samedi 9 janvier 2016

Vidéo : A propos de la Déchirure

NDLR : Sortie en 1984, cette oeuvre du britannique Rolland Joffe, alors réalisateur débutant,  reste un film fort, peut-être le seul jusqu'à aujourd'hui à avoir plutôt fidèlement illustré le règne terrible des Khmers Rouges à travers une aventure de journalistes. Est-ce un grand film ? Assurément, au vu du nombre incroyable de récompenses qu'il a obtenues à travers le monde, et en particulier grâce à l'interprétation exceptionnelle de Dith Pran par Haing S. Ngor qui marquera longtemps les esprits. Est-ce un film très fidèle ? Peut-être ...Toutefois, pour l'avoir regardé à plusieurs reprises, lors de sa sortie, et après avoir rencontré un des survivants de l'ambassade de France bien longtemps après, il semble que le portrait de Schanberg ( Sam Waterston) ait été un peu édulcoré, presque ramolli par rapport à la réalité. D'après certains témoignages, Schanberg aurait été bien moins soucieux du sort de son assistant dans la réalité. Parmi les petits défauts, mais cela est une opinion quasi-personnelle, le choix de la chanson ''Imagine'' de Lennon lors de la scène des retrouvailles fleure la démagogie...On peu aussi s'interroger du choix de Waterston dans l'interprétation de Schanberg alors que le réalisateur avait sous la main un Malkovitch plus ressemblant physiquement et certainement bien meilleur acteur...Pour la petite histoire, les connaisseurs auront reconnu le Prince Sisowath Duong Chivan Monirak dans le rôle du khmer rouge modéré, qui fut aussi le premier époux de S.A.R Buppha Devi. 

Synopsis : À l'heure où le conflit américano-vietnamien déborde sur le territoire du Cambodge, Sydney Schanberg, un journaliste américain au New York Times, est un des rares reporters à être encore dans le pays au moment de la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges. Seule l'intervention de son assistant cambodgien Dith Pran lui sauve la vie. Les deux hommes se réfugient à l'ambassade de France, mais alors que Shanberg parvient à regagner in extremis les États-Unis, Pran est déporté comme ses compatriotes dans un camp de travail. Le journaliste américain va faire son possible pour retrouver Pran.

Dith Pran par Haing S. Ngor
Critique :
Auréolé par quelques succès internationaux dont Les chariots de feu, le producteur britannique David Puttnam a pour ambition en ce début des années 80 de redorer le blason du cinéma anglais en coopérant avec de grands studios américains. Il s’attaque donc à des sujets très ambitieux, notamment cette incroyable histoire d’amitié qui lie un journaliste américain à son collègue cambodgien Dith Pran. Il confie la réalisation de ce projet à Roland Joffé dont ce sont les tous premiers pas derrière la caméra. Coup d’essai et coup de maître pour ce metteur en scène classique qui chausse les pas d’un David Lean dans sa volonté d’émouvoir à partir d’un sujet fort. Et de fait, il fallait oser, en 1984, évoquer le génocide cambodgien, qui, rappellons-le a entrainé la mort de plus de deux millions de personnes dans l’indifférence générale. Lire la suite...
Pays/territoire : Cambodia
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