jeudi 3 décembre 2015

Entretiens avec Philippe Javelle - Que la vérité commence (2)

Deuxième partie de l'interview de Philippe Javelle durant laquelle le musicien livre ses impressions sur la scène musicale locale et ses contradictions, sur la musique khmère et sa nostalgie, sur les artistes et leur potentiel et, aussi, sur la situation, qu'il estime délicate, du royaume vis-à-vis de ses partenaires étrangers. 

Philippe Javelle et un jeune violoniste khmer
S’il y a un type de musique que vous devez-jouer pour la clientèle parfois, quel est celui qui vous plait le plus, à quel moment Philippe Javelle est-il très heureux sur scène ?
Je suis heureux sur scène lorsque je la partage avec des musiciens généreux de leur Art. Peu importe leur niveau technique, peu importe le style musical. Je suis heureux lorsque le public nous renvoie l’énergie positive que nous pouvons lui donner.

Quels sont les endroits que vous préférez à Phnom Penh (pour jouer) ?
Les gens qui me connaissent bien savent que je suis très exigeant et très critique, mais toujours de manière constructive. Peu d’endroits sont conçus pour accueillir la musique en live. Jusqu’à présent, il n’y avait pas de vraie salle de concerts à Phnom Penh, avec une acoustique dédiée. J’ai appris récemment que l’ISPP sur son nouveau campus avait construit la première du genre, d’une capacité d’environ quatre cents places. Quant aux restaurants ou hôtels ou bars ou clubs, si la qualité de l’équipement sonore installé s’est améliorée, il n’y a qu’une infime minorité d’entre eux qui ont une infrastructure valorisant les prestations live : scène, projecteurs, instruments.

J’ai la nostalgie du Memphis Pub qui était une vraie salle de concerts, imparfaite certes, mais avec une véritable ambiance. Ce n’est pas en poussant deux tables pour laisser un peu de place à un musicien que l’on attire le public. Le divertissement musical n’est pas la solution miracle à un établissement qui ne fonctionne pas. Malheureusement, beaucoup de propriétaires ou de managers de lieux qui souhaitent accueillir de la musique live n’écoutent pas les conseils amicaux de professionnels expérimentés.

J’ai tenté plusieurs fois de faire comprendre à des établissements que dans une ville en plein effervescence comme Phnom Penh, où se multiplie l’offre mais pas la demande, il était primordial de connaître sa cible puis se donner une signature artistique personnalisée qui lui corresponde. Aujourd’hui, le public se perd dans les établissements et leurs animations : on peut voir tous les artistes présents à Phnom Penh dans tous les endroits. Personne ne développe vraiment une programmation pensée et sensée, et lorsque le navire prend l’eau, les premiers jetés par-dessus bord sont les artistes.

Bien que la programmation musicale y soit interrompue à la fin du mois, j’ai beaucoup aimé jouer à Doors, pas tant pour l’acoustique que pour la fidélité du public et les conditions de travail. Je salue au passage mon confrère Gabi Faja, créateur de The Piano Shop et Soundskool qui y a fait un travail de direction artistique remarquable. J’aime beaucoup le nouvel esprit de Chinese House, le côté joyeux tintamarre de Bouchon Wine Bar, ou encore le positionnement trendy mais chaleureux d’Oskar Bistro.

Philippe Javelle et un jeune violoniste khmer
Mon préféré, en toute honnêteté, et bien que je n’y travaille pas (j’y passe de temps à autre pour faire une jam avec mes amis musiciens Cambodgiens), est Apros Pub. Je recommande à tout expatrié désireux de créer ou développer un établissement musical d’aller voir cette magnifique réussite. Tout est conçu pour divertir, servir et satisfaire une clientèle de tout niveau. Les étrangers – surtout les Occidentaux – connaissent peu et pourtant apprécieraient sans nul doute ce restaurant aux tables collectives conviviales, aux salons confortables, à la scène digne d’un vrai club de musique (piano à queue, éclairages superbes, son soigné), et aux musiciens cosmopolites.

