mercredi 1 juillet 2015

Dossier AlterAsia : Reportage sur la pêche de calamars dans les eaux cambodgiennes

Reportage sur la pêche de calamars dans les eaux cambodgiennes

Traduction : Hugo Carayon
Source (Matt Blomberg et Sek Odom / The Cambodia Daily) : Squid Inc.
Photo : Gavin White
Avec l'aimable autorisation d'AlterAsia

Au large des côtes de Sihanoukville, les pêcheurs vietnamiens et leurs paniers flottants sont le dernier échelon d’un trafic lucratif qui s’étend jusqu’aux plus hautes strates de la marine royale Cambodgienne.

Golfe de Thaïlande – Durant 15 heures par jour (du lever du soleil jusqu’à son coucher), Nguyen Truong dérive dans un bateau panier construit en tige de canne à sucre, à la recherche de calamars. « Au Vietnam, il n’y a pas de calamar » explique l’homme de 69 ans depuis son embarcation. « Le Cambodge a des calamars et on en a besoin. »

Chaque matin à partir de 4h, des douzaines de bateaux de pêche non signalés quittent leur mouillage des îles de Koh Tang et Koh Rong Sanloem et filent en direction des eaux libres, où ils rejoignent des centaines de navigateurs vietnamiens dans la solitude et un océan grouillant de calamars. Armés de longues lignes et de centaines d’appâts, les pêcheurs (qui n’ont pas le temps de se reposer entre un soleil de plomb ou de violentes tempêtes) remontent de l’océan des kilos de calamars en une seule journée. Peu après 19h, un bateau-mère traîne les pêcheurs vers la côte et les paniers retournent vers leurs amarres pour compter la prise du jour. « Je peux remonter jusqu’à 10 kilos de calamars par jour » déclare M. Truong, aidé d’un traducteur. « Une fois par semaine, on va à Koh Tral, où on vend le calamar pour 5 dollars le kilo. »

« Un super boulot » pour les pêcheurs


A 40 kilomètres au sud-ouest de Sihanoukville, ce vaste et lucratif trafic pille les mers et, d’après les pêcheurs, la marine royale Cambodgienne est soudoyée pour ce privilège. Pendant deux jours la semaine dernière, les Vietnamiens qui pêchent depuis les paniers, commandent les bateaux-mères et disent délivrer des pots-de-vin ont parlé ouvertement de leur vie en mer et de ce qui se révèle être une opération à plusieurs millions de dollars.

« C’est un super boulot pour gagner de l’argent », d’après M. Truong. « C’est facile : on lance la ligne et l’appât dans l’eau, on attend pendant 2 heures et on remonte le tout. » Nguyen Truong commande l’un des 16 « paniers de pêche » (thung chai en Vietnamien) gérés par un bateau-mère dont le capitaine réclame 2 kilos tous les 10 kilos chargés à bord. En échange, il guette les meilleurs spots, autorise les pêcheurs à passer leurs nuits sur son bateau et les tracte jusqu’à l’île vietnamienne de Phú Quốc (appelée Koh Tral au Cambodge) une fois par semaine pour vendre leurs prises. « Je peux me faire entre 500$ et 600$ par mois » explique M. Truong. « Travailler en mer, c’est plus simple que de travailler la terre ».

En dehors de son équipement de pêche, Nguyen Truong transporte avec lui un réchaud à gaz, un stock de riz, du poisson en conserve, de l’eau et beaucoup de cigarettes, le tout empilé sous une plate-forme en bois de construction sur laquelle il reste assis toute la journée. Deux mâts de bois dominent son thung chai, où une voile de toile attrape le vent. Il possède une ancre, mais la jette seulement lorsqu’une houle menace de l’emporter. En cas d’urgence, il a une lampe attachée à son mât de fortune, un émetteur-récepteur, des cordes, une pagaie et un gilet de sauvetage moisi qu’il pointe du doigt quand on lui demande s’il sait nager. « En cas de souci, je suis capable de flotter. »

