vendredi 5 février 2016

Interview : Bunna Cornut, Pour moi, l'aliment est La Vie !

Interview avec Bunna Cornut, première franchisée de La Vie Claire au Cambodge. Jeune Cambodgienne ayant brillamment réussi ses études de droit, entamé une carrière outre-mer en Nouvelle-Calédonie avant de revenir dans son pays natal, Bunna livre quelques impressions sur le Cambodge de son enfance, son expérience de juriste à Nouméa et le Phnom Penh d'aujourd'hui.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
J'ai 34 ans et juriste de formation. Je suis partie en France en septembre 1999 pour suivre mes études de droit à Lyon, jusqu'au Doctorat. J'ai obtenu le Doctorat en droit international privé en 2007.

Avez-vous quelques souvenirs de votre enfance à Phnom Penh dans les années 80 ?
Dans les années 80, le peu de souvenirs que j'ai de  Phnom Penh est une ville qui n'avait pas autant d'immeubles qu'aujourd'hui, pas d'embouteillages, ni cette pollution atmosphérique qu’on peut ressentir aujourd'hui aux heures de pointe. Nous n'avions pas partout l'eau potable au robinet, ni une électricité disponible comme aujourd'hui 24h/24h. Nous utilisions partout des feuilles de lotus ou de bananier pour emballer la nourriture, des feuilles de cocotier comme cuillère, etc. Les fruits, légumes, herbes aromatiques, viandes avaient du goût et étaient variés. Je jouais avec des baguettes, des citrons, des fleurs, des fourmis, en gros, j'étais plus en contact avec la nature.

Bunna Cornut dans son magasin La Vie Claire Cambodia
Vous avez exercé en Nouvelle-Calédonie, pouvez-vous nous en parler, vos impressions, votre carrière ?
J'ai été juriste libérale en Nouvelle-Calédonie pendant trois ans.  J'ai proposé différentes prestations juridiques comme la rédaction d'acte, le conseil et le contentieux, mais je ne plaidais pas devant les juridictions. Le contentieux est à la fois intéressant et stressant, car il faut  être à l'écoute des clients qui confondent souvent le rôle de juriste et de psychologue. Mon niveau doctoral me permet d'avoir une vision globale d'un problème juridique, ce qui me permet de le résoudre de façon complète, dans tous ses aspects. Je ne regrette pas d'avoir choisi le droit comme formation, car il permet d'avoir des compétences très larges sur de nombreuses questions de société.

Vous êtes revenue au Cambodge ouvrir une franchise de magasin bio, pour quelles raisons ?
Après 15 ans de vie à l'étranger, j'envisage de revenir m'installer dans mon pays natal. Lors de mes nombreux séjours au Cambodge, j'ai avant tout cherché des produits bio, des vrais, sans  pesticide, ni quelconque ajout de produits chimiques comme du colorant chimique, des arômes artificiels, des conservateurs, des exhausteurs de goût et encore bien d'autres.... pour moi-même, mais j'en trouvais très peu. En revanche, l'usage au Cambodge des pesticides et produits chimiques comme conservateur, etc., fait très peur, car ces produits sont, et c'est scientifiquement prouvé, néfastes tant pour la santé humaine que pour l'environnement.

Bunna Cornut 
A l'heure actuelle, au Cambodge, aucun organisme ne peut réellement certifier et garantir la qualité bio avec le standard international. Et, il ne suffit pas de dire qu'un produit est bio, de coller une étiquette marquée « bio », pour que les aliments soient réellement bio. Ce constat suppose une réflexion sur la nécessité d'introduire une nouvelle façon de consommer au Cambodge, notamment en initiant les Cambodgiens aux aliments biologiques, aux aliments complets, c'est-à-dire les aliments les plus sains pour la santé. Cette voie est désormais possible, grâce à La Vie Claire en France qui accepte de m'accompagner dans cette nouvelle expérience.

Comment trouvez-vous le Cambodge depuis votre retour ?
Phnom Penh a un autre visage, la ville se développe à une vitesse grand V.  En un mot : la modernité. Mais, un point négatif est l'usage sans commune mesure des sacs en plastique, des emballages en polystyrène, etc., pour emporter la nourriture. Les Cambodgiens continuent à jeter des choses sur la rue sans penser aux conséquences sur la santé et l'environnement. Pourtant, tout le monde a envie d'avoir une maison propre et saine. Or, la rue est aussi, par extension, notre maison.  Pourquoi n'en prenons-nous pas soin ? J'ai du mal à le comprendre !

Quels sont vos projets sur le long terme ?
Je suis personnellement convaincue des bienfaits des produits biologiques, naturels, sains, complets et/ou qui subissent peu de transformation. Je souhaite par conséquent développer la filière des produits locaux biologiques, sains et de qualité, à l'instar de La Vie Claire en France, afin d'aider mes compatriotes et les personnes qui vivent au Cambodge à mieux se nourrir et à devenir des « conso-acteurs ». Pour moi, l'aliment est La Vie ! Nous devons utiliser notre argent pour acheter une meilleure nourriture, c'est-à-dire un aliment vivant, sain et biologique, pour notre vie, pour notre famille. Je me permets ici de rapporter la phrase du fondateur de La Vie Claire en France, Henri-Charles GEFFROY, qui a du sens et surtout à présent au Cambodge : «  Vous n'êtes pas malade, mais votre corps est affaibli par la nourriture de mauvaise qualité »...

La Vie Clare à Phnom Penh
La santé de la population est aussi la santé économique du pays. Il est donc plus qu'essentiel de prendre soin de notre santé en améliorant notre alimentation. Je sais que ce projet va prendre du temps et demande du soutien. Mais je crois en l'avenir car les Cambodgiens commencent à prendre soin de leur santé, santé qui n'a pas de prix pour l'humanité toute entière ! Tous ensemble pour une Vie saine au Cambodge !
Pays/territoire : Phnom Penh 12000, Cambodia
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