vendredi 6 novembre 2015

Dengue : Alerte rouge

Pluies torrentielles alternant avec de courtes périodes de sécheresse, changement climatique, manque de moyens, manque d'information et de traitement efficace, manque de précautions... seraient, selon l'OMS Cambodge et les spécialistes, les principales raisons d'une recrudescence de la dengue dans les pays d'Asie ces derniers mois. La dengue aurait tué seize personnes de Janvier à Août 2015 et infecté 4700 autres au Cambodge selon les statistiques officielles que beaucoup d'observateurs estiment en deçà de la réalité...

Chaque année la dengue affecte près de deux millions de personnes, mais l'Organisation Mondiale de la Santé craint très sérieusement la pire épidémie en Asie du Sud-Est depuis dix ans en raison d'une escalade inquiétante du nombre d'infections au Cambodge, en Indonésie, en Malaisie, au Vietnam, mais aussi à Taiwan et aux Philippines. ''Si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine ; mais, cela viendra certainement'', a averti Chang Moh Seng, spécialiste de la fièvre dengue aux bureaux cambodgiens de l’Organisation mondiale de la santé. ''Ce n’est qu’une question de temps''. Le docteur Beat Richner fut également l'un des premiers à tirer la sonnette d'alarme le mois dernier alors qu'il voyait affluer plusieurs centaines d'enfants en quelques jours dans ses deux hôpitaux pour enfants. '' L'épidémie s'est installée car les autorités locales n'ont pas fait leur travail. Elles n'ont pas distribué d'Abate ( insecticide destiné à la lutte contre les moustiques par traitement des gîtes larvaires) aux familles cambodgiennes'' avait alors déclaré le célèbre docteur.

Aedes aegypti
© Wikipedia/ Muhammad Mahdi Karim
Pour M. Seng, l’épidémie massive de fièvre dengue de 2007 s’expliquait par l'apparition de la fièvre et d'une de ses nouvelles souches dans la région de Battambang et dans la ville de Siam Reap. L'afflux touristique et l’augmentation du nombre des travailleurs migrants auraient, en sus des facteurs naturels de déclenchement de l'épidémie, contribué à la propagation de la maladie dans l’ensemble du pays, selon l’OMS-Cambodge. '' Il n’existe malheureusement pas de vaccin pour prévenir la dengue, le meilleur moyen de lutter contre ce virus est donc de contrôler les zones de reproduction des moustiques, mais, le Cambodge est le pays où les moustiques se reproduisent le plus au monde, c’est bien pire qu’au Laos ou au Vietnam'', avait alors souligné M. Seng, argumentant également du manque de moyens financier pour lutter contre cette épidémie. 

Changement climatique
Le changement climatique est aussi avancé  comme accélérateur de dissémination de la dengue. Les chutes de pluies accrues et les températures plus élevées assurent des conditions idéales aux moustique dans ces régions tropicales humides. Les sécheresses associées au changement climatique pourraient aussi provoquer des taux accrus de dengue, si les techniques de stockage de l’eau domestique procurent de nouveaux sites de reproduction aux moustiques.

Reproduction ;
Les jarres d’eau sont les sites de reproduction les plus courants chez les moustiques. On trouve, dans beaucoup de foyers du Cambodge, de grandes jarres d’eau ouvertes, utilisées pour stocker l’eau, ainsi que d'autres récipients, boites, pneus ou des coques de noix de coco jetés où l’eau s’accumule, et qui constituent ainsi autant de sites de reproduction idéaux pour les insectes.  Les autorités sanitaires du Cambodge et l’OMS ont essayé de nouvelles méthodes de prévention telles l’usage d’insecticides chimiques contre les moustiques et les larves, l’utilisation de différents réservoirs d’eau à couvercles, et même l’élevage, à l’intérieur des réservoirs d’eau, de petits poissons qui se nourrissent de larves de moustiques.  À long terme, ces initiatives seraient prometteuses, en particulier le projet piscicole, mais il faudra patienter plusieurs années avant que les mesures de prévention ne soient assez généralisées pour être efficaces, selon M. Seng

Symptômes
Les symptômes de la dengue sont une forte fièvre, des maux de tête sévères et des douleurs articulaires, musculaires et osseuses, parfois accompagnés de nausée, de vomissement et d’éruption. La forme classique de dengue est sérieuse, mais elle met rarement en jeu le pronostic vital. Elle dure de 5 à 7 jours. Ces dernières années, la fréquence des formes sévères s’est accrue. La dengue hémorragique et la dengue avec syndrome de choc peuvent provoquer une insuffisance circulatoire, quand les capillaires deviennent excessivement perméables, et laissent le sang s’écouler dans la cavité abdominale et ailleurs. Ces formes, qui peuvent être fatales en l’absence d’intervention médicale à temps, sont principalement observées chez les enfants.

Le traitement
Il n’existe ni traitement curatif spécifique ni vaccin contre la dengue. Le traitement est avant tout symptomatique, notamment de la douleur et de la fièvre. L’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont contre-indiqués du fait du risque hémorragique.

La protection
La lutte contre les moustiques vecteurs et la protection individuelle (répulsif, port de vêtements longs et amples…) constituent les meilleurs moyens de réduire le risque épidémique. Les personnes résidant dans une zone susceptible d’être concernée par une endémie ou une épidémie de dengue peuvent contribuer à diminuer ce risque en luttant contre les moustiques et notamment en détruisant ou en asséchant les gîtes potentiels, que constitue toute réserve d’eau stagnante à l’extérieur ou à l’intérieur du domicile
Documentation : OMS - Institut Pasteur. Santé.gov.fr
Pays/territoire : Cambodia
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