mardi 19 mai 2015

Au plus près des khmers en détresse

Sur le terrain avec Cécile Malterre 
(CGF Foundation)

Cambodge Mag avait interviewé Cécile Malterre il y a quelques temps pour connaitre un peu mieux les activités de cette énergique cambodgienne, présidente et fondatrice de CGF (Construire les Générations Futures) . Nous l'avons, cette fois-ci, suivie sur le terrain, là-bas, dans les banlieues de Phnom Penh ou, parfois, cette pauvreté semble un peu oubliée.

Le sourire de Richita
Nous sommes un dimanche après-midi, Cécile a déjà effectué un aller-retour en province dans la matinée pour aider une autre ONG. Elle se rend chez Chan Richita, une jeune fille de quinze ans qui vit das les cabanes adjacentes d'une usine de câblage. Chan Richita vit avec sa grand-mère dans un cabanon de tôle construit à la va-vite, à l'image de ces mini-villages champignons qui poussent aux abords et aussi à l'intérieur des grands chantiers et zones en construction. Nous sommes à prey Speu, à 11 kms de Phnom Penh, dans un environnement de bâtiments pas encore achevées, de routes poussiéreuses et bruyantes, parcourues sans cesse par des camions trop pleins qui roulent trop vite. Cécile explique rapidement la situation de Chan richita qui l'accueille avec un sourire timide lorsque sa bienfaitrice descend de la voiture: ''...Richita est l'exemple concret de l'aide directe et rapide que CGF tente d'apporter aux gens en situation précaire, de quasi-détresse. Richita a heureusement Cynthia et Marjorie Perrod qui financent ces interventions en aide directe. Je rend visite à la jeune fille régulièrement, mais jamais sans prévenir, je ne veux pas faire du monitoring version classique. Richita était, et reste un cas d'urgence, elle a une longue histoire d'enfant battue, sa grand-mère a parfois été bien trop violente et cela nous a pris beaucoup de temps pour éduquer sa grand-mère....même si cela va beaucoup mieux aujourd'hui... ''.

Nous sommes un dimanche après-midi, Cécile a déjà effectué un aller-retour en province dans la matinée pour aider une autre ONG. Elle se rend chez Chan Richita, une jeune fille de quinze ans qui vit das les cabanes adjacentes d'une usine de câblage. Chan Richita vit avec sa grand-mère dans un cabanon de tôle construit à la va-vite, à l'image de ces mini-villages champignons qui poussent aux abords et aussi à l'intérieur des grands chantiers et zones en construction. Nous sommes à prey Speu, à 11 kms de Phnom Penh, dans un environnement de bâtiments pas encore achevées, de routes poussiéreuses et bruyantes, parcourues sans cesse par des camions trop pleins qui roulent trop vite. Cécile explique rapidement la situation de Chan richita qui l'accueille avec un sourire timide lorsque sa bienfaitrice descend de la voiture: ...''Richita est l'exemple concret de l'aide directe et rapide que CGF tente d'apporter aux gens en situation précaire, de quasi-détresse. Richita a heureusement deux marraines, Cynthia et Marjorie Perrod qui finance ces interventions en aide directe. Je rend visite à la jeune fille régulièrement, mais jamais sans prévenir, je ne veux pas faire du monitoring. Richita a une histoire d'enfant battue, sa grand-mère a parfois été bien trop violente et cela nous a pris beaucoup de temps pour éduquer sa grand-mère....''
Cécile Malterre et Chan Richita. Photo : Christophe Gargiulo

Maintenant que Richita est sortie de la violence familiale, la vraie problématique reste son éducation. C'est une enfant vive, mais elle ne va pas à l’école faute de moyens de transport et car sa grand-mère l'utilise pour les taches ménagères et les courses au marché...'' conclut Cécile Malterre. Après une livraison de cinquante kilos de riz dans le cabanon, Cécile décide d'emmener la jeune fille au marché pour lui acheter un vélo. 

Cécile Malterre, Chan Richita et sa grand-mère. Photo : Christophe Gargiulo

''...Cela est indispensable, ce n'est pas un grand geste, mais le fait de pouvoir se déplacer aisément lui permettra de se rendre à l'école, explique-t-elle, Avec CGF, nous agissons en urgence, sans grosse structure pesante, mais nous avons nos limites et devons trouver des relais quand la situation d'une famille en détresse s'améliore et se stabilise. Richita est une enfant vive, intelligente et volontaire; avec CGF, nous recherchons un cursus éducatif qui lui permettrait de sortir de la pauvreté. Pour l'instant, j'essaye d'améliorer les conditions de vie de la petite famille, de pallier aux besoins d'urgence, mais il faut voir plus loin, et toutes les propositions sont les bienvenues si une association est en mesure de détecter et prendre en charge un cursus scolaire, nous sommes preneurs...'' 

