vendredi 1 avril 2016

ONG : la Fondation Éléphant Blanc d'Honorine

Dans la série des portraits d'ONG de proximité, découvrir la fondation Éléphant Blanc (FEB), une ONG dirigée par l'énergique Honorine Fitte, Cambodgienne de naissance de cœur et de passion :

A propos de la Fondation Éléphant Blanc (FEB) :
La FEB est  une fondation cambodgienne dont le siège est  situé dans la capitale du royaume, Phnom Penh. Cette fondation vient en aide à de jeunes orphelins handicapés en leur procurant accompagnement scolaire, repas, produits d’hygiène et soins…La fondation  prend aussi en charge les frais de scolarité des enfants de familles démunies afin qu’ils puissent poursuivre leurs études le plus loin possible. La FEB est dirigée par ses créateurs, une Franco-Cambodgienne, Honorine et son époux , Jean Luc Fitte, et est reconnue par le ministère des affaires sociales depuis le 05 décembre 2011. La Fondation est également reconnue par le Ministère de l’Intérieur qui lui a délivré un agrément en date du 09 juin 2011. C’est une condition indispensable pour pouvoir travailler au Cambodge auprès des orphelinats cambodgiens et des populations démunies des villages reculés ou bidonvilles.

Honorine Fitte, présidente de la fondation FEB en compagnie d'une jeune handicapée.
Honorine Fitte, présidente de la fondation FEB en compagnie d'une jeune handicapée.
La FEB  travaille sur des projets à long terme mais peut également intervenir dans des situations d’urgence. Son champ d’action s’étend à plusieurs régions du royaume : A l’orphelinat de Kieng Kleang, à l’orphelinat de Steung Mean Chey (National Borei for Infants and children - anciennement  Chom Chau), vers les communautés de Phsaar Dem Sku (Phnom Penh), des îles  de la Soie et d'Areykhsat. La fondation collabore avec plusieurs ONG françaises et accueille régulièrement des missions d’élèves infirmiers et/ou d'étudiants de  médecine qui viennent prêter main forte sur le terrain aux dirigeants de la fondation.

Quelques Programmes de la Fondation

Orphelinat de Kien Kleang :
Cet orphelinat se situe de l’autre côté du fleuve Tonlé Bassac. On y accède par un pont financé et offert  par les Japonais d’où le nom d’orphelinat du pont japonais. C’est un ancien couvent des soeurs carmélites qui date de l’époque du protectorat français et les bâtiments de style colonial s’abîment, faute de financements pour leur rénovation. Cet orphelinat  est l’un des plus anciens du royaume, il abritait cent-trente enfants auparavant quasiment livrés à eux-mêmes ainsi que six handicapés physiques et mentaux adultes qui cohabitent avec les autres pensionnaires. Avec l’aide des équipes d'étudiants en pharmacie et médecine, la FEB a pu entreprendre et finaliser la rénovation complète de plusieurs chambres,  dortoirs, infirmerie et le dallage de plusieurs chemins d’accès aux pavillons des enfants, tout au long des années 2009 à 2012. Elle a organisé également des sorties et journées de loisirs pour les enfants de l’orphelinat vers la ville de Siemreap. La FEB  apporte aussi une aide alimentaire et fournit quelques équipements de base pour les vingt familles du bidonville situé derrière l’orphelinat.

Les enfants de l'orphelinat de Koh Kong d'avant 2012
Orphelinat de Koh Kong d'AVANT 2012
Les actions auprès de cet orphelinat, dont les enfants vivaient auparavant dans des conditions rudimentaires, ont été nombreuses et ce, depuis 2007 alors que la fondation n’existait pas encore officiellement. La présidente a entrepris  de remettre en état les bâtiments (construction d’une grande cuisine-atelier, d’un abri à vélos, de sanitaires, d’une aire de repos et d’une aire de jeux) et de créer un potager. Des campagnes de prévention et de soins ont aussi été menées par des dentistes et médecins bénévoles, tout ceci , AVANT  2012.

Orphelinat Steung Mean Chey
Honorine Fitte et les enfants de Steung Mean Chey - Chom Chau
Orphelinat de Steung Mean Chey - Chom Chau
C'est un orphelinat de l'Etat cambodgien situé dans la commune de Steung Mean Chey /Chom Chau que la présidente Honorine Fitte aide réguliérement depuis plusieurs années . L’orphelinat regroupe plus de cent-dix enfants, tous handicapés (moteurs, psychomoteurs, autistes) ou malades (séropositifs). La FEB vient en aide  en procurant du riz, des repas, en organisant des sorties, par des distributions de vêtements et produits d'hygiène. Elle a entrepris des travaux de dallage sur le site et permis aussi la construction de deux blocs sanitaires. Depuis plusieurs années, elle organise aussi des sorties à Sihanoukville pour tout l'orphelinat et offre des repas de fête pour les enfants. Elle leur apporte régulièrement des compléments de repas afin que ces enfants déficients puissent mieux se nourrir. Au quotidien, les enfants sont pris en charge physiquement par des assistantes maternelles dévouées corps et âme dont certaines d'entre elles travaillent déjà depuis plus de dix  ans dans les anciens locaux, avec un salaire dérisoire.