Que pensez-vous de ce que beaucoup appellent l’époque dorée de la musique moderne khmère, ce rock des années 60 / 70 que personne ne semble vouloir oublier ?
L’Age d’Or date plutôt des années 60, et fut cruellement interrompu par l’élimination systématique des artistes Cambodgiens sous l’ère Khmère Rouge, au milieu des années 70. Je pense que l’engouement pour cette période vient des anciens qui ont voulu à la fin de trente années de misère culturelle retrouver leurs mélodies de l’époque : parce que leurs interprètes étaient beaux, élégants et talentueux, parce qu’elles répondaient au standard élevé de la Perle d’Asie qu’était Phnom Penh, parce qu’elles étaient gaies, chic et entraînantes, pour ne citer personne ... Elles racontaient des histoires d’amour certes dramatiques, mais plutôt optimistes, qui se passaient en majorité à la campagne, ce qui leur donnait un côté bucolique tout à fait charmant. Il n’était point question de suicide au Suki Soup du coin ou d’accident de Camry brisant un couple déjà fragile .

L’Age d'or de la pop khmère
Lorsque le Cambodge s’est ouvert de nouveau au reste du Monde, il ne fut pas envahi par des réalisations culturelles mais par un raz-de-marée consumériste venu d’Atlantique. Pour ce qui est de la musique, les boys band et le hip-hop sont devenus pratiquement les seules références des jeunes Cambodgiens. Ces deux entités ne sont pas mauvaises, mais elles constituent des niches marketing très fermées qui n’ont pas permis aux Cambodgiens d’acquérir une Culture musicale plus complète, ne serait-ce que la Culture Pop des années 70, où la créativité était à son comble. Fort heureusement, la famille étant très importante dans ce pays, ainsi que les traditions, la jeunesse a pu avoir accès à l’Age d’Or, dont on a retrouvé par bonheur des enregistrements, et découvrir ainsi combien la musique Pop Cambodgienne était riches de sons et de rythmes, fusionnant déjà les sonorités locales et les influences Occidentales.

Que pensez-vous des groupes qui reprennent / adaptent / remixent ces succès cambodgiens des années 60 / 70 ?
Je suis fan de KlapYaHandz, qui, a comme dans les années 60 pour la Pop, créé une vraie signature hip-hop Cambodgienne. Le collectif réunit des artistes locaux et des artistes Cambodgiens issus de l’exil, vivant à l’étranger et ayant côtoyé des Cultures différentes, parlé des langues différentes. Cela confère aux productions de Sok Visal, son fondateur, une grande créativité et une grande popularité. Ce ne sont pas seulement des remixes, ce sont des extensions musicales et lyriques faites à partir de gimmicks saisis dans les mélodies les plus connues. Elles donnent souvent lieu à des clips dynamiques et drôles, voire de moyens métrages très réussis.

KlapYaHandz
Pour le reste, sur un plan musical, je trouve qu’il n’y ait rien qui enrichisse vraiment les versions originales, dont les arrangements étaient parfois des bijoux, mélangeant orchestre traditionnel et orchestre symphonique.  En revanche, et c’est certainement beaucoup plus important et jouissif pour le public, un groupe comme Cambodian Space Project est un excellent concept, relevé d’une stratégie de communication exemplaire. Il a un pouvoir énergétique formidable, une approche brut des chansons auxquelles il rend hommage. C’est un vrai groupe de rock à l’état pur. D’autres groupes de reprises, malgré une volonté de qualité et de ré-arrangement, tel Dengue Fever, n’ont pas cet impact charnel et émotionnel. Les musiciens sont pourtant d’un niveau bien meilleur, mais ils n’ont pas la spontanéité quasi-Rock And Roll Circus mais diablement efficace d’un Scott Bywater en smoking rose autodidacte de la batterie probablement dénichée dans le grenier à riz de la sœur de Ros Sereysothea.

Comment jugez-vous la scène musicale cambodgienne aujourd’hui ?
S’il y avait une chose à juger, ce serait la même que dans d’autres pays : le nivellement par le bas. Les productions majeures locales (qui n’ont de majeur que leur diffusion) se complaisent dans une facilité déconcertante dont le jeune public commence d’ailleurs à se lasser. Les jeunes Cambodgiens se plaignent de plus en plus des reprises de chansons Thaï, Coréennes ou pis encore, Vietnamiennes, sous-produites par rapport aux originales. Les compositeurs de ces maisons de production sont sous-payés, par conséquent ils appliquent des schémas répétitifs sans saveur. Des étudiants m’ont confié que les textes des chansons sont affligeants, truffés de fautes de langage, et même parfois très vulgaires.