Le thung chai danse sur l’eau avec indolence, perdu au milieu des grandes étendues de mer et des centaines de mètres d’océan qui les séparent du bateau-mère. En 10 ans de métier, M. Truong dit avoir « beaucoup » entendu parler d’hommes qui ne reviennent pas de leur journée de travail, perdus en mer sans laisser de trace. Néanmoins, une décennie d’expérience l’éloigne de la peur. « J’ai des compétences » dit-il quand on lui demande comment il bataille contre les tempêtes. « Quand il y a des grandes vagues, je peux manœuvrer mon thung chai pour empêcher quoi que ce soit d’arriver. Rien de ce qui arrive dans cet océan ne peut me tuer. »

A 15 km d’où flottaient les thung chai la semaine dernière se trouve l’île cambodgienne de Koh Tang et sa base navale. Sur la terre ferme, 40 km plus loin se trouvent les quartiers généraux de la marine royale. Rien de tout cela n’inquiète les pêcheurs. « On amarre la moitié du temps à Koh Rong Sanloem et l’autre à Koh Tang » explique M. Truong. « C’est comme si on vivait sur le territoire vietnamien. »

Viet Nan, 47 ans, pêche depuis 20 ans sur un thung chai. Lui et deux de ses fils font partie d’une équipe de 17 paniers attachés à un bateau-mère. Son troisième fils, qui vit avec sa mère sur Phú Quốc, prévoit de les rejoindre avant la saison des pluies. « La plupart des hommes qui se perdent, c’est pendant la saison des pluies » dit M. Nan. « L’année dernière, on a perdu 5 ou 6. On ne les a jamais revus. » Quand on lui demande ce qu’il fait en cas de tempêtes, il nous montre sa pompe à eau. M. Nan insiste sur l’utilité de sa chemise pour boucher les trous, et que dans l’éventualité d’un retournement, le seul espoir est d’avoir un autre pêcheur assez proche pour le voir à travers la tempête, et d’utiliser sa radio pour appeler à l’aide. Mais même ici, les chances sont minimes.

« Quand il y a de forts vents ou une tempête, les bateaux ne se risquent pas à venir nous chercher » explique-t-il, son panier grimpant et plongeant dans les vagues avec la houle. « Ils attendent que la tempête soit finie et alors ils viennent. Si ton thung chai se retourne et que personne n’est aux alentours, alors c’est sûrement la fin. »

« La police ne nous arrête plus depuis que l’on paie la Marine royale »

Au fil des années, M. Nan dit avoir vu beaucoup de marins se faire extorquer par les autorités maritimes dans l’océan, ou retenus et ramenés de force sur la terre ferme pour une interrogation musclée dans le but de leur soutirer de l’argent. Désormais, le processus a été simplifié, explique-t-il, avec des paiements directs, mensuels. « La police ne nous arrête plus parce que l’on paie la Marine Royale » dit-il, en expliquant que les 17 pêcheurs cotisent 1 000 dollars chaque mois, envoyés ensuite au capitaine du bateau-mère pour acheter la protection des autorités. Nguyen Truong dit, lui, payer 1 100 dollars chaque mois avec son équipe. « Le capitaine du bateau-mère garde notre argent » détaille M. Nan. « Ensuite, des petits intermédiaires travaillant pour Tea Vinh [commandant de la marine royale Cambodgienne], collectent l’argent ». Chaque soir, avec des douzaines de bateaux ancrés sur les plages de Koh Tang et de Koh Rong Sanloem, les pêcheurs s’échangent des informations (plus ou moins honnêtes) sur le rendement du jour. Les bons capitaines se renseignent sur les bulletins météo et d’autres informations utiles auprès des locaux dans le but de déterminer le meilleur endroit où lâcher les pêcheurs le lendemain.

