lundi 27 juillet 2015

Musique : Chant et luth Chapey

Instruments traditionnels

Le luth à manche long chapey est devenu rare an Cambodge. Il officiait autrefois dans les orchestres de mariage et était l’apanage des chanteurs ambulants. Nous proposons là une séquence enregistrée dans la ville de Phnom Penh où ce musicien non-voyant, Keo Samnang, se produit fréquemment. Il joue habituellement le long de la rivière Tonle Sap où est aménagée une promenade où se mêlent badauds autochtones et touristes. Il y fait la manche, son seul gagne-pain. 


L’instrument dont il est ici question est dénommé chapey dang veng (grand chapey). Sa longueur totale varie de 130 à 170 cm. Il possède deux cordes de Nylon accordées à la quarte ou à la quinte selon le désir du musicien. La corde grave, en haut, crée un bourdon, mais sert aussi à l’accompagnement mélodique selon la maîtrise de l’instrumentiste. Ce chant accompagné fait état des privations et des difficultés à élever un enfant dans la pauvreté. Ses paroles sont en réalité celles de sa propre épouse vue comme une mère. C’est le propre du chanteur de rue d’interpréter la pensée d’autrui, de toucher le cœur du passant afin qu’il s’arrête, écoute et fasse un don. Comme de nombreux chants de rue en Asie du Sud-Est, l’interprète alterne ici expression vocale et jeu instrumental, ce qui lui permet d’une part de réfléchir à son discours lorsqu’il improvise et d’autre part de reposer sa voix. Nombres d’onomatopées intraduisibles ponctuent le discours. 
Interprète : Keo Samnang 
Une réalisation de Patrick Kersalé / © Patrick Kersalé

Pays/territoire : Cambodia
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