Un chanteur de la qualité et du charisme de Preap Sovath se voit aujourd’hui contraint, pour rajeunir son image de ténor de la scène depuis plus de dix ans, à se dandiner maladroitement avec une équipe de danseurs pas vraiment au point, sur un succédané de musique électronique auquel le public réagit avec un enthousiasme très mitigé. Idem pour la star Aok Sokunkanha, merveilleuse de charme dans ses reprises de l’Age d’Or, et émouvante dans ses plus belles ballades, dont le relooking mi-Japan Street mi hip-hop made in Carrefour ne semble pas avoir d’impact véritable. Il n’y a aucun travail artistique en profondeur fait pour ces artistes pourtant talentueux.

Le succès foudroyant d’un Jimmy Kiss avec une ballade dramatique certes, mais stylisée et dont la production est digne du standard international, montre que le public Cambodgien est plus exigeant, et attend de ses idoles qu’elles le surprennent, qu’elles évoluent avec la croissance et l’ouverture du pays, qu’elles aient également un impact possible à l’étranger. Jimmy Kiss n’est pas le seul, je pourrais citer Nikki Nikki, Kan Pich, Ma Champanha, et beaucoup d’autres songwriters dont les vidéos autoproduites font des buzz remarquables sur YouTube.

Depuis quelque temps est apparue sur le devant de la scène Laura Mam. Il n’y a rien à redire à son talent, mais il est dommage qu’elle soit seule bénéficiaire des plus gros contrats de sponsors et d’une signature chez Universal Music : certes, son professionnalisme est bien plus avancé, mais elle vient des Etats-Unis, ce qui lui a permis de se hisser à ce niveau de qualité. D’ailleurs, elle a dû mettre à son actif des reprises de l’Age d’Or pour augmenter sa popularité au Cambodge, qui était très inférieure à celle des artistes locaux. J’espère que bientôt de nouveaux artistes du cru, autodidactes, courageux et créatifs, se verront récompensés de la sorte.

Sont apparus également les programmes de télé-réalité musicale : The Voice, Cambodian Idol, etc … et ce n’est qu’un début. L’année dernière, j’ai vécu des heures houleuses avec beaucoup de jeunes Cambodgiens au sujet du vainqueur de The Voice, que je trouvais bien peu talentueux en regard d’artistes avec lesquels je travaille. J’avais écrit un post cinglant sur Facebook, dont la signification n’avait pas été perçue par tous de la même façon. Dans ce pays magique de pardon, je me suis excusé de mes propos auprès de ceux qui les avaient mal perçus, et j’ai pu avec bonheur partager de vraies discussions avec d’autres qui étaient davantage intrigués qu’indignés par mes propos.

Je leur ai expliqué que ces millions de dollars qui sont dépensés pour ces programmes n’ont pour moi rien de constructif pour les artistes Cambodgiens. Certes, ces émissions leur permettent une apparition publique, une certaine médiatisation, mais surtout elles se servent de leur talent pour alimenter des plateaux par ailleurs totalement vides de contenu, et n’ont que faire de leur devenir. Après une décennie et demie de ces productions télévisuelles en Occident, qui se souvient du centième des artistes qui les ont animées ? Quel est le pourcentage de ces artistes qui ont boosté leur carrière grâce à ces programmes ?

Je leur ai confié que ces émissions, dont je connais bien le fonctionnement pour y avoir travaillé, étaient des jeux truqués à l’avance, des mascarades commerciales dont le seul but est de formater les artistes et d’en faire des produits malléables et jetables à souhait. Bien entendu, j’ai compris que pour la jeunesse Cambodgienne, l’apparition de ces programmes de notoriété internationale au Cambodge avait un goût savoureux d’expansion, de progrès. Mais si ces millions de dollars investis dans l’enseignement musical permettaient à tellement de Cambodgiens attirés par l’artistique en général d’avoir accès à un apprentissage, ne serait-ce pas un progrès bien plus important et durable ? Nivellement par le bas, divertissement de masse, formatage : le marché de la musique au Cambodge suit le modèle Occidental. Lorsqu’on voit les résultats catastrophiques des maisons de disques en Occident, on se dit que l’avenir des artistes Cambodgiens, s’ils sont confrontés au système en place, n’est pas très rose.

