jeudi 4 septembre 2014

White Building, entre artistes et promoteurs

La fin du White Building ?

Symbole des extrêmes du pays alors que le bâtiment décati jure au milieu des toutes nouvelles constructions d’hôtels, complexes commerciaux  et  ‘’centres de loisirs’’, le gouverneur de Phnom Penh annonce que le célèbre bâtiment du Boulevard Sothearos  est voué à une démolition prochaine. Toutefois, les voix des artistes s’élèvent.

D’après Monsieur Socheatvong, il serait temps de démolir le bâtiment qui abrite environ 600 familles pour des raisons de sécurité. Le porte-parole de la municipalité De Phnom Penh a longuement insisté sur la quasi-urgence d’évacuer les habitants mentionnant également qu’il faudrait trouver une solution de relogement et qu’il y aurait des négociations pour les reloger dans le district de Chroy Changva dans le cadre d’un accord avec l’OCIC (Cambodian Investment Corporation). Plusieurs immeubles de cette société immobilière, partenaire de la Canadia Bank et aussi promoteur du projet Kho Pich Island seraient disponibles et Monsieur Socheatvong indique que plusieurs familles actuellement résidentes du White Building auraient accepté cette proposition de relogement. 

Le White Building à Phnom penh. Photo WordPress

Une semaine avant cette annonce, des résidents du bâtiment soulignaient que des représentants de la société 7NG, qui possède les terrains adjacents, effectuaient des démarches individuelles pour récupérer les appartements un par un, d’autres indiquaient qu’ils n’avaient pas l’intention de quitter leur habitation quelque soit la proposition qui leur serait faite, qu’elle émane du secteur public ou du secteur privé. Un sit-in sur le toit du bâtiment est prévu samedi en signe de protestation. Dans le même esprit, une pétition circule sur internet, invitant à signer contre ce projet de démolition. Demeure de nombreux artistes après la chute du régime Khmer Rouge, le White Building, qui sert aussi parfois de lieu d’exposition et accueille aussi des tournages, reste, selon les instigateurs de la pétition, un symbole de la ville et de sa créativité. Dilemme donc et désaccord à propos du bâtiment…pourtant, s’il est vrai que, quelque part, l’exotisme du bâtiment, son passé et le tribut artistique plaident en sa conservation, les problèmes de sécurité et probablement d’hygiène mériteraient aussi une approche. L’idéal serait peut-être de trouver une solution intermédiaire sachant malheureusement que les promoteurs immobiliers sont souvent peu enclins aux solutions communes qui ne servent pas leurs intérêts au mieux. 
Pays/territoire : Phnom Penh, Cambodia
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