mardi 12 janvier 2016

Peintre d'Indochine : Jean Bouchaud

Jean Bouchaud est issu d’une famille d’artistes: un de ses grand-pères fut peintre, ami de Corot et d’Harpignies, son père Adolphe sculpta en amateur, et ses trois de ses frères furent eux aussi peintres. Après s'être initié à l'aquarelle en Italie (1909-1912), il réalise des croquis au front pendant la Première Guerre mondiale. En 1919, il est démobilisé en Tunisie dont il découvre la lumière. Jeune artiste plein de talent mais sans maître, il est remarqué lors du concours de Rome de 1920 par Maurice Denis et Marcel Baschet. Il séjourne ensuite au Maroc où, sur une recommandation de M. Baschet, il est présenté au maréchal Lyautey. Titulaire d'une des deux bourses accordées en 1921 pour devenir pensionnaire de la villa Abd El Tif d'Alger, il y fait la connaissance de Jean Launois. Il expose au Palais d’été d'Alger Les Présents au nouveau né et l’Écrivain public. Le sculpteur Paul Landowski s'en porte acquéreur. Par la suite, il participe à l’exposition « le Maroc vu par les peintres contemporains » à Paris. 

Oeuvre de Jean Bouchaud
Titulaire d’une bourse du gouvernement de Hanoi, il se rend en Indochine en 1924-25 où il séjourne à Phnom Penh, Angkor, Saigon et Hué. Il rejoint le Laos à cheval (Vientiane, Luang Prabang), puis Hanoi et s'aventure jusqu'en Chine où il entre en contact avec les populations lolo à Yunan Fou. Il obtient la médaille d'or au Salon des artistes français de 1928 pour son oeuvre Laveuses cochinchinoises (Dalat, en pays Moï). En 1929-1931, Lyautey lui confie la direction artistique (peinture) de la future exposition coloniale de Paris-Vincennes. Il exécute notamment une composition murale de 1 300 mètres carrés. En 1932-1933, il bivouaque en solitaire au Sénégal, en Guinée, en Côte d'Ivoire et au Dahomey (Bénin). Il se rend en reportage chez les Foulbé et dans les tribus Somba. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur et chevalier de l’étoile noire du Bénin en 1934. Comme de nombreux artistes, il est sollicité pour la décoration du paquebot Normandie: il décore la salle à manger de luxe (quatre panneaux) en 1935 puis le pavillon de la Bretagne à l’exposition internationale de Paris de 1937: Armor & Argoat et compose pour le grand hall du palais de la France d’outremer à l’exposition internationale World's Fair de New York en 1939. Il rejoint les armées en 1939 comme correspondant de guerre, envoyé spécial de l'Illustration, auprès des troupes coloniales dans la région de Fréjus. En 1942, il réalise un carton de tapisserie sur le thème « La Bretagne » destinée à la préfecture de Quimper, variante d’Armor-Argoat composée en 1937. Sédentarisé par les évènements, il réalise la Cour d’Amour au Laos, qui lui valut d'obtenir la médaille d'honneur du salon des Artistes français. 

Cour d’Amour au Laos de Jean Bouchaud
Il est nommé peintre de la Marine en 1942 et illustre une page de l'ouvrage « A la gloire de notre pavillon » (Secrétariat d’Etat à la Marine et aux Colonies - 1943). Peintre aux armées, il participe avec l'armée française aux campagnes d'Alsace et d'Allemagne (1ère armée du général de Lattre de Tassigny) et sera sollicité pour illustrer « Les souffrances de la France » sous la direction de A. Bourgeois (La Lithographie 1945). Après la Seconde Guerre mondiale, il réalise la décoration de plusieurs paquebots de la Compagnie générale transatlantique (CGT). Il est nommé par ses pairs membre de l’Institut de France, académie des Beaux-Arts (section peinture) en 1951, au fauteuil de George Desvallières. En 1953, il dessine pour la Manufacture nationale des Gobelins un carton de tapisserie « Fête laotienne», inspiré de la Cour d'Amour au Laos. Il est nommé officier de la Légion d’honneur. De 1957 à 1964, il décore un lycée à Fort-de-France et participe à la décoration murale du lycée Claude Monet de Paris. Il réalise de nombreuses aquarelles et peintures de la région de Clisson, et obtient en 1969 le prix Georges Wildenstein. Après sa mort, une rétrospective partielle de son œuvre est organisée en 1978 au Grand Palais à l’occasion du salon des artistes français. Le musée du Faouët lui a consacré une importante rétrospective d'août à octobre 2005 "Afrique, Asie, Bretagne" qui remporte un vif succès (plus de 10 000 visiteurs). Le commandement de la marine à Nantes lui a consacré une exposition à l’été 2007.

Oeuvre de Jean Bouchaud
Sources : 
Wikipedia
Le Télégramme  Jean Bouchaud, un peintre immortel
Pays/territoire : Cambodia
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