d'avoir lu le document adopté par le Parlement européen sur la base de 'tant de fausses accusations'', ajoutant que le Cambodge avait suivi les procédures légales appropriées pour toutes ses décisions judiciaires .

''...Le gouvernement royal du Cambodge ne croit pas que la liberté d'expression signifie la liberté d'insulter ou de communiquer des faux renseignements ou de diffamer quelqu'un», a déclaré M. Sounry. "Dans tous les pays occidentaux, il existe des lois punissant de telles pratiques. Le Cambodge ne doit pas faire exception. "

Dans une longue déclaration publiée hier, le ministère des Affaires étrangères a répondu au Parlement européen, abordant chacune de leurs préoccupations point par point et niant toutes les accusations portées contre le gouvernement. 

Am Sam Ath, un superviseur technique de la Licadho, a déclaré que même si l'Union européenne est un donateur important au Cambodge, sa déclaration vise simplement à améliorer les droits de l'homme et les conditions de la vie politique dans le royaume.

Pays/territoire : Phnom Penh 12000, Cambodia
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