vendredi 5 décembre 2014

L'art et la légende

Au cœur du Ballet Royal

Extraits du script de la série télévisée réalisée par Christophe Gargiulo avec l’assistance de son Altesse le Prince Tesso Sisowathn, avec l’aide de la Francophonie et de l’ONG NKFC, Cambodge Mag vous propose de lire ou redécouvrir le script illustré de la première partie de l'épisode intitulé ‘’Le temps des Découvertes’’.
Apsaras sur les murs des temples. Photo KiamProd
Le Ballet royal est l'héritier d'une tradition qui remonte à plus de mille ans. Étroitement lié à la cour royale, il a subi tous les contrecoups de l'histoire mouvementée du Cambodge et a bien souvent failli disparaître. Il a toujours fini par renaître de ses cendres. A la fois parce que ses souverains, s'ils ont souvent du abandonner leur capitale, ne se sont jamais séparés de leurs danseuses, et parce qu'il s'est toujours trouvé des jeunes filles désireuses de se faire danseuses et de servir leur roi.Le Royaume du Cambodge, un pays qui évoque tant de souvenirs et tant d’émotions. Pour les occidentaux, il évoque parfois la fascination de l’Asie, la nostalgie de l’Indochine ou parfois la grande douleur de ses récentes tragédies. Pour le peuple khmer, le royaume du Cambodge, c’est aussi l’époque des grands rois, des grandes aventures et des danseuses célestes que nous racontent les vestiges des temples de la cité d’Angkor. 
Apsaras sur les murs des temples. Photo KiamProd
La légende raconte qu’au début des temps, les dieux et les démons s’affrontaient pour dominer le monde. Les dieux, demandèrent l'assistance de Vishnou. Vishnou proposa aux rivaux d'unir leurs forces afin d'extraire l'Amrita, le nectar d'immortalité de la mer de lait. Dieux et démons devaient alors jeter des herbes magiques dans la mer, renverser le mont Mandara de façon à poser son sommet sur la carapace de la tortue Akûpâra, un avatar de Vishnou. Ils devaient utiliser le serpent Vâsuki, le roi des Nâga pour remuer la mer de lait. Après mille ans d'effort, le barattage produisit alors un certain nombre d'objets extraordinaires et d'êtres merveilleux tels l’arbre du paradis, l’éléphant blanc, et surtout les apsaras ou nymphes célestes.Cette légende est représentée sur les gravures et les bas reliefs des temples de la cité d’Angkor. Ce serait le roi Jayavarman II, le fondateur de la la monarchie angkorienne, qui aurait pris l’habitude de s’entourer de danseuses délicatement vêtues et exécutant des chorégraphies inspirées des légendes Cette légende est représentée sur les gravures et les bas reliefs des temples de la cité d’Angkor. Ce serait le roi Jayavarman II, le fondateur de la la monarchie angkorienne, qui aurait pris l’habitude de s’entourer de danseuses délicatement vêtues et exécutant des chorégraphies inspirées des légendes anciennes du Reamker, la version cambodgienne du Ramayana, le livre de la création. C’est ainsi que serait né le ballet royal khmer, la plus ancienne forme d’art vivant encore dansée de nos jours.Danse absolument unique et caractérisée par la lenteur et la grâce de ses gestes, le ballet royal est un art difficile qui obéit à un certain nombre de règles strictes et incontournables. 
Apsaras sur les murs des temples. Photo KiamProd
Il y a un vocabulaire de cette danse, chaque geste a sa signification. Mais pour comprendre le ballet royal et ses danseuses mythiques, il faut comprendre les temples de la cité d’Angkor.La cité des temples compte plus d’une centaine de monuments. Alors qu’en Europe les rois bâtissaient des cathédrales, les khmers construisaient au même  moment une des plus étonnantes capitales de l’humanité : l’extraordinaire cité d’Angkor.Le roi Javayarman et ses successeurs bâtiront des citadelles en hommage aux dieux. Se sentant alors touts puissants, ils négligeront d’édifier des fortifications pour protéger la cité. Quelques envahisseurs tenteront d’en profiter et les siècles de grandeur seront parfois assombris par les tentatives d’invasion. Mais à chaque fois, Angkor est reconstruite, toujours plus belle, toujours plus grande. Il faut alors imaginer à l’époque, autour des temples, une véritable fourmilière humaine, un roi tout puissant et sa cour gracieusement distraits par les danseuses célestes, les Apsaras. Les occidentaux auraient visité la cité des temples depuis le 16eme siècle. Les portugais Do Couto et Antonio de Magdalena produisirent les premiers écrits de leurs visites en 1586. Ce n’est que vers 1850 que l’on retrouve des traces de visites d’occidentaux à Angkor Wat. C’est pourtant le naturaliste français Henri Mouhot qui fit découvrir la cité d’Angkor par ses dessins et ses écrits. Fin 1859, Mouhot part à la découverte du Cambodge. Il y rencontre l’abbé Sylvestre, qui évoque des ruines enfouies dans la forêt. Intrigué par les descriptions du missionnaire, le naturaliste part en sa compagnie à leur recherche. Lorsqu’il atteint le site d’Angkor, en janvier 1860, il connaît le choc de sa vie.
Pays/territoire : Cambodge