Comment jugez-vous la scène musicale animée par les artistes étrangers ?
J’en fais partie, je ne la jugerai pas. Elle est de qualité très inégale, et ne suscite que peu d’intérêt de la part des locaux, si ce n’est qu’il est désormais trendy d’embaucher des artistes étrangers pour des événementiels, surtout dans le marché du luxe, ce qui me permet de gagner confortablement ma vie. Son meilleur aspect réside dans les projets fusionnels entre étrangers et locaux. Cambodian Space Project a ouvert la voie, d’autres réussites sont à noter, comme Dub Addiction, qui a permis à des artistes Cambodgiens de jouer dans des festivals internationaux à l’étranger, ou Krom, qui vient de signer avec une maison de disques étrangère le premier véritable contrat d’artistes pour deux chanteuses Cambodgiennes. Encore une fois, pas grâce aux producteurs autochtones …

Avez-vous d’autres projets, voire des suggestions concernant cette scène musicale d’aujourd’hui ?
Comme je l’ai mentionné auparavant, mes projets actuels sont plus axés sur l’enseignement, l’amélioration de la qualité de production également. De jeunes artistes me contactent régulièrement pour venir leur donner quelques conseils en studio, ajouter une touche un peu plus expérimentée à leurs arrangements musicaux, finaliser un mixage ou un mastering. Ce que je leur suggère, et que je pourrais suggérer en général aux artistes Cambodgiens, c’est d’explorer bien davantage la nébuleuse musicale internationale, de s’inspirer d’autres rythmes ethniques ou de fusions diverses, y compris avec la musique électronique. Je suis confiant car la jeunesse musarde beaucoup sur Internet et finit par y découvrir des productions plus underground, moins mainstream et répétitives. Une dernière suggestion pour les artistes Cambodgiens serait d’écrire des textes plus … gais ! Mais on ne change pas la Culture dramatique aussi facilement !

Si personne ne critique votre professionnalisme, vos prises de position politiques, en particulier à l’égard des grands pays impérialistes, suscitent parfois quelques critiques, êtes vous un provocateur ou un convaincu ou un indigné?
Vous êtes très modéré dans vos propos, et je vous en remercie, mais je n’ai pas peur de dire que mes positions anti-impérialistes, dans ce que la politique colonialiste et ultra-capitaliste de l’Occident a de plus abject, ont suscité des réactions violentes, des insultes répétitives et même des menaces physiques, y compris de la part d’organismes gouvernementaux étrangers présents au Cambodge, ce qui m’a beaucoup amusé. D’autres avant moi ont dérangé les institutions et ils avaient un impact bien plus important que ma petite personne : on a ruiné Mozart quand il a refusé de se prêter aux règles castratrices de la musique dite sacrée mais on a sanctifié son génie, on a tué John Lennon mais on n’a jamais pu tuer ses mots (ne voyez là aucune comparaison prétentieuse).

Très actif sur les réseaux sociaux, les prises de position de Philippe Javelle soulèvent parfois des commentaires acides et discussions houleuses.
Je suis un artiste, un bouffon parfois. Oui, je provoque. Je m’indigne aussi, c’est vrai. En résumé, je suis un altruiste sonore (voire bruyant, je l’admets) : la musique est un langage universel d’émotion et de partage. C’est tout le contraire de la démarche politicienne de pouvoir et de possession. Je suis du côté des Peuples, sans distinction d’origine et de Foi. Je conçois qu’il faille des dirigeants, la nature humaine est bien trop incontrôlable pour qu’elle ne soit appelée à être contrôlée. Ce que je n’admets pas, c’est la négation totale de la part de ces dirigeants de toute loyauté, au service de la cupidité et de l’aliénation. Encore moins lorsque des dirigeants soit disant démocratiques en font preuve et se posent en honnêtes donneurs de leçons, voire même en guides spirituels. Sans être convaincu de quoique ce soit en matière de vérité historique, je constate néanmoins que des mensonges éhontés, des manipulations sociales ou des actes criminels de la part de ces dirigeants sont quotidiennement mis en lumière, prouvés, et très légèrement punis.

