mardi 10 mai 2016

France - Cambodge : Commémorer ensemble les accords de Paris et la visite de De Gaulle

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale S.E. Prak Sokhonn a rencontré hier après-midi l'ambassadeur français au Cambodge, S.E. Jean-Claude Poimboeuf, pour discuter de la commémoration de deux événements historiques majeurs concernant les relations entre les deux pays.

S.E. Jean-Claude Poimboeuf, et S.E. Prak Sokhonn
S.E. Jean-Claude Poimboeuf, et S.E. Prak Sokhonn
Les deux événements historiques sont le 25ème anniversaire des accords de paix de Paris et le 50ème anniversaire de la visite au Cambodge de l'ancien président français Charles de Gaulle. S.E, a déclaré Ouch Borith, secrétaire d'État pour le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, aux journalistes après la réunion. D'autres discussions seront nécessaires car la célébration ne concerne pas seulement le Cambodge et la France, mais aussi l'Indonésie, à l'époque partenaire de la Conférence de Paris sur le Cambodge.

le 23 octobre est un jour férié au Cambodge pour commémorer la signature des Accords de paix de Paris depuis 2012. Les Accords de paix de Paris  avaient permis à l'époque un règlement politique du conflit au Cambodge, il fut signé par le Cambodge et 18 autres nations en présence du Secrétaire général des Nations Unies. Cet accord a conduit à la première élection générale au Cambodge en 1993, sous la direction de l'Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC).
Par Chea Vannak - AKP Phnom Penh, mai 2016 -

NOTA (1) : Les accords de Paris sur le Cambodge du 23 octobre 1991 visaient à mettre fin à la guerre civile entre les forces de l'État du Cambodge d'une part et les Khmers rouges ainsi que les autres factions de la Résistance Nationale Cambodgienne d'autre part. Cette guerre civile débuta avec l'intervention vietnamienne en 1979. Ils ont permis l'établissement d'une autorité provisoire de l'ONU pour préparer une nouvelle constitution et le retour de la Monarchie au Cambodge. 

Norodom Sihanoul, Roland Dumas et Hun Sèn
Ces accords furent signés par les représentants de 18 pays et par les 12 membres du Conseil National Suprême Cambodgien mis en place le 17 juillet 1991 à Paris au Centre des conférences internationales de l’avenue Kléber :
Le Prince Norodom Sihanouk, Président du Conseil National Suprême;
Les représentants de l'État du Cambodge : Hun Sen, Dith Munty, Sin Sen, Tea Banh, Hor Namhong, Im Chhun Lim;
Les représentants des khmers rouges : Khieu Samphân, Son Sen ;
Les représentants du Front national de libération du peuple khmer : Son Sann, Ieng Mouly;
Les sihanoukistes (FUNCINPEC) : le Prince Norodom Ranariddh.
Ces accords sont l'aboutissement d'un ensemble de conférences ayant lieu à Paris depuis 1989 et ayant réuni les différentes parties. Toutefois, les factions dures des khmers rouges réfugiées dans le Nord-est du pays refusèrent les élections.

NOTA (2) : De Gaulle et le discours de Phnom Penh
Le discours de Phnom Penh est un discours prononcé par le Président de la République française Charles de Gaulle dans le stade olympique de la capitale du Cambodge, Phnom Penh, le 1er septembre 1966, devant une foule de plus de 100 000 personnes. Depuis 1959, les États-Unis combattent au Viêt Nam, eux qui avaient critiqués l'intervention militaire française dans ces territoires quelques années auparavant. Ce discours est donc l'occasion pour de Gaulle de montrer, d'une part, que la France s'intéresse toujours à ses anciennes colonies et d'autre part, que la France n'adhère pas nécessairement à la politique étrangère des États-Unis. Comme une revanche, de Gaulle critique à son tour l'intervention américaine au Viêt Nam. Si le discours eut un certain retentissement en France, les Américains ne témoignèrent qu’un léger agacement et ne modifièrent en rien leur position sur la guerre au Viêt Nam. La période qui suit correspond à une perte progressive de l’influence de Sihanouk sur les affaires du Cambodge. Alors que la présence des troupes du Việt Cộng se faisait de jour en jour plus sentir à l’est, les élites pro-américaines prenaient une importance croissante à Phnom Penh, jusqu’à participer à déposer le prince en 1970, choisissant l’alignement sur Washington qui allait déclencher un engrenage précipitant le pays dans la guerre


Pays/territoire : Cambodia
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