''...Cela est indispensable, ce n'est pas un grand geste, mais le fait de pouvoir se déplacer aisément lui permettra de se rendre à l'école, explique-t-elle, Avec CGF, nous agissons en urgence, sans grosse structure pesante, mais nous avons nos limites et devons trouver des relais quand la situation d'une famille en détresse s'améliore et se stabilise. Richita est une enfant vive, intelligente et volontaire; avec CGF, nous recherchons un cursus éducatif qui lui permettrait de sortir de la pauvreté. Pour l'instant, j'essaye d'améliorer les conditions de vie de la petite famille, de pallier aux besoins d'urgence, mais il faut voir plus loin, et toutes les propositions sont les bienvenues si une association est en mesure de détecter et prendre en charge un cursus scolaire, nous sommes preneurs...''
Cécile Malterre, Chan Richita, sa grand-mère et Thyda. Photo : Christophe Gargiulo

En l'attente, Richita, perchée sur son vélo tout neuf, arbore un grand sourire, soulagée de ne plus avoir à marcher de longs kilomètres pour se rendre au marché. Elle devine aussi que Cécile reviendra la voir, rapidement, sans prévenir. Richita et sa grand-mère ont besoin de vêtements, de formation pour améliorer l'hygiène déplorable qui règne dans leur campement de tôle. Là aussi, petits gestes et propositions sont les bienvenus.

Chan Richita. Photo : Christophe Gargiulo

Leçon de courage
Après Richita, Cécile Malterre se rend à Stung Mancheay. Il est dix-huit heures, la route gronde de la circulation et de cette poussière rouge décidément trop envahissante. Mais Cécile doit rendre visite à Sambath, un jeune garçon qui fut autrefois scolarisé par PSE. Cécile Malterre connait le jeune homme et sa famille depuis quinze ans. Là aussi, la violence a largement perturbé la vie de ces gens bien paisibles. La maman de Sambath se faisait tabasser régulièrement par un mari infidèle, joueur et alcoolique qui disparaissait de longues semaines avec ses maîtresses. La maman de Sambath a décidé, malgré cela, de s'occuper de sa famille, y compris du mari volage revenu au foyer et plus calme depuis quelques années. Elle a pris une stalle au marché et économisé chaque sou pendant de longues années jusqu'à pouvoir constituer un apport et emprunter pour se payer une petite maison de 3500 $. 

Sambath. Photo : Christophe Gargiulo

Cécile Malterre, qui connait bien cette famille a trouvé une marraine pour contribuer au paiement des dernières mensualités, Brigitte Trimbach, une française émue par le sort de cette famille et ravie de pouvoir apporter sa contribution pour l'achat de cette maison de bois. Cécile Malterre explique: ''...je suis infiniment reconnaissante à Brigitte qui a assuré le paiement de la dernière traite et je tiens à la remercier personnellement de tout mon cœur. Cette famille est particulière. D'abord, je la connais depuis de longues années, et, ensuite, cette maman a montré un courage qui force le respect. 

Don de cent dollars US qui permettront de payer la dernière
mensualité de la maison. Photo : Christophe Gargiulo

...Aujourd'hui, la maison leur appartient. Ce n'est pas de l'assistanat, nous avons apporté une aide ponctuelle. L'activité s'était un peu ralentie et la mère avait du mal à combler les dernières échéances auprès de l'organisme de micro-crédit. Aujourd'hui, avec cet apport, c'est un grand soulagement. Cela peut sembler comme un geste symbolique mais c'est un énorme changement dans la vie de cette adorable famille. Aujourd'hui, ils ont une contrainte financière en moins, mais je continuerai à les visiter tout d'abord car des liens affectifs forts se sont créés, mais aussi car je souhaite aider de façon ponctuelle, faire des dons de vêtements...etc, tous ces gestes qui peuvent améliorer leur vie, sans tomber dans une situation d'assistanat...''. Là aussi, petits gestes, dons de vêtements, mobilier usagé...etc sont les bienvenus. Contacter Cécile Malterre / CGF Foundation
Pays/territoire : Cambodia
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