mercredi 17 février 2016

Journalisme - Clin d’œil : rencontre avec Jean Bertolino

Jean Bertolino est au Cambodge pour quelques jours, un pays tout particulier  pour le grand reporter, journaliste et romancier, car c'est ici qu'il fera ses premières armes de journaliste dans les années 1960 en proposant des correspondances pour le journal La Croix. Nous sommes alors en pleine période du Sangkum, cette fameuse époque tant regrettée qui précéda la guerre civile et l'émergence des Khmers Rouges. Mais, Jean Bertolino n'est pas seulement un ancien correspondant qui revient tout teinté de nostalgie dans le pays de ses débuts. Jean Bertolino est surtout celui qui a donné ses grandes lettres de noblesse au genre documentaire avec cette série ''52 sur la Une'' que le public français et francophone suivra pendant treize ans et 154 numéros sur TF1. 

52 sur la Une, 13 ans et 154 épisodes
Chacun se souvient de son visage bonhomme, de ses qualités de conteur, de la passion qu'il faisait partager alors qu'il introduisait ses reportages avant leur diffusion dans la petite lucarne en deuxième partie de soirée. A travers des sujets que le réalisateur - journaliste choisissait à travers des ''fixeurs - repéreurs'' qu'ils recrutaient, dans des pays déjà visités, Jean Bertolino donnera la parole, montrera la vie, partagera l'inédit avec, dit-il, '' ceux dont habituellement on ne parle pas''. Et c'est cela qui émerveillera des dizaines de millions de téléspectateurs à travers le monde, cette capacité à raconter une histoire dont le ou les héros sont des gens simples, ordinaires même,  mais dont l'environnement les pousse à accomplir des choses hors du commun. ''Quand certains n'ont rien, ils réalisent des choses extraordinaires...'' ajoute-t-il. 

 Jean Bertolino (gauche)
Si le toujours énergique octogénaire ne tarit pas d'anecdotes sur ses aventures en Colombie, sa terre de tournage et de cœur, il fut l'un des rares journalistes français à avoir rencontré les barons de la drogue Escobar et  Ochoa, il ne manque pas d'anecdotes non plus sur le Cambodge, sur sa rencontre avec Bernard-Philippe Groslier et leurs ballades autour des temples de Banteay Srei. Bertolino raconte aussi Phnom Penh et sa douce insouciance du Sangkum, sa rencontre avec le roi Sihanouk qui aimait ses écrits et voulait qu'il travaille alors pour son journal de l'époque. Jean Bertolino refusera mais les deux hommes continueront d’entretenir une relation de respect et d'estime. Le roi-père en viendra même à le décorer. Peut-être Sihanouk pressentait-il alors qu'il récompensait à l'avance un jeune journaliste dont la contribution allait, durant près d'un demi-siècle, enrichir considérablement le patrimoine audio-visuel français. Aujourd'hui, le vieil homme ne tourne plus, il écrit, profite de son temps libre et voyage : ''L'écriture est ma gymnastique quotidienne, quand nous prenons de l'âge, il faut faire travailler notre cerveau, nos synapses...'' déclare-t-il, les yeux pétillants avant de se prêter à une séance photo avec ses invités ravis de poser aux cotés de celui qui fut notre compagnon de voyage et d'aventure, notre livre d'images, notre Oncle Paul chaque semaine, pendant treize ans, dans la petite lucarne. 
Pays/territoire : Phnom Penh 12000, Cambodia
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