lundi 15 décembre 2014

Amour, mariage, polygamie et divorce en Indochine

Amour, mariage et polygamie au Laos

L'ancien Commissaire du Gouvernement au Laos, De Reinach, a constitué une monographie sur le Laos en 1901. Les textes et les images présentés ci dessous proviennent de cet ouvrage très complet et  abordent ici les sujets de l'amour et de ses règles particulières en ces temps lointains.

Le mariage au Laos
Le mariage au Laos est préparé de longue main, grâce à la liberté dont jouissent les jeunes gens des deux sexes. Ceux ci se retrouvent à chaque fête peuvent communiquer leurs sentiments réciproques et décider, en toute liberté, le principe de leur union future. Les inclinaisons naturelle sont rarement contrariées par les parents. Aussi, est ce plutôt pour la forme et par un sentiment de respect que le jeune homme, après entente avec sa fiancée, fait faire par un homme âgé sa demande aux parents de sa future. D'autre part, les coutumes laotiennes établissent le chiffre de la dot que les jeunes gens, suivant les conditions sociales, remettre à leurs beaux parents, les jeunes filles à marier n'encouragent que ceux qui sont en état de fournir cette dot.[..] Au jour dit, le fiancé se rend, accompagné de ses amis et de musiciens, chez les parents de sa future épouse, auxquels il remet la somme convenue pour sa dot ainsi que des vêtements, bijoux et cadeaux divers qu'il lui a plus d'ajouter. En signe d'hommage, il remet également à ses beaux parents des bougies de cire et des fleurs, qui souvent sont accompagnés de victuailles diverses, d'alcool de tabac etc..Le contrat de mariage est aussitôt dressé en présence d'un mandarin et de notables du pays.[..] (on liste très précisément la valeurs des biens apportés en dot) . Enfin le festin a lieu. Devant une sorte d'autel dressé au milieu de la maison, sont placés, sur un plateau de cuivre, un cochon de lait, une poule, un coq, deux bols de riz cuit, deux oeufs dur, deux petites jarres contenant de l'alcool, une poignée de fils de coton et des bougies de cire allumées.[..]Les bracelets sont considérés comme devant être des "fétiches de bonheur". [..] Cependant, il est des cas ou le nouveau marié ayant une maison installée, emmène sa femme chez lui, après la cérémonie du mariage. Les nouveaux époux sont accompagnés alors de leurs amis. Les jeunes gens prennent des instruments bruyants avec lesquels ils fonts grand tapage ; Dès l'arrivée au logis, une fête a lieu ou l'alcool n'est pas ménagé et pendant laquelle la jeune femme court s'enfermer chez elle pour échapper aux propos très grivois tenus par les assistants, quelques peu ivres à la suite des nombreuses libations.

Jeunes Laotiennes
Polygamie
"Quoique la polygamie ne soit pas de règle au Laos, elle y est admise par les usages et les seules limites qui existent quant au nombre de femme que peut posséder un même homme sont l'étendue de ses ressources et de don goût personnel pour devenir le mari d'un plus ou moins grand nombre d'épouses. Les unions infécondes étant considérées comme une punition du ciel, et les tares physiologiques échappant à la compréhension des laotiens, le mari qui n'a pas d'enfant a le choix entre deux moyens :
- répudier l'épouse inféconde. Il doit alors lui abandonner les caquets et restituer la moitié de la propriété commune,
- garder cette épouse et en prendre une seconde.
Cette deuxième solution est la pratique habituelle. Dans ce cas, la premère femme a autorité sur l'autre femme qui devient presque son esclave. [..] Dans le classe des nobles, et dans les familles dites princières, la polygamie est de règle et presque obligatoire pour le prestige, qui exige, suivant le rang, un nombre de concubines plus ou moins considérables.

Jeune femme d'Indochine
L'Amour
Baiser - rachat des offenses amoureuses 
Les laotiens, comme la plupart des peuples de l'Extrême- Orient, ne pratiquant pas le baiser, du moins à la façon européenne. Ils se frottent leur nez contre l'épiderme de leurs enfants ou de leurs femmes en reniflant d'une façon plus ou moins bruyante. Bien que les mœurs nous semblent excessivement libres et que leurs propos, leurs chants ou leurs gestes frisent souvent ce que nous appelons l'obscénité, il ne faudrait pas en conclure que les laotiens sont impudiques ou cyniques, de parti pris. Ils ont instinctivement soin d'être toujours décemment couverts surtout en public. Il ne résulte rien de choquant, pour la pudeur, si les vêtements sont par hasard en désordre, ou même s'ils les enlèvent complément, comme au bain. On peut dire que les laotiens des deux sexes éprouvent la plus grande répugnance à se dévêtir quand ils se sent observés. S'il est vrai que, dans les fêtes, on promène des "phallus" en faisant des gestes suggestifs, et que l'on tient à cette occasion des propos très licencieux, il faut se rappeler que tous ces actes sont un reste du paganisme ou l'on glorifiait l'organe male [..] Le sentiment de la pudeur est si bien une réalité au Laos, malgré les apparences contraires, que les lois édictent des peines relativement considérables pour punir les attouchements publics entre les individus des deux sexes. Ces pénalités varient suivant les actes commis qui sont classés en trois catégories : 
- Prise de la taille, baisers, 
- Prise des seins, attouchements, 
- Viol complet
La prison, les châtiments corporels et les amendes sont les peines appliqués aux délinquants; elles varient d'importance suivant le rang de la fille ou de l'épouse. La condamnation est prononcé par les tribunaux sur la seule affirmation d'un témoin.Les amendes, versées par les galants trop entreprenants et pas assez discrets, sont destinées à faire soit aux "phis" protecteurs des victimes, soit aux esprits ou aux génies de leur pays, ou de leur maison des offrandes accompagnés de sacrifices.

Le divorce
Les inclinations naturelles étant rarement contrariées au laos, et le divorce étant, d'ailleurs, des plus faciles par simple consentement mutuel, les cas d'adultères sont excessivement rares. Par contre les divorces sont nombreux.Si un mari reste plus de 3 ans absent sans donner de ses nouvelles, le divorce est acquis de droit en faveur de la femme. Lorsque les époux ont assez de l'existence commune, ils se quittent en se partageant les acquêts de la communauté, en dehors de leurs apports que chacun reprend. La femme qui veut divorcer dépose sur le lit commun un bouquet et deux bougies de cire. Le plus souvent, le mari laisse sa femme libre de le quitter et ne s'adresse à la justice que pour obtenir la restitution de la partie des biens communs que sa femme aurait indûment emportée. La femme adultère est à la discrétion de son mari qui peut demander l'application de la "peine royale", c'est à dire soit la mort, soit l'emprisonnement perpétuel. Il peut aussi se contenter d'une amende. C'est d'ailleurs toujours l'amende que réclame le mari outragé. L'amende frappe les deux coupables, la femme adultère et son amant. Cette amende vari, suivant les régions entre 170 et 300 francs." Au bout de la 3eme fois, c'est le mari qui est puni, car il est jugé coupable de ne pas avoir surveiller sa femme !
Pays/territoire : Laos