lundi 20 juillet 2015

Petits blogs menteurs

Photos, textes et copyright

Un article récent du Phnom Penh Post a mis en exergue les réactions de quelques photographes et journalistes locaux et étrangers eu égard à l'utilisation de leurs textes et photos sans permission. Si les réactions sont souvent mitigées lorsqu'il s'agit d'un internaute qui ne cherche qu'à partager une oeuvre qui lui plait, elles sont bien plus vindicatives quant à ceux qui utilisent l'oeuvre d'un tiers pour une utilisation commerciale. L'un des photographes ne cachait pas sa colère de voir ses clichés repris pour des flyers ou sites web d'agences de tourisme. Il est de bon ton de fustiger les pratiques cambodgiennes, voire, et pire, d'adopter une attitude paternaliste et tolérante envers quelques opérateurs locaux qui utilisent les clichés de quelques photographes ayant un nom ou essayant de se faire un nom. C'est une partie du problème, et il est particulièrement lâche et indécent de vouloir ramener le problème de l'utilisation illicite à quelques Cambodgiens mal informés ou parfois peu scrupuleux. A titre d'exemple, ces derniers mois ont été riches en tentatives de sites ou blogs d'information suite à la décision du Petit Journal de vouloir changer de locataire au Cambodge. Si des initiatives francophones sérieuses sont toujours bienvenues, il serait encore plus agréable de voir des ''nouveaux journalistes ''  respecter un minimum d'éthique. Mais, ce ne fut pas le cas, et, s'il est irritant de voir ses œuvres pillées sans vergogne, il est tout simplement intolérable de constater que, souvent, les fautifs deviennent arrogants et n'hésitent pas à raconter n'importe quoi, voire à mentir publiquement.

Photos ci-dessous: Premier exemple de tentative de presse en ligne caractérisée par un pillage de photo permanent, l'auteur ne prenant parfois même pas la peine de gommer le watermark...Exemple ici : Une photo + article original de Cambodge Mag originale, la légende mentionne pourtant bien l'auteur.


Photo ci-dessous : photo reproduite sans permission, le plagieur s'offusquera, arguant très lourdement d'un manque d'information concernant cette photo...

Plus grave et plus ambitieuse fut l'aventure Cambodge News. Pour être succinct, ce nouveau site d'information partait sur les chapeaux de roues, proposant beaucoup d'articles attractifs. Il s'avère qu'une page entière de Cambodge Mag figurait dans le premier numéro, ainsi que des traductions de reportages d'Al Jazeera et autres supports de presse internationaux. Interrogés, les responsables du site affirment dur comme fer qu'ils ont toutes les autorisations. Faux, il était facile de vérifier pour Cambodge Mag et de vérifier auprès des sites reproduits ou traduits. Contrairement à ce qu'affirment l'un des responsables, aucune autorisation n'a été accordée, aucune demande n'a été faite. Le webmaster demande alors à ses troupes de pigistes photocopieurs si cela est vrai. Devant un piteux ''oui'', il décide de fermer le site en attendant que ''tout le monde se mette en règle''. Le site est fermé et la raison invoquée sur leur page Facebook est d'ordre technique, formulée dans un jargon technique bien lourd, c'est donc totalement faux et les échanges emails, totalement contradictoires avec leur discours sur les réseaux sociaux, le prouvent.

Photo ci-dessous : l'ambitieux Cambodge News n'a fait que reproduire et traduire du contenu sans se soucier des ayant-droits. Il est aujourd'hui fermé pour raisons techniques...


L'utilisation et la reproduction de texte est possible, et les auteurs sont souvent ravis de pouvoir partager leur travail s'il y a une contre-partie, pas forcément financière. Par contre, l'utilisation illicite, et parfois la réappropriation du contenu est non seulement malhonnête mais totalement illégale et peut déboucher sur de sérieux dédommagements si le fautif est un français. La loi française est particulièrement bien équipée, y compris pour des délits de ce genre commis en ligne ou à l'étranger pour défendre les auteurs. Les plagieurs professionnels, et il y en a, jouent aussi souvent la carte du mépris devant les auteurs floués pensant que faire appliquer une décision de justice ou tout simplement effectuer une requête auprès de la DMCA découragera pas mal de volontés. Et concernant le peu de considération du copyright mentionné par l'article du Phnom Penh Post, il aurait été utile de rappeler que la pratique n'est pas seulement localisée au Cambodge ou en Asie.
Pays/territoire : Cambodia
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