mardi 14 juillet 2015

Archives du jour : Denise Affonço, rescapée

La digue des veuves : 
Rescapée de l'enfer des Khmers rouges

Autre témoignage d'une rescapée ''non-cambodgienne'' de la période 1975-1979. Ci-dessous quelques photos de Denise Affonço, métisse franco-vietnamienne qui avait choisi de ne pas rester à l'Ambassade de France lors de la prise de Phnom Penh pour rester aux cotés de son époux cambodgien.

Denise Affonço
Juillet 1979, Denise Affonço travaille comme auxiliaire de santé à Siem Reap
Phou Teang Seng, son mari, capturé en juillet 1975 par les khmers rouges, on ne l'a jamais revu

Son témoignage

Note de l'éditeur :
De mère vietnamienne et de père français, Denise Affonço était promise à une existence paisible au Cambodge jusqu'à ce que les Khmers rouges fassent basculer sa vie. En avril 1975, les autorités françaises rapatrient leurs ressortissants. Denise Affonço fait le choix de rester aux côtés de son mari, chinois et communiste convaincu, espérant que les Khmers rouges mettront fin aux cinq années de guerre civile contre la république khmère pro-américaine corrompue. Mais rapidement, Denise et sa famille, tout comme des millions de citadins, sont déportés vers les campagnes, où ils découvrent l'enfer des camps de travail, la famine, la maladie et la mort. C'est ce cauchemar que se remémore l'auteur. Son conjoint, jugé " trop intellectuel ", est exécuté - elle en sera officiellement avertie lorsqu'on l'assignera à la construction de la " digue des veuves " ; sa fille âgée de neuf ans meurt de faim sous ses yeux ; son fils aîné est déporté vers un autre camp. Quatre années d'horreur auxquelles mettra fin l'arrivée des Vietnamiens en janvier 1979, qui permettront à Denise de retrouver son enfant et d'être rapatriée en France. Le récit bouleversant d'une " mère Courage " qui, au milieu du chaos et du désespoir, n'a jamais cessé de se battre pour la vie.

L'avis d'un lecteur:
J'ai lu un bon nombre de témoignages de rescapés des quatre années du règne des khmers rouges au Cambodge. Je crois que le récit de Denise Affonço est celui qui exprime et fait ressentir le plus fortement et concrètement l'affreux calvaire vécu par les gens des villes déportés brutalement en pleine campagne. Totalement dépendant des distributions alimentaires des khmers rouges, ils étaient soumis à un régime de travaux forcés harassants tout en étant terriblement sous alimentés. Comme dans les camps nazis, les goulags staliniens et autres laogaï chinois, la hantise de la nourriture est un thème récurrent. Outre cela, au Cambodge, se plaindre était dangereux, c'était une manifestation d'opposition au régime qui pouvait conduire à l'élimination. La plupart desdéportés sont ainsi morts d'épuisement et de maladies. Avant cela, pour beaucoup, la pire des tortures était de voir leurs enfants dépérir peu à peu jusqu'à la mort. Denise Affonço trace un tableau effrayant de ce que la folie idéologique humaine peut produire.
Pays/territoire : Cambodia
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