J’ai été élevé par un grand-père maternel héros de la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. Déporté pour faits de guerre à Dachau, il a systématiquement dans ses récits et dans son enseignement rendu hommage aux individus qui lors des heures sombres de l’Histoire se sont distingués par leur courage et leur humanisme. Son expérience en camp de concentration et les raisons de son arrestation m’ont appris beaucoup sur le mensonge politicien et la traîtrise humaine : s’il racontait aujourd’hui ce qu’il a vécu et vu, il serait probablement mis au pilori des révisionnistes, alors qu’il a sauvé des milliers de vie. Il a refusé toute distinction honorifique que les dirigeants qui l’avaient envoyé à la mort voulaient lui remettre. Il disait toujours : « un ennemi désigné est bien moins dangereux que l’ami qui te le montre du doigt. »

Soixante-dix ans après Hiroshima, la guerre est toujours d’actualité, toujours perpétrée par l’appât du gain et la loi du dollar – pétro ou narco, même œuvre destructrice. Je n’aime pas heurter les gens, je reconnais que mes propos soient acérés, mais j’essaie de réveiller les individus de Bien qui à cause de leur générosité et leur confiance en l’Homme ont été endormis, abusés et aliénés. Un compagnon de discussion parfois houleuse m’a conseillé de mettre mon érudition et mon talent au service de la musique plutôt que de la vindicte : je l’écoute avec respect et sympathie, tout en gardant à l’esprit la verve de Léo Ferré cinglant qu’il n’y a pas de véritable artiste sans engagement politique.

Quels sont les loisirs de Philippe Javelle en dehors de la musique ?
Mes proches vous répondraient avec amertume que je suis un boulimique de travail et qu’ils n’ont pas pu identifier un seul de mes loisirs ! Ils n’auraient pas totalement tort : je ne m’accorde que des vacances sporadiques, et très peu de repos. En revanche, j’ai un loisir indispensable : celui de lire (probablement des lectures complotistes, vous diront certains !). Histoire, philosophie, sociologie, spiritualité, naturopathie … J’aime apprendre sans cesse.

Quel serait votre souhait profond pour les musiciens Cambodgiens, pour le pays en général ?
Les musiciens Cambodgiens méritent reconnaissance, tant artistique que financière. Je constate depuis quelque temps une nette amélioration de leurs conditions de travail et de leur rémunération, et ceci est d’autant plus rassurant que ce sont leurs employeurs Cambodgiens qui vont dans ce sens. Je pressens que les affairistes du petit music business féodal ne soient bientôt plus qu’un mauvais souvenir, tant se développe la notoriété des nouveaux talents par Internet et des spectacles qu’ils arrivent eux-mêmes à réaliser. Je souhaite que les créateurs soient récompensés et que la loi, existante, concernant les droits d’auteur, soit réellement appliquée. Je souhaite que l’enseignement de la musique et aux Arts soit accessible à tous.

Je souhaite que la croissance du Cambodge se fasse autrement que dans un patchwork désordonné d’investissements irréfléchis. Que la volonté de développement économique et de prospérité n’exclue pas l’éducation, la tradition et la Culture. Que le pays reste souverain. Qu’il ait à sa tête un gouvernement rajeuni, où puissent siéger aux côtés de Sages aînés des Cambodgiens revenus de l’étranger, avec des esprits plus visionnaires. Qu’il se libère de l’assistanat et du charity business qui contribuent chaque jour sciemment et sournoisement à sa re-colonisation. Qu’il ne sombre pas dans la folie consumériste injectée par les investisseurs étrangers et son cortège de délinquance et de lutte des classes. Qu’il préserve la Beauté de sa Nature. Je souhaite que le Cambodge garde toujours le sourire, parce qu’il m’a fait le cadeau de retrouver le mien.
Pays/territoire : Cambodia
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