Ce matin à l’aube, les pêcheurs flottants sont allés plus à l’ouest que la veille, à 15 km au large du sud-ouest de Koh Rong Sanloem. Voyant les thung chai apparaître comme des points à l’horizon, un des bateaux-mères se dirigea dans le coin. Le capitaine du bateau, Treung Than, nous a accueilli à bord de son navire de 15 mètres de long, offrant cigarettes au menthol pendant que son frère traînait une longue ligne à l’arrière. Son thung chai était resté sur le bateau pour réparation, solitaire ; mais cela ne l’éloignait pas de sa pêche quotidienne. M. Than, 42 ans, explique que les 15 hommes qu’ils transportent en mer sont de la famille, des amis, et des voisins de son village de Phú Quốc. En 10 ans de pêche sur un thung chai, il a réuni assez d’argent pour acheter un bateau et devenir capitaine en 2010. « J’ai arrêté de pêcher depuis un panier car c’est beaucoup plus rentable », dit-il. « Tous les 10 kilos de calamars que les pêcheurs ramènent, j’en obtiens 2 kilos. » Le calamar atteint 4,50 dollars le kilo à Phú Quốc, ce qui se transforme en quelques milliers de dollars par mois pour lui, s’il lit correctement les courants marins et arrive à prévoir où le mollusque sera le plus abondant.

Depuis qu’il est passé d’un panier au bateau-mère, Treung Than gagne plus d’argent et prend moins de risques, ce que ne lui enlève pas la peur de perdre un homme. En plus des orages violents qui frappent la zone entre juillet et septembre, la capitaine bourru explique que des groupes d’auto-défense cambodgiens sont un autre danger sérieux. « Parfois, les bateaux de pêche cambodgiens voient les paniers des pêcheurs, foncent dessus et ‘boom !’, ils les retournent » explique-t-il avec des gestes pour simuler la collision. « Certains sont secourus, d’autres non. Tout dépend s’il y a un autre panier dans le coin. »

En pêcheur vétéran ayant navigué pendant 15 ans dans ces eaux, M. Than corrobore les dires de Viet Nan et Nguyen Truong : les pêcheurs s’amarrent sur les îles cambodgiennes de Koh Tang et Koh Rong Sanloem, des centaines de thung chai partent en mer chaque jour, c’est une opération vietnamienne et la Marine Royale Cambodgienne est complice. « J’envoie 1 000 dollars par mois par un courtier au fils de Tea Vinh à Sihanoukville », précise-t-il.

Conséquences écologiques

A la pointe sud de la plage de Tui sur Koh Rong, une petite communauté musulmane Cham composée de familles de pêcheurs vit derrière une rangée de maisons et de bungalows. Elles disent avoir observé les thung chai se déplacer lentement à travers le golfe du Vietnam vers le golfe de Thaïlande, épuisant en chemin la population de calamars. D’après Mey Ni, 25 ans, les paniers de pêche sont devenus il y a 3 ans un problème pour les habitants du village de Koh Touch. « Les Viêtnamiens ont commencé ici en 2012 » dit-il. « Depuis, on peut estimer que toute la population de poissons a diminué de 40% (…). On a prévenu l’Administration des Pêches que les Vietnamiens pêchaient dans nos eaux. Ils ont dit ‘ne vous inquiétez pas, on contrôle l’affaire’… Ils ont la protection des autorités, qu’est-ce qu’on peut faire ? »

L’Administration des Pêches (Fisheries Administration, FiA) finalise actuellement les dernières étapes afin d’établir le premier parc national marin du Cambodge, une zone de conservation justement située dans les eaux autour de Koh Rong et de Koh Rong Sanloem. Ouk Vibol, directeur du département de conservation au FiA, nous a expliqué il y a deux jours que les « activités illégales » ont été réduites de 70% dans les zones où sera établi le parc national. « Un projet qui attend l’approbation du premier ministre », détaille-t-il. En dehors de l’aire de conservation prévue, M. Vibol explique que les frontières maritimes internationales « ne sont pas très claires ». Toutefois, la zone entre Koh Tang et l’archipel de Koh Rong (où les pêcheurs viêtnamiens ont été vus traquant le calamar) se situerait bien « dans les eaux cambodgiennes. Toute cette zone est cambodgienne. »

