mardi 2 juin 2015

Revue : De l'ombre il y a...film trash ou chef-d'oeuvre?


Tourné plutôt discrètement au Cambodge, le film de Nathan Nicholovitch (Cosa Nostra) décrit l’éveil de la paternité chez un travesti quadragénaire alors qu'il se prend d'affection pour une fillette cambodgienne prostituée. Présenté dans le cadre de la sélection ACID (Association du cinéma indépendant pour la diffusion), le long métrage est présenté comme un voyage initiatique dans un Cambodge qui finalement ne sert que de décor glauque et demi-teint pour une histoire originale mais pas sans sérieuses interrogations quant à son traitement...
En effet, le dossier de presse du film évoque en des termes très flatteurs la performance du comédien David D’Ingéo et l'écriture du film qui...finalement...n'existe que peu ou pas. Sous prétexte d'aller au plus proche du destin de son anti-héros, le réalisateur néglige volontairement les contraintes scénaristiques et se laisse aller à un traitement brut afin de favoriser ''l'émergence'' plutôt que le surlignement (dans le texte)....Sans avoir vu le film, et sans être certain qu'il sera autorisé à la diffusion au Cambodge, il est tout de même possible de suggérer quelques impressions à la lecture des dossiers de presse. On regrette d'abord que le Cambodge soit décrit comme un foyer de tous les maux, horreur, fantômes du passé, prostitution, trafic humain...Ensuite, qu'elle est la probabilité d'un travesti quadragénaire, prostitué, d’évoluer dans Phnom Penh? En a t-on déjà vu ? Enfin, quelle était l'utilité de proposer une scène de fellation, un peu trop réaliste, en ouverture du film sinon pour le sensationnalisme ? Autant de questions qui trouveront leurs réponses s'il est possible de voir le film mais les amoureux du Cambodge ou les Cambodgiens eux-même auront peut-être un peu de difficulté à adhérer à ce type d'oeuvre, aussi tolérants soient-ils...C.G


Revues:
critikat.com -
L’ouverture de De l’ombre il y a ne nous laisse pas sans crainte ; dans un gourbi de Phnom Penh, on découvre Mirinda, un travesti, qui administre une fellation à un quidam, une scène qui – à moins d’effets spéciaux ! – n’est pas simulée. Ce que l’on craint c’est le coup de poing permanent, une visite guidée sensationnaliste des bas-fonds de la capitale du Cambodge.
Heureusement De l’ombre il y a s’affranchit rapidement de ce possible écueil, disons touristique, pour un ample récit troué par de brutales ellipses invitant au cheminement ; une narration errante, à la fois douce et tendue, dans laquelle infusent la temporalité de l’existence et les résurgences de l’histoire tragique du génocide perpétré par les Khmers rouges. La mise en scène suit une voie qui fait écho à ces questions de récit ; alors que la tentation pouvait être grande de répondre au bouillonnement de cette réalité par un geste à l’avenant, Nathan Nicholovitch pose des cadres, des plans et des séquences, refuse une hystérisation formelle (même s’il ne renonce pas à « recevoir du réel ») pour s’inscrire dans des durées favorisant l’émergence plutôt que le surlignement...Lire la suite
David D’ingeo. Photo acid.org
lacid.org - 
Incroyable, la réalité crue que ce film révèle. Magnifique, sa façon de la filmer au plus près, toujours en mouvement. Incroyable et magnifique l’interprétation de David D’ingeo qui est plus qu’il ne le joue Mirinda, un travesti de 45 ans qui se prostitue à Phnom Penh. Autour de Mirinda, tout n’est qu’horreur : enfants vendus par leurs parents, trafics et crimes organisés par d’ex Khmers rouges…Le salut viendra d’une fillette qui va s’accrocher à Mirinda comme seuls les enfants savent le faire, avec obstination...Lire la suite
Pays/territoire : Phnom Penh, Cambodia