mercredi 8 juillet 2015

Projet de loi ONG : la position européenne

Intervention de M. Alain Vandermissen, Chargé d'affaires par intérim de la délégation de l'Union Européenne au Cambodge

Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Alain Vandermissen
Merci de donner à l'Union européenne, et aux États membres de l'Union Européenne représentés au Cambodge, l'occasion de participer au débat d'aujourd'hui. En leur qualité de premier donneur au Cambodge, l'Union Européenne et ses états membres soutiennent un certain nombre d'ONG locales et internationales au Cambodge. Par conséquent, de nombreux contribuables et des politiciens de l'Union européenne suivent le débat actuel avec un grand intérêt. En témoignage de cet intérêt, le Parlement européen a placé la loi sur les associations et les organisations non gouvernementales (Lango) sur l'ordre du jour d'un débat cette semaine. L'Union Européenne estime que, outre le soutien que nous apportons au Gouvernement Royal du Cambodge et au secteur privé, le soutien de l'Union Européenne à la société civile a été, et demeure en permanence, essentielle pour le développement du Cambodge. En fait, il est difficile d'imaginer comment notre coopération au développement du Cambodge pourrait être pleinement efficace sans nos partenaires de la société civile cambodgienne. Par conséquent, l'Union Européenne estime que la Lango prévue devrait mettre en place un environnement favorable pour les organisations de la société civile.

Nous sommes convaincus que la plupart des politiciens dans le royaume, peu importe le parti auquel ils appartiennent, comprennent le rôle crucial de la société civile pour leur pays .Une société civile active est un moteur dans tous les pays modernes. Son existence est la preuve d'une attitude saine des citoyens envers leur pays et de leur volonté d'apporter leur contribution au bien commun. La constitution du Cambodge contient des dispositions qui vont dans ce sens. Son article 1 stipule une société pluraliste. Ce serait un signal très important si les responsables de  ce projet de loi , à la fois à l'Assemblée nationale et au gouvernement, exprimaient leur attachement au pluralisme.

Nous sommes conscients que les représentants du Gouvernement Royal et des membres de l'Assemblée Nationale émettent des préoccupations sérieuses, au sein de la société civile et parmi les ONG étrangères, qui peuvent affecter la stabilité et la sécurité du Cambodge. Nous prenons ces préoccupations au sérieux. Nous savons tous trop bien que ces priorités existent aussi dans nos propres pays. Il est donc légitime pour chaque nation souveraine de prendre des mesures adéquates dans ce domaine....

Je voudrais conclure en répétant ce qui a déjà été dit lors des discussions bilatérales la semaine dernière. L'Union Européenne ne réfute pas le principe légitime d'une loi sur les associations et les ONG, mais nous ne supportons pas le présent projet dans sa forme. La loi a besoin de permettre aux associations de participer à la construction d'un Cambodge prospère et démocratique. Dans son état actuel, le projet de loi occulte cet aspect devant permettre aux associations et ONG  de travailler librement.
Pays/territoire : Cambodia
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