Lorsqu’on lui demande pourquoi la pêche du calamar a été autorisée dans les eaux surveillées par les autorités cambodgiennes, il tente de décharger la responsabilité de la FiA. « Cela n’est pas de la seule responsabilité l’Administration des Pêches » dit-il. « Il y a aussi la police militaire, la Marine Royale et l’armée frontalière dans cette zone. Nous ne savons pas qui autorise les pêcheurs à entrer dans la zone, mais ce n’est pas la FiA ».

En dehors de la pêche commerciale du calamar, les eaux autour de Koh Rong et au-delà sont tourmentées par des chalutiers battant pavillon Cambodgien, eux-mêmes utilisant de gigantesques filets pour ramasser tout ce qui passe sur leur chemin, raclant les fonds marins. Les écologistes et pêcheurs locaux parlent également de pêche à l’explosif (utilisée pour étourdir ou tuer le poisson) et de pêche au cyanure (un mélange toxique pulvérisé sur les coraux). Ces trois méthodes sont illégales et causent d’irréparables dégâts sur les écosystèmes sous-marins.

Yann Walliser, un biologiste marin Suisse, travaille pour l’ONG Save Cambodian Marine Life (SCML), dont les quartiers-généraux sont à Koh Rong Sanloem. Cette organisation est consacrée à la préservation des récifs coralliens. Tandis que la pêche traditionnelle de calamar à l’aide des tchung thai est moins destructive que les autres méthodes qui gangrènent la vie des océans, M. Walliser explique que les récifs et les poissons souffrent certainement des grandes quantités de mollusques prélevées des eaux : « On peut déjà voir une pénurie de gros poissons ici, les prédateurs qui se nourrissent de calamars (…). La réduction de densité d’une espèce transforme naturellement la structure de la vie marine, et ceci peut aussi amener à la destruction de l’habitat sous-marin ». Et de préciser : « L’Union Européenne n’importe pas de produits de la mer venus du Cambodge car il n’y a aucune traçabilité ni vérification de la pêche dans cette zone. »

Loin des plages pour touristes et des bureaux de l’ONG de Koh Rong Sanloem, une communauté de pêcheurs vietnamophones (dont certains ont longtemps navigué sur des thung chai) se construit une petite vie paisible. Jang Sang, 28 ans, dit vivre sur l’archipel de Koh Rong depuis 15 ans. M. Sang, qui parle Khmer couramment, nous a servi de traducteurs pour les interviews en mer et a plus tard partagé avec nous sa propre expérience de coursier pour le « big boss », pendant 3 ans. Jang explique le processus. Une fois par mois, il partait en balade nocturne vers la baie au sud-ouest de Koh Rong Sanloem pour rencontrer les capitaines de 6 bateaux-mères, qui lui remettaient chacun 900 dollars en billets américains. M. Sang empochait une commission de 50 dollars pour chaque paiement, et délivrait le reste jusqu’à « la maison du ‘big boss’ à Sihanoukville » le lendemain. « Je donnais l’argent au fils de Tea Vinh. Tea Vinh a contrôlé la zone, mais c’est désormais son fils » explique t-il. « Je ne connais pas son nom. Je connais seulement son pseudonyme : Ma Tor. »

M. Sang explique que les sites des pêcheurs s’étendent à l’ouest jusqu’aux eaux thaïlandaises. « Ils vont partout jusqu’à la frontière thaïlandaise, mais ils ne la franchissent pas », dit-il. « La Marine thaïlandaise est différente. Si elle les voit, elle les arrête. »

Une police provinciale… sans bateau

Quand Chuon Narin a été nommé chef de la police provinciale de Preah Sihanouk, remplaçant alors un prédécesseur accusé de roupiller au travail, il a commencé à envoyer des équipes d’officiers en rotations mensuelles pour surveiller les îles au large de l’archipel. Sek Dararith, un officier du département de la sécurité et de l’ordre provincial, venait de commencer le travail sur Koh Rong Sanloem quand il a déclaré à des journalistes vouloir démanteler le trafic de la pêche au calamar, qu’il déclarait être « une opération 100% vietnamienne. » « On peut constater cette pêche illégale mais on ne peut pas l’arrêter seul », disait-il.

