vendredi 28 août 2015

Conte cambodgien : La femme adultère qui ramassait du gingembre

Adultère et astuces

Il était une fois un homme franc et honnête marié à une femme qui n’était pas honnête avec son mari, et était fourbe. Un jour, l’épouse chercha une astuce pour pouvoir rendre visite à son amant qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps et dont elle se languissait. Il lui fallait cependant user d’un stratagème, car le village où demeurait son amant était éloigné de celui du couple. Aussi dit-elle un jour à son mari : « J’ai envie de manger du poulet, qu’en penses-tu ? » Le mari répondit : « Oui, si tu veux. » « J’ai envie aussi de gingembre », ajouta-t-elle. « Va pour le gingembre ! » Les deux époux se mirent donc en chemin pour aller se procurer volaille et tubercule. C’est ainsi qu’ils arrivèrent au village où demeurait l’amant. Ils demandèrent dans chaque maison s’il y avait une volaille disponible. La femme en profita pour fausser compagnie à son mari, et pour aller voir son amant, avec lequel elle mit au point un stratagème.


Elle alla trouver son mari et lui dit : « Dans cette maison, on vient de me dire qu’il y avait une poule à vendre ! » Le mari se présenta ainsi chez l’amant, et lui acheta une poule. Les époux prirent alors le chemin du retour. À mi-chemin, l’épouse se frappa tout à coup la poitrine et dit : « J’ai oublié de gingembre ! Écoute, attends-moi ici, je vais retourner chercher du gingembre, je n’en ai pas pour longtemps. » L’époux acquiesça, et la femme rebroussa chemin. Avant d’arriver au village, elle retrouva son amant qui l’attendait. Elle était tellement pressée qu’elle s’allongea immédiatement sur le sol sans autre préparatif, et les deux firent leur affaire. Sans prendre le temps de s’épousseter, la femme prit le rhizome de gingembre que l’amant avait préparé pour elle, et lui donna de nouvelles instructions pour qu’il vienne la rejoindre le soir même.

La femme retrouva son mari qui l’attendait. Arrivant près de lui, elle lui dit : « Tu vas rire, il m’est arrivé une drôle de mésaventure : j’ai trouvé un rhizome de gingembre, et quand j’ai voulu le tirer hors du sol, j’ai tiré tellement fort que je suis tombée sur le dos ! »
« Effectivement », dit le mari, en essuyant la terre qui était restée attachée sur dos de l’épouse. Le couple rentré à la maison, l’épouse prépara le poulet au gingembre. Après le dîner, elle s’allongea pour poser sa tête sur la cuisse de son époux, et lui demanda de jouer pour elle un air de flûte. Après cet air, elle s’exclama admirative : « C’est étrange, quand tu joues, on dirait que tu ne regardes pas les trous de la flûte, comment est-ce possible ? ». Et le mari d’expliquer : « Pas besoin de regarder, mes doigts savent bien où appuyer ! » « Vraiment ? On va essayer : je vais te couvrir les yeux, et tu essaieras de jouer, on verra bien si c’est vrai. » Elle couvrit ainsi les yeux de son mari, puis écarta largement les jambes. L’amant, qui se trouvait sous la maison, reconnaissant le signal convenu, rentra subrepticement et profita de ce que le mari avait les yeux couverts pour s’unir avec sa maîtresse. Cette dernière ne découvrit bien les yeux de son mari qu’une fois l’affaire faite !
En guise de conclusion à cette histoire, le proverbe suivant est donné : Autant il est vain de tenter de courber du bois de lagerstroemia, autant il est vain d’essayer d’amender une femme de mauvaise vie.
Pays/territoire : Cambodia
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