dimanche 29 mai 2016

Documentaire - Disponible en ligne : Cambodge, le petit train de bambous

"Norry", un train de fortune en bambous et vieux moteurs, maintient le lien social dans le Nord du Cambodge.

Photo par Henry Flower
Construit par des paysans à partir de bambous et de vieux moteurs de générateurs, roulant sur une voie ferrée désaffectée dans le nord du Cambodge, ce petit train de fortune permet aux habitants de la région de maintenir une vie sociale. Sans lui, il n'y aurait pas de commerce, de fêtes de famille ou de visite du médecin.

Voir le documentaire :


Les premiers modèles apparurent au début des années 1970 : ils permettaient au personnel chargé d’entretenir les voies ferrées de se déplacer. Ils n’avaient pas de moteurs et leurs utilisateurs les propulsaient en utilisant de longues perches de bambou. Dans les années 1980, ils servirent à amener les soldats vietnamiens et leurs alliés vers le front. C’est à ce moment que les villageois, pour pallier le mauvais état du réseau routier, commencèrent à assembler leurs premiers Norry grâce à des pièces récupérées sur des chars d’assaut abandonnés par les belligérants.

Aujourd’hui, les moteurs de bateaux ont supplanté les perches de bambou pour faire avancer les engins. Chacun d’entre eux, suivant ses dimensions peut transporter jusqu’à une quinzaine de personnes (ou trois fois moins s’il s’agit de touristes) ou jusqu’à 1,5 tonne de marchandises à une vitesse maximum de 30 km/h environ. La propulsion est assurée par des moteurs de bateau antédiluvien, le système de freinage (au pied) est réduit à sa plus simple expression et le confort est très spartiate. Il existe deux classes : Avec coussin pour les touristes (5 maximum) ou sans pour les autochtones (au moins quinze).

Particularité spectaculaire, les voies étant uniques, les Norry doivent être suffisamment légers pour pouvoir être démontés en moins de deux minutes s’ils croisent un autre norry. L’usage veut alors que le moins chargé des deux cède la place. Les deux norries s’arrêtent en face l’un de l’autre, leurs « chauffeurs » descendent et procèdent au déchargement du norry le moins chargé (ou font descendre ses passagers). Son chargement ou ses passagers sont mis en attente sur le bas côté. Son moteur est désaccouplé de l’essieu moteur. Sa plateforme est ensuite déposée sur le bas côté de la voie, puis ses essieux. L’autre véhicule avance de quelques mètres, puis les deux conducteurs procèdent au réassemblage du norry démonté et au réembarquement des passagers ou de la cargaison.

L’arrêt de la liaison ferroviaire entre Phnom Penh et Battambang en 2009 a renforcé la place des trains de bambou dans le transport des marchandises et des passagers. À ces derniers s’est rajoutée une clientèle de touristes de plus en plus nombreuse, désireuse de découvrir ce mode de transport original. Toutefois, les jours des Norries semblent comptés depuis qu’un accord entre le gouvernement cambodgien et des sociétés privées a été signé, visant à remettre les 612 km du réseau ferré en service (projet Trans-Asian Railway). Il est prévu que des trains circuleront plusieurs fois par jour à vitesse « normale » : ils ne pourront donc plus partager les voies avec les « trains de bambou ».
Source Wiki Commons

Pays/territoire : Cambodia
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