mardi 26 mai 2015

Coopération régionale pour une gestion efficace des déchets


Le Cambodge, le Laos, la Mongolie, le Vietnam et les Philippines, ainsi que des partenaires de développement ont débuté la mise en œuvre de programmes de meilleures techniques et pratiques environnementales pour gérer efficacement le traitement des déchets et ordures ménagères en Asie de l’Est et du Sud-Est, en vertu de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP). Le lancement officiel de ces programmes a eu lieu il y a quelques jours en présence du ministre cambodgien de l’Environnement, Say Samal, des officiels de la Municipalité de Phnom Penh, et les représentants du Laos, de la Mongolie, du Vietnam et des Philippines et de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).
Le problème de la gestion des déchets ménagers est récurrent, affecte les conditions d'hygiène et la qualité de vie dans de nombreux quartiers des grandes agglomérations du Cambodge. Photo KiamProd Photography.
Edward Clarence-Smith, directeur régional de l’ONUDI basé à Bangkok, a déclaré que la gestion et le contrôle efficaces des POP ne pouvaient pas fonctionner si les démarches n'étaient pas collectives. Say Samal a informé les participants de la réforme dans le secteur environnemental au Cambodge et aussi de la modernisation du ministère de l’environnement pour atteindre trois objectifs stratégiques: protection de l’environnement, préservation de la biodiversité, et développement durable. Le Cambodge a choisi la décharge de Choeung Ek à Phnom Penh et une autre décharge dans la province de Kampot pour mettre en œuvre ces programmes de cinq ans d’une valeur de 7,5 millions de dollars américains.
Par Nch / AKP Phnom Penh, mai 2015 –

NDLR
Le recyclage des produits de grandes consommations fait à présent partie des habitudes et des priorités occidentales, avec des objectifs simples et devenus tellement évidents avec la surconsommation et les déséquilibre d'une mondialisation galopante: : limiter le gaspillage, recyclage des ressources, préservation de l'environnement. Le Cambodge compte quinze millions d’habitants pour qui il semble presque normal de jeter les déchets n’importe où. La pollution domestique génère, en province et dans les périphéries de Phnom Penh des amas de déchets sur les trottoirs et le bord des routes alors que presque deux mille tonnes d’ordures sont collectées quotidiennement. Pour le cœur des grandes villes touristiques comme Siem Reap et Phnom Penh, le fléau est sensiblement moins visible mais persiste tout de même. Pour le traitement à Phnom Penh c’est Cintri une filiale de la firme Canadienne Cintee qui est en charge de la collecte et de l’élimination des déchets depuis 2002. L’entreprise aux camions verts gère aussi les ordures ménagères de Sihanoukville, la station balnéaire au sud du Cambodge. Les employés récoltent les déchets venant des ménages, des industries, des marchés pour les déposer au dépotoir situé à environ quinze kilomètres à l’extérieur de la ville. Cintri tente aussi de mettre en place, en collaboration avec le gouvernement et des ONG, des campagnes de sensibilisation pour éliminer les mauvaise habitudes de jeter les déchets dans les jardins, les rues, les fossés, les rivières et à utiliser  plutôt les endroits désignés à cet effet, le problème étant que les endroits manquent,  qu'il faudrait des poubelles de tri, davantage d’usine pour le compostage et le dépotoir, et qu’il est difficile de changer les mentalités et les habitudes des cambodgiens. Il y a eu toutefois une amélioration de la propreté et du tri sélectif depuis quelques années.
Chiffonniers dans Phnom Penh. Ils sont plusieurs milliers à circuler chaque jour dans les rues des capitales pour acheter les matériaux recyclables, plastiques, métaux...pour les revendre ensuite à des unités de traitement. Photo KiamProd photography
Pour la collecte et le tri des déchets, les chiffonniers jouent un rôle non négligeable et contribuent bien plus qu'on ne le pense à une certaine régulation dans le problème du traitement et recyclage des ordures ménagères. Il s'agit d'une véritable corporation avec quelques dizaines de milliers d’indépendants travaillant dans le royaume. Quelle serait leur intégration dans ce programme régional alors qu'ils sont tout en amont de la collecte des déchets et donc acteurs principaux d'une activité dont l'importance est primordiale ? On ne le sait pas encore, l’idéal étant probablement d'aller vers des villes plus propres sans entraîner la disparition de beaucoup, beaucoup d'emplois indépendants.
Fillette cambodgienne dans la carriole de sa mère qui parcourt les rues de Phnom Penh. Il n'est pas rare de voir les chiffonnières travailler avec leurs enfants.
Pays/territoire : Cambodia