vendredi 27 mai 2016

Cambodge - USA - Textile : Gap au bord du dépôt de bilan

Alors même que le géant du vêtement basé à San Francisco se trouve malmené par les rapports d'ONG concernant les conditions de travail des ouvriers des usines textiles qui le fournissent, les analystes soulignent les difficultés de Gap à maintenir sa part de marché, et avancent même l'hypothèse d'un dépôt de bilan nécessaire et quasi-immédiat qui devrait permettre à l'entreprise un redressement et une restructuration rapides sous l’œil vigilant de l'US Bankruptcy Court.

Ouvrière du textile au Cambodge . Photo ILO (cc)
Ce n'est pas tant sa capacité financière à surmonter les difficultés qui sont en cause, le groupe peut encore dormir sur des liquidités confortables pendant plusieurs années, ce serait plutôt son modèle commercial qui serait remis en cause et aussi sa faible capacité à affronter la concurrence grandissante des ventes en ligne , ainsi que ses difficultés à revitaliser sa gamme de produits. Les analystes du San Francisco Chronicle n'hésitent pas à parler de modèle d'entreprise irrémédiablement brisé.


"Gap Inc. est déterminé à maintenir une approche disciplinée sur le plan financier dans la poursuite de la transformation de notre entreprise. Nous avons un bilan solide et nous prenons des décisions prudentes de politique financière...", a déclaré la porte-parole Jennifer Poppers. Toutefois Gap a beaucoup de mal à défendre ses collections et  les acheteurs sont en train de changer leurs dollars pour l'Internet et, les fast-fashion concurrents comme Uniqlo, Zara et H & M. Gap qui sont aussi principalement dépendants de centres commerciaux, subissent tout comme Gap une pression énorme du commerce électronique. Avec les ventes en magasin qui s'effondrent, Gap a de plus en pus de difficultés pour générer l'argent dont il a besoin pour garder les investisseurs heureux et payer les factures.

''L'époque Gap est révolue...'', déclare un consultant en ventes de détail à Chicago, Brian Kelly. ''...Ils ne prennent même plus soin de leurs magasins. Quand une marque en arrive à ce point, c'est jeu, set et match, c'est fini...'', ajoute-t-il. Pire, alors que la marque était au somment des tendances dans les années 1990, Matthew Boss, analyste chez J.P Morgan, parle de nouvelles collections de vêtements ternes et d'une désaffection dramatique de la clientèle. Gap cède le pas aux détaillants fast-mode comme Uniqlo et H & M, parce que ces entreprises ont été en mesure d'apporter plus rapidement de nouveaux produits dans les magasins et de renouveler la marchandise quand une tendance se fane. Gap est toujours coincé avec son ancien modèle de collections planifiées un an à l'avance, et les goûts peuvent considérablement changer en douze mois. Vitesse, pas fidélité à la marque, est ce qui motive les acheteurs ces jours-ci.

Quant à une reconversion de GAP vers la vente en ligne : ''...Gap n'a pas le punch pour être une marque Internet viable...'' murmure-t-on, tout est dit. Voilà qui ne devrait pas arranger les affaires des milliers de petites mains qui travaillent dans les usines cambodgiennes pour fournir Gap. Déjà malmenées par des salaires trop bas et des conditions sociales difficiles, les ouvriers du textile dans le royaume risquent à présent de se voir privés d'un de leurs meilleurs clients américains et donc de leur emploi.

Pays/territoire : United States
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