Honorine Fitte et les enfants de Phsaar Dem Skov
Les communautés de Phsaar Dem Skov
Il s’agit d’un programme récent visant à aider les journaliers du bâtiment et leurs familles qui vivent dans des conditions précaires sur les sites de construction alors que Phnom Penh connait un boom immobilier sans précédent. La fondation organise des distributions de vivres, fournit des médicaments, des vêtements et organise des visites médicales en partenariat avec l’association AAC (Actions Aides Cambodge), également dirigée par Honorine Fitte.

Les habitants de l''île de la Soie et d'Areykhsat
En partenariat avec deux  associations, l'une,  canadienne "Voyager pour l'Humanité" (VPH) et l' autre de Hong Kong,  "Cook for a Smile" (CfAS), la FEB a permis à plusieurs familles qui vivaient dans des taudis et incapables de subvenir à leurs besoins de pouvoir bénéficier de logements sur pilotis décents. Cette opération a pu être menée à terme aussi grâce au soutien de généreuses donatrices canadiennes.

A propos de la présidente...
Née au Cambodge, Honorine Fitte poursuit sa scolarité au lycée français René Descartes de Phnom Penh de 1965 à 1974. Ensuite, elle a  quitté son pays pour poursuivre ses études en France, et ce, avant l'arrivée des Khmers Rouges.  Après les années de guerres et d’invasions, elle revient au pays avec son époux Jean-Luc pour découvrir ce qui a été détruit en plus des vies humaines : l'éducation, le savoir, le partage, le sens de la famille. Le peuple cambodgien ne peut que se relever lentement de son cauchemar. Le souhait le plus cher d'Honorine est que son pays qu’elle adore, puisse s'épanouir, se développer correctement et que les enfants puissent avoir accès à l'éducation.

Honorine Fitte sur le terrain
Depuis son retour, elle partage donc son temps entre la France et le Cambodge pour mieux se consacrer à son pays en s'investissant dans différentes programmes humanitaires. Honorine raconte :  ’’... Le Cambodge est mon pays, l’un des pays les pauvres au monde, le pays où je suis née et que j’aime. Ce pays, qui a connu des guerres successives depuis les années 1970, la folie meurtrière des Khmers rouges, la colonisation du Vietnam de 1979 à 1989, a laissé ainsi de nombreux orphelins livrés à eux-mêmes, ou à la merci de prédateurs. Ces malheurs ont provoqué une sorte de déracinement de ses habitants, un égarement face à la normalité dû à l'endoctrinement des Khmers rouges…’’

Quant aux raisons de son engagement humanitaire : ‘’…A ce jour, ce petit peuple se relève tout doucement et essaie d'oublier cette période d'horreur qui a tout détruit , y compris le partage et le sens de la famille ! Je vis en France depuis plus de quarante ans, et j’ai la chance d’avoir eu une éducation qui m’a permis de recevoir les valeurs morales, sociales et familiales. Je suis mère de deux grands enfants, et je suis sensible à la souffrance des enfants qui ont perdu leur(s) parent(s). C’est pourquoi, je me suis tournée vers les enfants et les démunis de mon pays pour leur apporter un peu de mon soutien, de mes expériences, afin de les sensibiliser et leur permettre aussi l’accès à l’éducation. A ce jour, nous sommes peu nombreux et nos actions se situent principalement sur le terrain car je partage désormais ma vie entre la France et le Cambodge. La France, où je suis arrivée en pleine adolescence, m’a donné cette force de me battre, cette liberté de combattre et surtout cette volonté de m’en sortir, grâce à l’éducation que j’ai reçue de mes parents qui m’ont permis très tôt de suivre une scolarité normale…’’ Concernant le travail d’équipe, la présidente explique : ‘’…La Fondation reçoit des bénévoles sans qui  notre travail sur le terrain ne pourrait pas être aussi efficace. Nous recevons aussi des dons (matériel) d’amis  et divers donateurs que je remercie vivement…’’
Pour en savoir plus et contacter la fondation : fondation-elephantblanc.org et la page Facebook

Pays/territoire : Cambodia
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