M. Dararith explique aujourd’hui que son équipe composée de trois officiers n’a pas assez de ressources (ils n’ont pas de bateau!) pour prendre des mesures. « On a besoin de la coopération de l’Administration des Pêches ou de la Marine Royale. »

L’île de Koh Tang est à environ 55 km et 2 heures de hors-bord du continent. La Base Navale de Koh Tang, équipée d’une douzaine de marins, est commandée par Yos Sivutha, un colonel de 55 ans en poste dans ces eaux depuis 1990. Lors d’un déjeuner à la base navale, M. Sivutha a d’abord tenté de dévier les questions sur les tchung chai (« Pourquoi voulez-vous discuter de cela ? Il n’y a aucun intérêt ! »), avant de défendre la présence des pêcheurs viêtnamiens dans les eaux qu’il surveille. Selon lui, « Nos pêcheurs cambodgiens vont dans les eaux vietnamiennes, et les Viêtnamiens viennent ici. C’est la même chose. Ce n’est pas un problème (…). Le Cambodge et le Vietnam ont un accord . Il n’y a nullement besoin de s’accuser l’un l’autre. Nous sommes voisins et nous nous donnons mutuellement. »

Tous les pêcheurs viêtnamiens interrogés la semaine dernière ont déclaré avoir payé des pots-de-vin à la Marine Royale Cambodgienne, et plus particulièrement à un homme dénommé Ma Tor, qu’ils considèrent être le fils du commandant Tea Vinh.

Le fils de l’amiral Ving, Tea Sokha, est le commandant de la sécurité maritime posté à la base navale de Ream à Sihanoukville. Il est vice-amiral. Mornh Chhundy, un commandant adjoint à la base navale de Ream, a confirmé cette semaine que le vice-amiral Sokha est responsable de la surveillance des eaux au large des côtes de Sihanoukville. Nos appels à Tea Sokha n’ont récolté aucun commentaire sur les opérations de pêche au calamar. La semaine dernière, il a déclaré être à Singapour et ne pas pouvoir répondre à nos questions.

Au même moment, l’amiral Vinh nous a répondu ne pas être au courant du réseau de pêcheurs viêtnamiens dérobant chaque mois des tonnes de calamars depuis les eaux surveillées du Cambodge. « Je n’ai jamais rien entendu sur ce sujet, ni vu. Laissez moi vérifier si cela est vrai ou non », nous a-t-il répondu. Comme tous les officiels interrogés sur les thung chai, l’amiral Vinh a rejeté la faute sur d’autres. « Les fonctionnaires de l’Administration des Pêches sont en charge de ces problèmes » a-t-il dit, refusant alors de répondre à d’autres questions.

Les Viêtnamiens, cependant, ne se font pas d’illusions sur les règles des personnes qui mènent le jeu. Treung Than, le capitaine-pêcheur, nous explique qu’on lui a donné de strictes instructions sur la pêche dans les eaux cambodgiennes : tout comme il doit hisser le drapeau quand il approche de Phú Quốc, il doit le baisser quand il quitte l’île. « La Marine Royale nous a juste demandé d’enlever le drapeau viêtnamien quand on arrive dans les eaux cambodgiennes. » Quand on lui demande s’il est conscient que son travail peut-être en violation des lois, M. Than sourit. « On paie la Marine », dit-il. « C’est la loi au Cambodge. »

Pays/territoire : Cambodia
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